Résumés des entretiens réalisés à ce jour (1er Décembre 2008)

Michel ANSART (1919-2000)

Entré aux Etablissements Doittau aux Tarterets à Essonnes, il en devint Directeur Général. Sa mère, Charlotte Ansart, grande figure de Corbeil-Essonnes, fut la première Conseillère Municipale. Michel Ansart nous parle des différents milieux de la bourgeoisie locale et des images très différentes de Corbeil et d’Essonnes. Il nous parle abondamment des Etablissements Doittau et de l’abanon du site de Corbeil-Essonnes, essentiellement pour des raisons d’environnement.


Odette ARRIGHI-ROGER née en 1923

Avant guerre, elle fait partie des Jeunesses Communistes ; en 1940, elle s’engage dans la Résistance dès 16 ans et, très vite, occupe de grandes responsabilités dans la région parisienne puis dans l’est de la France. Arrêtée à Nancy, elle est déportée au camp de RAVENSBRUCK. Elle raconte le quotidien dans le camp où elle côtoie l’horreur et explique la difficile réinsertion dans la vie civile au retour de la déportation. Elle est restée permanente du Parti Communiste Français.


Raymonde AUTIER LEJOSNE (1931)

Arrivée à Méréville avant guerre, son père, pilote, étant affecté à la base aérienne de Mondésir. Scolarisée à Méréville, elle reviendra dans son école comme institutrice.
Elle évoque ses souvenirs d’enfance, Madame BORY, mère de Jean-Louis BORY, étant la directrice de l’école ; les premières projections cinéma au village ; le château, le domaine, l’inauguration de la piscine et aussi Jean-Louis BORY mort en 1979. S’intéressant à l’histoire, elle a participé à la rédaction du très intéressant livre sur  » la République confisquée (1848)  » parue aux Editions Créaphis.


Albert BALLET né en 1914

Ses parents tenaient un bistrot-épicerie à Soisy-sur- Ecole. Dès l’age de 10 ans, il aide ses parents au bar en servant les clients pendant les vacances et à la sortie de l’école. C’est après la fermeture du bar à 20h qu’il fait ses devoirs.
De 1944 à 1949, il travaille au CGB (Chemin de Fer de Grande Banlieue), dit le « tacot », qui faisait les liaisons ferroviaires entre Milly et Corbeil. Il nous raconte de nombreuses anecdotes. En 1951, il travaille chez Decauville jusqu’en 1977 et nous raconte son travail au sein de cette entreprise.


Daniel BARRÉ (1943)

Il a travaillé dans la filière papier de Corbeil-Essonnes, à la papeterie Darblay et à l’imprimerie Crété de 1959 à 2001. Il se forme à sa spécialité à l’Ecole d’apprentissage de Crété. En août 1963, il adhère à la CGT, syndicat majoritaire de l’entreprise. Il s’occupe des problèmes de sécurité et de bruit. En 1968 chez Crété il participe à la revendication de la 5ème semaine de congés et de l’augmentation des salaires.
A partir de 1969 il va être associé, comme syndicaliste, à la gestion de l’entreprise Crété-Corbeil qui déposera son bilan en 1972. Apparition de la nouvelle entreprise Hélio-Corbeil, nouvel outil de production largement plus performant grâce à l’informatique. Un constat sur une de vie de syndicaliste : un bon syndicaliste participe à faire monter les problèmes.


Du BARREAU de Corbeil au BARREAU d’Evry

Quatre avocats nous livrent leurs témoignages. Sous la direction de Maître MONCANY-PERVES alors bâtonnier, la doyenne Maître Marie Rose RENAULT-BELLESORT raconte qu’avant 1950 le barreau de Corbeil comptait 5 avocats. Elle décrit l’ambiance particulièrement savoureuse des relations entre avocats, magistrats et les détenus de la prison voisine du tribunal. Deux jeunes avocats, Karine GENEST et Marc CHERIN donnent leurs témoignages sur le Barreau d’Evry qui compte plus de 250 avocats.


Michel BAUGE né en 1941

Responsable pour l’Essonne de la mémoire des déportés en camps de concentration. Lui-même, trop jeune, n’a pas été déporté mais la déportation a touché de très près sa famille. Il a le souci d’organiser des expositions et des rencontres, notamment dans les écoles, pour que la mémoire de cette triste époque demeure.


Pierre BÉARN né en 1902

Né à Bucarest, son père est chef cuisinier à la cour du Roi de Roumanie. Revenu en France, il passe son enfance d’avant 1914 à Paris. L’électricité n’existe pas alors, les chevaux sont partout, on voit de rares « vélocipèdes » et quelques rares voitures. Paris est encore une ville fortifiée, et pour y rentrer ou en sortir, il faut passer par les portes où se trouve l’octroi. Son père tient un restaurant près de la porte de Clignancourt, fréquenté notamment par la « bande à Bonnot », dont il garde des souvenirs très précis. Cette fréquentation lui a même valu d’écrire un poème à 9 ans. Poète, romancier, fabuliste, il fut libraire « exclusivement de littérature » pendant 50 ans au coeur du Quartier Latin. Cela lui a valu de rencontrer les plus grands écrivains ; Gide, Mauriac, St Exupéry, Malraux, Aragon, Cocteau, etc… et surtout Paul Fort et Mac Orlan qui ont été ses amis. Résistant pendant la guerre, il nous parle de cette période et de la Libération de Paris. Enfin en Mai 1968, les étudiants lui empruntent un de leurs slogans les plus célèbres « Métro, boulot, dodo », tiré d’un de ses poèmes de 1951.


Daniel BELGRAND (1937)

Son grand-père paternel monte la Fonderie Belgrand vers 1920. Ses deux fils (dont le père de Daniel) prennent la suite jusqu’en 1936. l’entreprise comptera une vingtaine de personnes jusqu’à la guerre. Formation professionnelle à l’Ecole Diderot de Paris (1952-1956). A partir de 1966, il prend la suite de son père. A la retraite de son beau-père, il reprend la suite de la quincaillerie Riffault , rue Notre Dame, à Corbeil. Il y avait quatre fonderies à Corbeil-Essonnes : Darblay, Belgrand, FACE, Kimmel.


Françoise BELGRAND, née Riffault en 1938

Elle habitait rue Jeanne d’Arc et venait rarement à la quincaillerie mais sa famille est venue y loger en 1953. Les commerçants de la rue Notre-Dame y avaient créé une ambiance pittoresque et conviviale. L’ambiance a changé dans les années 80 avec l’implantation des grandes surfaces. Elle a fait beaucoup de camping quand elle était jeune fille à Milly la forêt et en forêt de Fontainebleau.


