En 1939, 21 ans après l’ivresse de la Victoire de 1918, la France pensait encore disposer d’une des plus prestigieuses armées du monde. On avait très largement sous-estimé les méfaits de la montée du nazisme au pouvoir en Allemagne depuis 1933. On n’avait pas compris ou on n’avait pas voulu comprendre qu’Hitler avait mobilisé toute la puissante économie allemande au service de la préparation de la guerre. Réagissant contre l’invasion de la Pologne, l’Angleterre et la France déclarèrent la guerre à l’Allemagne le 2 septembre 1939.
Pendant 9 mois, il ne se passa rien ; les 2 camps s’observaient. Roland Dorgelès dénomma cette période « la drôle de guerre ». Les français avaient confiance et se sentaient protégés par la ligne Maginot.
Soudain le 10 mai 1940 une fulgurante attaque de l’armée allemande envahit les Pays-Bas, contournant cette fameuse ligne Maginot. Dés lors des milliers de réfugiés hollandais, belges, luxembourgeois partent en exode sur les routes de France. Un mois plus tard, en juin 1940 ce sont les français affolés, apeurés, humiliés qui partent en exode dans leur propre pays en direction du Sud. Malgré la déroute, on espère encore que l’armée française arrêtera les allemands sur la Loire et que celle-ci jouera le rôle que la Marne a joué lors de la dernière guerre.
Alors il faut à tout prix franchir la Loire. Mais il faut bien vite déchanter car les allemands atteignent la Loire entre Briare et Gien le 17 juin. Il ne leur faudra que 48 heures pour la franchir. Chacun comprend alors que l’exode n’a plus aucun sens et qu’il faut revenir chez soi.
En se souvenant de ce mois de juin 1940, chacun évoque tour à tour le drame, l’inquiétude, la peur, la cocasserie, la générosité, l’égoïsme et paradoxalement parfois la tranquillité. Mais quelque soit le vécu de chacun l’exode reste gravée au plus profond de leur mémoire chez ceux qu’ils l’ont vécu.

Référence : 110222

Durée : 55mn


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