Marcel BELGRAND né en 1923

Mr Belgrand arrive à Corbeil en 1958 et rentre à la société F.A.C.E. de Corbeil-Essonnes, dont il deviendra chef d’atelier. Au vu d’une photo aérienne de l’usine, il nous détaille la fonction de chaque bâtiment.
La société F.A.C.E. ( Fonderies et Ateliers de Corbeil-Essonnes) était spécialisée dans la fabrication de grosses machines destinées aux travaux publics, mais elle a aussi comme clients la Régie Renault, Cassé, Schlumberger, des fabricants de pneus et entreprises d’extraction de minerais. Il nous parle de l’ambiance, du bruit, des accidents et aussi de la fermeture de l’usine.


Serge BENOIT

M. Serge BENOIT , professeur à l’Université d’Evry, est membre de la
Société d’Encouragement pour L’Industrie Nationale, fondée en 1805 par Chaptal avec l’appui de Bonaparte. Il a étudié l’histoire de l’entreprise Decauville, typique par son passage de l’agriculture à l’industrie, de la créativité du 19ème siècle. Propriétaire d’immenses terres agricoles autour d’Evry et de Corbeil-Essonnes, la famille Decauville est passée de la distillerie des betteraves à la construction mécanique, et aux constructions ferroviaires. Elle a contribué largement au développement du pôle industriel de Corbeil-Essonnes.


Paul BENOIT et Karine BERTHIER

Spécialistes de l’histoire des techniques anciennes artisanales et industrielles, ils étudient notamment la rivière Essonne qui est à l’origine historique du centre industriel de Corbeil-Essonnes.


Roger BERTHAUD né en 1944

Né dans le Cher, il garde de bons souvenirs d’enfance dans la petite ferme de ses parents. Il n’obtient pas son certificat d’études, rentre comme apprenti-boulanger. Après son service militaire, il travaille chez Michelin, puis à la SNCF à Combs la Ville puis à Corbeil. Licencié, il travaille aux Grands Moulins à Corbeil, à la fonderie FACE à Essonnes ,etc…
Pendant 12 ans, il a vécu dans la rue, passait ses nuits à voyager dans les trains avec ses compagnons  » clochards comme lui « , entre Corbeil, Paris et Versailles. Il se nourrissait au Secours Catholique et prenait une douche une fois par semaine à la Croix Rouge de Corbeil. Depuis 2001, il demeure à la Sonacotra de Corbeil-Essonnes, mais ne garde pas un mauvais souvenir de ses 12 ans dans la rue. Cependant, il a été très soulagé quand une assistante sociale l’a fait rentrer à la Sonacotra.


Raoul BESNARD né en 1908

Son père ayant été tué lors de la guerre de 1914-1918, sa mère doit élever seule ses 3 enfants. Raoul est l’aîné et aide beaucoup sa mère, notamment le dimanche quand elle va laver son linge dans la Seine. Lui-même commence à travailler à 12 ans, « formé sur le tas » chez Decauville où travaille sa mère.
Responsable syndical à la CGTU puis à la CGT, il est très actif pendant les grèves de 1936.
Après la guerre, quand le pont a sauté, il est un des principaux créateurs et animateurs de  » La Commune Libre de la Rive Droite. « Retraité à St Pierre du Perray, il apprend aux enfants à réparer leur bicyclette, d’où son surnom de « Papy vélo ».


Bernard BINVEL né en 1936

Président de la Société Historique de Méréville, il est né à Méréville. Il raconte son enfance, son grand-père, les allemands pendant la guerre à Méréville, puis les américains au château. Il se rappelle des moissons, des sacs de 100 kgs qu’il fallait monter au grenier par l’échelle, de la messe, des vêpres, de l’école. C’est l’instituteur qui, en lui prêtant des livres, lui a donné le goût de l’histoire. Ouvrier dans une entreprise de chauffage, il raconte son travail dans les fermes, l’odeur des animaux, le langage beauceron et plusieurs anecdotes concernant le château et le domaine. Il a été un très ardent militant pour que ce domaine soit sauvé et se félicite de son rachat par le Conseil Général de l’Essonne.


Marguerite BISSONNIER ( 1898- 2000)

Elle raconte la construction de la maison par son père, uniquement avec des matériaux de récupération. Une enfance pauvre, élevée par sa mère, elle évoque ses souvenirs d’école, les différentes classes sociales chez les élèves.Les conditions de travail sont très difficiles. Mme Bissonnier a travaillé dans plusieurs usines aujourd’hui disparues: chapellerie Cassé, Testut, Doittau, Exona, et se souvient des guerres de 14-18 et 39-44. Elle n’a jamais pris de vacances.


Pierre BLAIS né en 1926

Son grand père et son père sont compagnons du Tour de France comme charpentiers. Préparateur en pharmacie, il continue ses études tout en travaillant et passe son bac. Il rentre à l’imprimerie Crété en 1950 et poursuit sa formation à l’école Estienne. En 1962, il devient professeur d’enseignement général à l’école professionnelle de Crété. Il y restera jusqu’en 1975 à la fermeture de l’école. Il nous parle de ses souvenirs de guerre avec le Père Letourneur, notamment de l’avion américain tombé à Corbeil et du bombardement d’Aoùt 1944, dont il contribua avec un groupe de jeunes au dégagement des membres de l’équipage.


André BLIN (1945)

Sa famille s’installe à Saint-Pierre-du-Perray en 1951. Le village compte 500 à 600 personnes groupées autour de 4 ou 5 fermes. Les urbanisations nouvelles commenceront en 1970 et se développeront avec la ville nouvelle de Melun-Sénart. Souvenirs locaux : le château de Saint Pierre servait à entreposer les pommes de terre . Il se souvient du  » tacot  » petit chemin de fer de Corbeil.
Travail chez Doittau aux Tarterets, apprentissage sur le tas et cours à Paris trois fois par semaine et le samedi de 8 h à 21 h. Les cours se poursuivent pendant quatre ans et en 1966 il suit une formation au CNAM. Il passe contremaître en 1970. Carrière professionnelle suivie par M. Michel Ansart. En 1986 André Blin est responsable des poudres Quelyd, avec 30 personnes dans son service. Très intégré à l’entreprise Doittau, il est élu au Comité d’entreprise de 1970 à 1995. La cessation d’activité progressive de Doittau commence à partir de 1993 au moment de la prise de contrôle par AVB ; la chaîne de production moderne est partie en Hollande. En janvier 1995, il ferme définitivement la grille de l’usine.


Nicole BLIN (1945)

Arrive en 1946 à Saint-Pierre-du-Perray, alors dans un environnement largement rural. Elle est scolarisée à Saint-Pierre-du-Perray et Saint-Germain-lès-Corbeil. A la suite des nombreuses urbanisations dans la région, elle éprouve la nostalgie des champs. En 1964, elle rentre à l’entreprise Clarville, où elle travaille sur la chaîne des transistors et la chaîne des téléviseurs jusqu’en 1966. Les conditions de travail chez Clarville sont assez dures, les ateliers n’étaient ni acoustiquement équipés, ni climatisés.


Gilbert BOISDÉ né en 1931

Il arrive à Bures-sur-Yvette en 1957 et rentre au C.E.A. Il raconte les débuts de la recherche atomique et l’ambiance de cette époque. Il évoque le village de Bures-sur-Yvette en 1957 et de l’urbanisation naissante, la transformation du paysage par l’arrivée des établissements scientifiques et universitaires. Enfin il raconte la création de la ville des Ulis et les différentes options qui se présentaient alors.


Lucien BONNAFÉ né en 1912

Psychiatre . Description de la vie asilaire avant la guerre. Il fallait couper les malades de leurs attaches. Beaucoup de préjugés à vaincre pour transformer les mentalités, rétablir le lien, la parole du patient. En 1970, il mène une première expérience aux Mozards à Corbeil-Essonnes. »Pour la 1ère fois, je vois dans un établissement psychiatrique la flèche indiquant la sortie ».
Pendant la guerre il participe à la Résistance dans le Lot. Il rencontre les Surréalistes et de nombreux créateurs : Breton, Man Ray, Crevel, Tanguy, Picasso, Agnès Capri, Giacometti, Brauner, Max Ernst, Marcenac, Aragon et surtout Eluard qui fut son ami. Il suscite la création artistique chez le malade. Il est politiquement à gauche « qui, comme la psychanalyse n’échappe pas au sectarisme et à l’intolérance… ».


Marcel BONNAVENTURE (1927)
Stéphane LITWIN (1935)

M. Bonnaventure, né à Corbeil-Essonnes a fait carrière chez Doittau de 1955 à 1983. Formé à l’Ecole polytechnique de vente, il devient chef de produit puis responsable des exportations et directeur des achats.
Les parents de M. Littwin sont arrivés de Pologne en 1920. Il est né à Corbeil, et après sa scolarité à Bourgoin, a étudié la chimie à Paris. Ils racontent la vie chez Doittau, petite entreprise chimique performante, dont le patron Paul Doittau les a marqués.


Léon BORTEYROU né en 1910

Il fut directeur de l’école St Spire à Corbeil de 1932 à 1975.
D’origine basque, d’une famille traditionnellement très catholique, il poursuivit sa vie scolaire, sportive et culturelle , dans le sillage de l’Eglise.
Se découvrant la vocation d’enseignant, c’est tout naturellement vers l’école catholique qu’il se tourne. A l’époque, les tensions issues de la séparation de l’Eglise et de l’Etat ne sont pas encore apaisées et la situation financière est particulièrement précaire.
Mr Borteyrou raconte son vécu d’avant la guerre, pendant la guerre et après guerre et évoque les changements issus des évènements de Mai 1968.


Lucette BOUARD

La famille Bouard a tenu le garage « Bel Air » de 1927 à 1978 situé sur la RN7, aujourd’hui boulevard Kennedy à Essonnes.
Il fallait être disponible de 8h du matin à 22 heures y compris pendant les repas pour distribuer l’essence.
Madame Lucette Charbonnier née Bouard est l’ainée des 4 filles. Elle se souvient de l’exode, de la guerre, de la libération et de l’ambiance du quartier du Pressoir-Prompt qu’elle n’a jamais quitté. Sortant de l’école PIGIER, elle rentre chez Decauville en 1947 qui emploie alors 1000 personnes. Elle y restera 17 ans avant de renter à la SNECMA.
Sa soeur Monique Bouard, la plus jeune des filles raconte l’ambiance de la trés prospère « Electro-comptable » devenue « IBM » où elle a travaillé toute sa vie.


Fernande BOUCHOLTZER (1918)

La famille de Mme Boucholtzer comptait quatre filles et trois garçons. Ils sont venus de Normandie à Villabé en 1928 pour trouver du travail à l’usine Darblay. Les ouvriers étaient logés à la cité Darblay, où chaque logement avait un jardin. Les enfants allaient à l’école de la papeterie. Les apprentis étaient formés sur place. Mme Boucholtzer a travaillé chez Darblay de 1931 à 1976. Malgré le travail difficile et le peu de congés, elle en garde de bons souvenirs. Elle a connu le travail à la main, la modernisation (35-36), puis la baisse de l’activité.


Jean BOUISSOU né en 1920

Il passe son enfance à Moulin-Galant, son père étant gardien de la papeterie Darblay. Il évoque ses souvenirs d’enfance dans la propriété Darblay,et son parcours de résistant et de militaire pendant la 2ème guerre mondiale. Dès l’appel du Général De Gaulle, en juin 1940, il décide de le rejoindre. Pris par les Allemands, il est condamné à mort et finalement gracié. Cela ne l’empêche pas de rentrer dans la Résistance, d’abord à Moulin Galant, mais surtout en Bourgogne où il sera chef de groupe d’un maquis.Il participera à plusieurs opérations armées. A nouveau repris par les Allemands, il échappe de très peu à l’exécution capitale.


Marcel BOULARD né en 1920

Agriculteur sur Corbeil-Essonnes et Evry, il évoque les histoires et anecdotes de la production de fruits dans la région parisienne. La vigne est remplacée par les vergers au début du siècle.
Enfance à Courcouronnes (la mairie occupe la ferme de son père). Evocation d’une ferme avant la guerre de 194O. Plantation des arbres fruitiers.
Evolution technologique du tracteur, des engrais. Une production accrue au détriment de la qualité.
A Corbeil-Essonnes le silo, les réparateurs d’engins agricoles, le maréchal ferrant, le bourrelier. Les expropriations et la création de la ville nouvelle d’Evry, finalement choisie après d’autres projets.


Musée de BOURAY-sur-JUINE
Mme DEMAZET, Présidente
M. GENISSÉ, responsable du Musée

Le musée ouvre en 1989. Il rassemble plus de 3500 outils de la région de Bouray et des environs et a reçu jusqu’à 1800 visiteurs en 2005. Il retrace la vie des agriculteurs de cette région située en limite du Hurepoix, du Gatinais et de la Beauce.
Mme Demazet est arrivée comme institutrice en 1963. Elle a connu la disparition progressive des fermes et la transformation de la commune en village  » dortoir « . Le Musée permet de transmettre la connaissance de ce patrimoine rural.


Pierre BOURDELEAU (1924)

Il est né dans une famille installée depuis longtemps dans la région de Corbeil, un de ses trisaïeuls, né en 1815, était maître compagnon charpentier à Corbeil, et un de ses bisaïeuls palefrenier au château du Perray. A 90 ans, son père disait  » il faut se cultiver « .
En 1943 réquisitionné pour le STO au Pouliguen (44). En octobre 1944, il se retrouve dans la poche de Saint-Nazaire. En février 1945 il revient à Corbeil. Nombreuses activités dans des mouvements de jeunesse (Chantre diocésain, Jeunesse ouvrière chrétienne, scoutisme). Contacts avec des animateurs pleins d’allant et le clergé local. Chantre titulaire de Saint-Germain-lès-Corbeil,  » Chanter c’est prier deux fois « .
En 1945, il devient fonctionnaire de police (Juvisy, Corbeil, Evry) spécialisé dans le travail de voie publique et de police de proximité. A Corbeil, il y avait 36 gardiens de la paix et 4 gradés. En mars 1972 chargé de la sécurité des chantiers de la ville nouvelle d’Evry.
M. Bourdeleau relate aussi de nombreuses anecdotes de la vie à Corbeil (patois de la ville d’Essonnes).


Bernard BOUTARD né en 1937

Président du « Rapide Aérien » association colombophile. Caractéristiques du pigeon voyageur, qui restent à ce jour inexpliquées.
Environ 2000 à 2500 pigeons dans l’agglomération de Corbeil-Essonnes. Certains , parmi les plus performants, peuvent faire 1000 km dans la journée. Longtemps utilisés par l’armée et le transport des messages, aujourd’hui le colombophile soigne et entraine ses pigeons « comme des athlètes ».


Tayeb BOUTEMEDJET né en 195O

Son père a eu 3 femmes, 5 garçons et 9 filles. Il a participé à la guerre 1914-1918 et à celle de 1939-1945. Son frère aîné, qui travaillait en France, n’arrive pas à le persuader qu’il doit rester en Algérie. Il arrive en France à Marseille puis à Paris en 1972.
Marié avec 6 enfants, il a longtemps travaillé comme chauffeur-livreur à Periodic brochage à Corbeil-Essonnes. Il parle avec beaucoup d’intérêt de la famille, du statut de chacun, du rôle du père, de la mère et du respect qu’on leur doit jusqu’à leur mort.
Il attend la retraite pour retourner en Algérie. Il se sent parfois très seul et dès qu’il le peut, il téléphone en Algérie et pour lui c’est un bonheur quand il y va. Il ne veut pas que ses enfants viennent en France. Il est à la Sonacotra de Corbeil-Essonnes depuis 1984.


René BRETON né en 1913

Artisan, monteur en bois, ce fut un des derniers de la région parisienne. Il s’agit, pour le fusil de chasse, de fabriquer et d’adapter aux parties métalliques la crosse et le devant. Il n’y avait pas d’école, il fallait se former sur le tas.
Plus tard, M. Breton a travaillé le formica et a décoré sa cuisine et certaines pièces de sa maison avec ce matériau. Cela donne un résultat très surprenant et très original.


Jacques BRIMANT, né en 1935

Il est entré en 1950 chez Monoprécis, entreprise familiale de 49 ouvriers, fondée par M. Malacrida, qui fabriquait des machines outils, spécialement pour l’imprimerie Crété. En raison de son âge, il a quitté Monoprécis pour la SNECMA en 1981 et y est resté 11 ans.. Il a dû alors s’adapter à de nouvelles méthodes de travail grâce à l’appui d’un compagnon.


Martine BROGUET née Menut en 1944

Martine Broguet évoque son enfance à la baignade dont elle garde le meilleur souvenir. Elle fut la plus jeune nageuse de France en faisant ses 25 mètres à 2 ans ½. Elle nous raconte que la baignade était quasiment le seul point de rencontre des jeunes pour les deux villes. En 1967, elle inaugure la nouvelle piscine qui porte le nom de son père »Gabriel Menut » et en devient la directrice. Elle évoque cette mutation, et fait le bilan de la natation dans la ville.


Christian BROGUET né en 1943

Scolarisé à l’école Jacques Bourgoin à Corbeil. A la fin de la 3ème, il est reçu à l’école professionnelle de l’Imprimerie Crété où travaille son père. Sa formation dure 4 ans (1957-1961). Il raconte son vécu d’élève apprenti, recevant à la fois une formation générale et technique, mais dans la réalité d’une vie d’entreprise au quotidien.
Comme la plupart des anciens élèves de chez Crété, tout au long de son parcours professionnel il assumera des postes de hautes responsabilités techniques aussi bien dans l’Edition que dans la Presse.


Geneviève BROUCHON née en 1914

Pionnière du scoutisme à Amiens en 1930, puis à Corbeil en 1932. Elle se bat pour que les jeunes filles soient reconnues à l’égal des garçons. Mariée, elle crée avec son mari le Cours St Jean que tout le monde à Corbeil-Essonnes appelle le Cours Brouchon. C’est le seul établissement dans la ville qui alors prépare aux grandes écoles et permet de passer le bac sur place. Elle évoque le château de Chantemerle dans lequel était établi le Cours Brouchon, qui a compté jusqu’à 200 élèves.Il a fermé en 1975, soit 35 ans après sa création en 1940.


Jean CADOT (1908- 2002)

Scolarité à l’école St Paul à Angoulême où François Mitterrand a fait également ses études,il raconte plusieurs anecdotes le concernant. Il évoque ses maîtres . Dès 1973, il reprend une petite association « A votre service » qui deviendra l’A.S.A.D (Association Aide à Domicile) et qui va connaître une très grande expansion au service des personnes qui ont besoin d’aide.


Henry CARRE (1929)

Mr Carre est embauché à IBM pour l’usine de Corbeil-Essonnes en 1952, 3 ans avant l’apparition du 1er ordinateur construit en France à Corbeil-Essonnes en 1955. Il nous raconte l’extraordinaire essor du groupe IBM qui , entre les 2 guerres, vendait des balances de boucherie, des tranchoirs, des moulins à café, des horloges de pointage et des tabulatrices à cartes perforées.
Mr Callewaert, qui fut le premier Directeur d’Essonnes, lui a raconté comment le fondateur d’IBM, Thomas Watson, a préféré le site d’Essonnes pour établir en France une grande usine IBM qui comptera jusqu’à 4500 ouvriers.
Mr Carre explique la politique d’IBM, très originale aussi bien sur le plan commercial, technologique que social.
Aujourd’hui le site est occupé par Altis (50% IBM et 50% Siemens).


Marcel CASSÉ (1901.-1997)

Son grand-père Léon est maire d’Essonnes.
Ancien industriel, fabricant de chapeaux et de machines à faire les chapeaux. Sa famille est à Essonnes depuis 1820. La chapellerie Cassé a connu son plus grand essor avant 1914. Son apprentissage dure pendant 6 ans après les 3 années passées à l’école Centrale. Il donne des précisions techniques sur les différents types de chapeaux, et décrit l’ambiance à la chapellerie. Il évoque la Libération en 1944, à laquelle il a activement participé, et parle du tissu économique, industriel, artisanal , qui était très performant à Corbeil-Essonnes.


Paulette CAVAILLER née en 1924

Son grand père , d’origine lorraine , a fait 14 ans de service militaire! « Il avait tiré le mauvais numéro » et fait 7 ans de plus à la place d’un autre. Arrivé à Essonnes, on le traite de prussien. Les parents de Mme Cavailler sont commerçants (oeufs,beurre , fromage) à Essonnes. Bonne élève, elle rentre à l’école des Chartes en novembre 1944 dans des conditions difficiles dues aux restrictions très sévères. Elle évoque l’ambiance du lycée Henri IV pendant la guerre, la réaction et les loisirs des jeunes, partagés entre Pétain et De Gaulle. Le 2 Mai 1968, elle est nommée Directrice des Archives Départementales de l’Essonne. Tout est à créer et les débuts sont pittoresques et difficiles. Retraitée en 1984, elle continue de s’occuper activement de la Société Historique.
Cornélie CERVO, née en 1921

Elle est née en 1921 à Posina (Italie), village montagnard et boisé mais son père travaillait déjà en France depuis l’âge de 16 ans chez Piketty à Grigny. Au bout de 20 ans, sa mère est repartie en Italie mais son père est resté en France. Après l’école qu’elle a quittée à 12 ans, elle a travaillé chez un charbonnier à Vanves, un boulanger à Morsang s/Orge et un maraîcher à Ste Geneviève des bois. Elle retourne maintenant chaque année en Italie.
Lyvia CERVO (1927)

Elle évoque le souvenir des familles italiennes venues travailler à Grigny (surnommée la petite Italie), dans l’entreprise Picketty qui exploitait dans la région des carrières de sable et de pierre meulière. Son père est arrivé en France à 18 ans en passant les Alpes à pied. La cantine Cervo accueillait les Italiens célibataires qui y mangeaient et y dormaient. Cette cantine était une grande baraque en bois, à la fois pension, cantine, café, où l’on jouait aux cartes et aux boules. La devise des Italiens était  » pas un sou en poche, toujours bien habillé, toujours chanter « . Le travail de terrassier était très dur, il fallait dégager 1 m à 1,5 m avant d’atteindre la meulière. Seul le dimanche était jour de repos. Le père de Mme Cervo se disait français.


Claude CHAILLOU (1941)

Employé chez Crété de 1956 à 1973, militant communiste depuis 1963. En 1968 il est élu conseiller municipal. Père carrier. Sa mère tenait un café, nombreux souvenirs de contacts avec les gens, grâce au café. Activité communiste à l’intérieur de l’entreprise Crété, notamment à l’atelier d’hélio. M. Chaillou fait état de la crise politique à la sortie de la période stalinienne (intervention à Prague). Il remarque un décalage d’opinion entre le journal l’Humanité et les gens de l’entreprise. Chez Crété 1700 personnes sur 2000 salariés sont inscrits à la C.G.T. En 1968 pas encore d’inquiétude sur l’avenir de l’entreprise. Il quitte Crété fin 1973.


Bernadette CHEVILLION

Collaboratrice du Docteur Bonnafé lorsque ce dernier était à Corbeil-Essonnes, elle nous parle de lui avec beaucoup d’admiration,soulignant son oeuvre pionnière en psychiatrie. Elle est aujourd’hui Présidente de l’Association Arimage qui essaie de « créer un lien original de socialité entre psychiatrie,art et culture ».


Albert CLEMENT (1913-1999)

Il raconte ses souvenirs du bombardement en 1918 du cloître St Spire et de la place du marché.
Il est le créateur de plusieurs foires: Corbeil-Essonnes en 1949, puis Athis-Mons, Villeneuve-St-Georges, Milly, Villeneuve-le-Roi.
Il évoque les loisirs (les bals, les cinémas, les fêtes foraines) , et les bagarres entre jeunes. Il parle aussi du cléricalisme et de l’anticléricalisme.


Roger COMBRISSON (1922-2008)

Ancien député, maire de Corbeil-Essonnes, M. Combrisson lit un texte de 13 minutes qu’il a rédigé sur la déportation. Interné au camp de FLOSSENBURG, près de la frontière tchécoslovaque, il relate comment il a échappé à la mort par miracle dans des conditions inhumaines.


Denise CAEN-COMBRISSON (1921-2007)

D’origine juive, sa famille était installée en France depuis plusieurs générations. Son grand-père arrive à Corbeil à la fin du 19ème S. et devient commerçant. Au moment de la guerre, elle est privée de travail, le commerce de ses parents est fermé sur ordre des autorités. Son père et son frère résistant ont été déportés et sont morts en déportation comme la moitié de sa famille. Madame Combrisson parle de l’antisémitisme qu’elle a vécu dans notre ville pendant la guerre 1940-1945.


Jean-Claude CHAPET

Retraité de la SNECMA-Villaroche, il est passionné de chemins de fer et il fait partie de l’Association du Musée Decauville. Beaucoup d’anciens de Decauville (mécaniciens, chaudronniers, tourneurs, fraiseurs) ont été embauchés à la SNECMA-Villaroche. M. Chapet a travaillé à la restauration d’une dizaine de wagonnets Decauville. Il a collaboré avec des jeunes d’un collège professionnel d’Evry à la rénovation d’un wagon Decauville.


Daniel CHENAL né en 1941

Il est né à Corbeil. Son père a travaillé chez Crété et Decauville. Il est entré à 14 ans à l’école d’apprentissage de l’entreprise Testut où il a obtenu un CAP d’ajusteur. Il est resté 46 ans dans cette entreprise qui fabriquait alors des balances mécaniques (800/mois en 1950), puis ensuite du matériel de pesage électromécanique devenu électronique à partir des années 1970. Mais cette évolution technologique s’est avérée défavorable à l’entreprise qui employait alors entre 400 et 500 personnes à Corbeil (1 000 environ en y incluant le siège social et les agences). L’usine de Corbeil a fermé en 1972 et la production a été transférée à Béthune. L’entreprise qu’il a quittée en 2001 comme directeur technique a été absorbée en 2002 par un groupe international.


Paulette née en 1921 et Claude CHOFFAT né en 1925

Claude est né à Corbeil où son père travaillait à l’imprimerie Crété. Il a effectué sa scolarité à l’école J. Bourgoin. Il commence à travailler comme manœuvre dans l’atelier de photo chez Crété puis à 17 ans il entre dans la briqueterie Gilardoni qui employait une majorité d’ouvriers d’origine italienne et où le travail était très dur. Retour chez Crété jusqu’en 1992 d’abord comme secrétaire aux machines puis comme secrétaire d’atelier à l’usine d’Evry. La musique l’a beaucoup occupé : il jouait de la trompette, du banjo et du hautbois dans des orchestres qui se produisaient dans les bals et les défilés.
Paulette a suivi sa scolarité à l’école professionnelle de Crété. Elle a travaillé aux Grands Moulins puis jusqu’en 1978 à l’imprimerie Crété.


Thierry CITRON, né en 1953

Il est né à Maisse où ses parents exploitaient une ferme d’une centaine d’hectares avec une moissonneuse batteuse, 6 chevaux, 8 vaches et des volailles. Il ressent le mépris des gens de la ville à l’égard de ceux de la campagne. Très tôt, il remarque les différences de langage et de prononciation entre la Beauce et le Gâtinais. Contrairement aux traditions du monde rural, sa famille est  » de gauche  » et anticléricale. Il crée le Salon rural de peinture en 1973 à Maisse et fait de la peinture sa profession. La campagne et la musique sont ses sources d’inspiration.


J.M. CONTY (1904 -1999)

Polytechnicien et sportif de haut niveau, il a fréquenté les plus grands du monde théâtral. Conférencier chargé de cours dans plusieurs écoles supérieures, il a fait partie des pionniers de l’Aéropostale. Il a bien connu Mermoz, Guillaumet, Didier Daurat et surtout St Exupéry qui lui faisait lire les brouillons du « Petit Prince », quand ils voyageaient ensemble.


Marcel CORD’HOMME né en 1910

Agriculteur, sur ses terres s’élève aujourd’hui la ville nouvelle des Ulis. A la place du centre Boris Vian, il installait ses meules de paille.
Souvenirs d’enfance à Bures-sur-Yvette.
Conseiller municipal puis maire de Bures au moment de l’expropriation de ses terres.
Vers 1940 on compte environ 15 cultivateurs sur Bures (surtout la fraise).
Début d’un nouvel urbanisme à partir de 1923.Il évoque les différents projets avant la création de la Ville Nouvelle et réfléchit aujourd’hui sur le choix fait.


Madame COSSON née en 1914

Orpheline de père et de mère,elle est recueillie par l’orphelinat de la rue Champlouis à Corbeil-Essonnes, tenu par les Soeurs. Les conditions de vie sont difficiles et les moyens financiers très insuffisants. Chaque gamine a sa « bienfaitrice » qu’elle ne rencontre pas mais qui la prend partiellement en charge au plan financier. Ayant perdu son aiguille à coudre, affolée, elle se sauve de l’orphelinat


Charles CREMER, né en 1929

Il est né en 1929 à Thionville (Moselle).et sa famille arrive à Corbeil en 1929.Après des études à l’école J. Bourgoin et à l’école de la SNCF, il obtient un CAP d’électricien et d’ajusteur et entre en 1951 chez IBM qui employait à l’époque 4 500 personnes. Elu meilleur ouvrier de France, il devient ingénieur. Le travail, intense, d’inspiration nord-américaine, était très encadré de façon assez paternaliste mais bien payé, et les activités sportives étaient favorisées. Le personnel de l’usine de Vincennes a été rapatrié à Essonne en 1960. Peu à peu le matériel est passé de l’électromécanique à l’électronique. De nouvelles usines ont été créées à Montpellier, Orléans et Bordeaux.


Jacques CROIXMARIE né en 1920

Ingénieur des travaux publics de l’État, il arrive à Corbeil en 1947 avec la mission de reconstruire les ponts détruits et notamment celui de Corbeil. Il nous livre son témoignage sur ce chantier qui débute en 1952. Les matériaux sont encore rares,les moyens dont il dispose sont parfois très modestes. Les techniques employées ne sont pas celles d’aujourd’hui. Le pont est finalement inauguré en toute hâte en janvier 1954, car la passerelle provisoire en bois présente quelques risques. Nous disposons d’un film sur la construction de ce pont.


Robert DAGUET, né en 1924

Il est né à Nanteau s/Essonne. Très jeune, il est intéressé par le matériel militaire américain mais aussi agricole car ses parents, agriculteurs, exploitent une cinquantaine d’hectares à Coudray. Il a 9 frères et sœurs. En 1953, il perd son bras droit, à la suite d’une morsure de cheval. Avec sa femme, rencontrée par annonce dans France-dimanche, il reprend la ferme familiale et ont 4 enfants devenus ingénieurs. Ses loisirs sont les bals le dimanche après midi.


Stanislas DARBLAY (1911 – 2000)

On connait la famille Darblay depuis le 17ème siècle dans la région d’Étampes. Tour à tour savetiers, maquignons, aubergistes, maîtres de poste, puis industriels en 1830 , en prenant la gérance des Grands Moulins de Corbeil , qui vont devenir les premiers moulins de France et en 1867 en reprenant à Essonnes une papeterie en faillite qui, 10 ans plus tard, sera la plus importante d’Europe, occupant une surface d’environ 50 ha en comptant Echarcon, les Tarterets et Chantemerle.


Madame DARNIL née en 1912.

En 1934, madame Darnil reprend avec son mari un salon de coiffure dans la rue du Pont à Corbeil . Elle nous parle de la clientèle variée, de l’ambiance du salon (hommes et femmes) et de la Rive Droite considérée comme « le parent pauvre de Corbeil ».
Quand on habitait la Rive Droite, on savait que « aller à Corbeil » signifiait passer le pont.
Les femmes avaient presque toutes les cheveux longs et portaient presque toutes le chapeau: il fallait adapter la coiffure. Les femmes ne coiffaient pas ou peu. La femme du coiffeur accueillait la clientèle et recevait les représentants en parfumerie. Aujourd’hui, elle nous parle de l’évolution de ce métier.


SERGE DASSAULT né en 1925

Maire de Corbeil-Essonnes. Sa famille, d’origine juive, est persécutée pendant toute la guerre. Connaissant la renommée de son père, industriel de l’aviation, les allemands dès leur arrivée en France lui proposent de travailler pour eux. Devant son refus, il est emprisonné dès octobre 1940 et sera inquiété pendant toute la guerre. En avril 1944, persistant dans son refus de travailler pour l’Allemagne, Marcel DASSAULT est arrêté avec toute sa famille au fort de Montluc à Lyon. Sa femme et ses deux fils sont transférés au camp de Drancy. A son tour, il arrivera à Drancy et partira en déportation à Buchenwall par le dernier convoi qui partira de Drancy. Serge Dassault, sa mère et son frère seront délivrés quelques jours après lorsque Paris sera libéré. Son père ne reviendra de Buchenwall qu’en Avril 1945. C’est tout ce récit qu’il raconte.


Michel DENIEUL né en 1926

Reçu en 1945 à l’école des Chartes, il arrive à Paris et connait les conditions très difficiles de l’époque.
Nommé en Martinique, il crée à Fort de France le service des Archives Départementales. Il décide de faire l’ENA et fera la carrière d’un haut fonctionnaire de l’État.
Directeur de cabinet du Préfet de la Seine, puis de Roger Frey, d’Alain Peyreffitte, de René Haby, Préfet de la région Franche Comté , etc..
A sa retraite, le Préfet et le Conseil Général de l’Essonne lui demandent de faire un bilan sur l’utilisation du domaine de Chamarande, acheté par le Département. Nommé Directeur du Domaine de Chamarande, il fut un des artisans du renouveau de ce site.


Georges DOITTAU, né en 1919

Il a 5 frères et sœurs. Il fait ses études à domicile avec un répétiteur, puis au collège Stanislas. Mobilisé dans l’artillerie à la déclaration de guerre, il participe ensuite aux Chantiers de jeunesse jusqu’en 1942. Puis il travaille comme ouvrier dans l’entreprise familiale. Son grand père, portoricain d’origine espagnole, était venu en France en 1850 comme boursier. Devenu ingénieur, il avait créé une usine de féculerie en 1900 à Conflans Ste Honorine et en 1907 deux autres à Corbeil . En 1925, l’entreprise fabrique des produits plus sophistiqués, comme l’extrine, puis en 1954, des produits pour l’industrie textile. Après la mort de son père en 1956, sa mère devient PDG. Trois sociétés sont créées : Doittau Fonderie, Doittau Sopura et Doittau Métallurgie. Tous les établissements sont dirigés par un membre de la famille. Il estime que le déclin industriel de Corbeil était inévitable : enclavé en milieu urbain et pénalisé par la pollution. Administrateur de banque en 1960, il devient président de la Banque populaire et de la Caisse d’épargne de Corbeil. Après l’échec de la reprise de la société par des Néerlandais, le patrimoine est partagée entre les 6 enfants.


Diedy DRAME né en 1968

Domicilié à la Sonacotra à Corbeil-Essonnes, il est né au Sénégal. Son père est venu en France en 1960, lui-même y est depuis 1983. Sa famille compte plusieurs guérisseurs, marabouts, imams, juges.
Fervent religieux, toute sa famille est pratiquante et au Sénégal il a été à l’école coranique.
Il évoque les différents emplois qu’il a eu en France, mais il a le désir de rentrer au Sénégal pour créer soit une petite entreprise de transport, soit de monter un entrepôt frigorifique.
Pour lui la religion est primordiale et parle d’un islam tolérant et respectueux de toutes les religions.  » Avec l’islam, on diminue la délinquance  » dit-il. Il parle de l’émigration qu’il faut limiter en aidant les pays pauvres, entre autres l’Afrique.


Michel DUBOCQ, né en ?

Après avoir travaillé à l’imprimerie Crété, il s’installe comme cordonnier en 1978. Il aime ce travail d’artisanat dont il parle comme un artiste. Les deux opérations importantes sont le choix d’une semelle adaptée aux différents types de souliers et le  » bichonnage « . Il prépare aussi des chaussures pour les pompiers. Il porte depuis longtemps des sabots, sauf pour les cérémonies et la danse. Ce métier n’ayant plus d’avenir selon lui, il a fermé son commerce le 1er mai 2007 et donné son matériel à un ami garagiste pour polir ses pièces.


Reine DUBOIS née en 1937

Sa grand-mère exploitait le bateau lavoir au pied du pont de Corbeil. Elle y a vécu toute son enfance. Description, fonctionnement et nombreuses anecdotes.
Elle voyage en Amérique en 1954 et y découvre une ambiance et une économie inconnue. Elle parle de son enfance et des quartiers très pauvres de la Rive Droite.
Elle évoque la vie des mariniers sur la Seine. (Sa famille a transporté les pierres pour la construction de la mairie de Corbeil en 1905).
Elle est employée au lycée de Corbeil-Essonnes en 1961 et parle de l’évolution du comportement des élèves.


DUFFOUR-FATISSON

Il est lieutenant de pompiers du Centre de secours et d’incendie de Corbeil-Essonnes (70 pompiers). Une intervention type requiert un fourgon pompe-tonne, une grande échelle et une ambulance avec 11 pompiers pour 3 engins. Une intervention délicate a été notamment l’incendie de la mairie de Corbeil-Essonnes en Octobre 2001, avec le renfort des sapeurs pompiers d’Evry et de Viry-Châtillon. Le métier a changé et consiste essentiellement à assurer la sécurité des personnes (70%), viennent ensuite l’extinction des incendies, les accidents sur la voie publique, la sauvegarde des biens et des animaux domestiques, et, enfin, la cas d’accidents technologiques et chimiques.. A Corbeil, en 2001, les pompiers ont effectué 6 800 interventions, soit 23/jour. Il existe 3 statuts : militaires, professionnels et volontaires. Il est maintenant directeur de l’Ecole départementale des sapeurs pompiers de Fleury-Mérogis.


Hélène DUMONTE, née en 1933

Elle est née à Oran où sa famille paternelle est arrivée de Gênes en 1845. Sa famille maternelle venait de Gibraltar. Son père qui travaillait dans la vinification est décédé en 1935. Les rapports entre Arabes et Européens se dégradent après les évènements de Sétif en 1945. Elle devient institutrice en 1953et est affectée dans un village où les conditions matérielles de travail sont très difficiles et la formation quasiment inexistante. En 1955, son frère et sa sœur rejoignent la métropole qu’elle visite pour la première fois en 1956. La guerre rend la vie de plus en plus difficile et il règne une ambiance permanente de peur. Elle quitte l’Algérie en 1962 et est affectée à Dourdan. Elle se découvre  » étrangère  » trahie par son accent. Elle est retournée en Algérie en 1966 et en 1988, mais ce n’est plus le même pays. Elle aimerait que la période qu’elle a vécue soit appréhendée sans manichéisme.


Gabrielle DUPOND née en 1930

Née à Corbeil, près de la place du Marché, elle évoque ses souvenirs d’enfance : la cave de la pharmacie où son père travaillait était la crypte de l’ancienne église Notre Dame, le ballon de la St Spire, les enterrements (avec chevaux) qui se rendaient de l’église St Spire au cimetière, les marchands ambulants (le charbonnier, le marchand de vin, le vitrier, le rémouleur), Pedro le marchand de glaces, la matelassière , etc… En 1947, elle passe avec 4 autres filles la 1ère partie du Bac (en dehors du cours Brouchon on ne pouvait pas préparer la 2ème partie). Ce n’est que 13 ans plus tard à 30 ans en 1960 qu’elle passera la 2ème partie du Bac en suivant des cours par correspondance.
En 1948, elle devient préceptrice dans une famille de Saintry. Elle a 4 élèves avec 4 niveaux différents, la classe est une chambre et la cour de récréation le jardin de la maison.
Secrétaire, institutrice, chargée de l’économat à Ste Marie, elle sera aussi secrétaire de Marcelle Auclair, fondatrice du journal  » Marie-Claire « . Depuis 15 ans elle fait du soutien scolaire pour les enfants des Tarterets. Depuis 1946, elle habite Etiolles sur un terrain acheté par ses parents en 1936 et où se trouve le Couvent du Saulchoir. A l’époque, son père faisait son vin (150 à 200 litres par an).


Daniel DURAND né en 1942

Il est né à Saintry s/Seine. Son père travaillait à l’usine Decauville où lui-même a travaillé jusqu’en 1963. Embauché à la SNECMA, il s’occupe de la réparation des canaux de réacteurs dans l’usine du Boulevard Kellermann à Paris. L’usine de Corbeil démarre en 1966 avec 200 salariés. La SNECMA se consacre alors essentiellement à la construction des moteurs du Concorde, puis de l’Airbus A 300. Le secteur militaire n’occupe plus aujourd’hui qu’1/4 de la fabrication. Une réussite de la SNECMA est le moteur CFM 56 qui a équipé les avions américains Boeing. Il est l’inventeur d’un système de fixation et de support des moteurs qui est adopté sur les avions. A ce titre, il a été décoré de la Légion d’Honneur. Parallèlement, il exerce des fonctions syndicales à la CGT, est membre du comité d’entreprise et du CHSCT et termine son parcours professionnel comme technicien supérieur. Il est retraité depuis 2002 mais continue à s’intéresser à l’aéronautique.


Brigitte EGGER-BEARN

En 2002, nous avions enregistré le témoignage du poète Pierre Béarn, décédé le 27/10/2004 à l’âge de 102 ans.
Nous avons voulu prolonger cet entretien en interviewant son épouse, elle aussi poète, qui nous parle de son mari, de l’homme et aussi de son œuvre. Elle lit plusieurs de ses poèmes


Michel ESTRADE né en 1920

Son père était allumeur de réverbères. Il travaille dans un syndicat agricole à Deuil la Barre, au nord de Paris et livre aux halles de Paris la production des maraîchers locaux.
Après la guerre , il devient carrier dans le massif de Fontainebleau. Il explique les conditions difficiles du travail de carrier. Il nous montre le maniement des outils et l’utilisation du grès..


Suzanne FAURE née en 1922

Madame Faure a fréquenté l’orphelinat de la rue Champlouis à Corbeil-Essonnes. Orpheline de père et de mère, elle y entre bébé. Cette expérience l’a profondément marquée. Elle n’a aucune famille, donc aucune visite, aucune friandise. Elle a beaucoup souffert de n’avoir jamais pu se confier à quelqu’un.
A 14 ans, elle découvre l’existence d’un cousin à Paris.. Lors d’une visite, elle découvre l’existence « d’une famille normale ».
Les jeunes filles sortaient à 18 ans et devenaient le plus souvent « bonnes à tout faire », les garçons sortaient à 13 ans et étaient fréquemment employés dans les exploitations agricoles des environs comme « garçons de ferme ».


Léon FEUGEAS (1923).

Léon Feugeas parle de son enfance à Corbeil,
de ses vacances en Corrèze où il découvre le monde rural de l’époque. Après la guerre, il fait des études de droit et entre comme clerc chez Maître Cros notaire à Corbeil. Il commence à jouer au football au patronage St Spire, puis est un des meilleurs éléments de l’équipe qui brillera pendant plusieurs années après la guerre. Recruté aux Grands Moulins de Corbeil par son Directeur de l’époque Mr Mercier, qui était en même temps président et sponsor du club de football. Il y fera toute sa carrière et terminera comme Directeur commercial. Il parle abondamment de l’activité meunière.


Madame FLAMME née en 1929.

Famille de bateliers, son père est « chef de drague » et responsable du bac mis en place à la suite de la destruction du pont de Corbeil en Aoùt 1944, jusqu’à l’établissement de la passerelle provisoire en bois. Elle évoque le monde des mariniers, des péniches, des barques, de la pêche et de la chaude ambiance de la Rive Droite à Corbeil. Elle parle également des différents bals de la ville et des loisirs de l’après guerre.


Raymonde FOCKEU née en 1923

Mme Fockeu est entrée chez F.A.C.E. à Corbeil-Essonnes en 1945. Elle y reste jusqu’en 1950, avant d’y revenir de 1962 à 1983. Elle assurait entre autres la paye des ouvriers. Pour un effectif de 100 personnes, le personnel administratif était de 5, soit 5%.
Elle raconte dans quelles conditions elle travaillait, avec une très vieille machine à calculer, sans photocopieuse, et tous les documents reproduits au carbone


Jean-Paul FORCE né en 1946

M. FORCE est le régisseur du château de Méréville et du domaine. Il a été parmi les pionniers qui ont entretenu le domaine et il continue de le faire. Né à Méréville, il connaît le parc depuis toujours. Nous faisons avec lui une promenade filmée dans tout le domaine.


Paul FOULON né en 1928

Ses parents tenaient un commerce de  » marchand de couleurs-vernis-droguerie  » rue de la Poterie à Corbeil. Dans la cuisine, on voyait un contrefort de l’église Saint-Jacques du 13ème . Présent sur la Rive Droite au moment de la Libération qui n’était pas libérée alors que la Rive Gauche l’était. Il évoque les bacs et notamment celui qui rejoignait  » la Nautique  » au port et à la  » baignade  » de Mr Menut . Celui-ci demandait aux jeunes de venir tirer sur le câble (à la main) pour traverser les passagers dont le Général Koenig qui l’a emprunté avec sa voiture.


Jeanine FOULON (née Larible) en 1928

Elle naît sur la place du Marché à Corbeil-Essonnes, où ses parents tiennent un magasin de chaussures avant de tenir une blanchisserie sur le quai de l’Essonne à Corbeil. Elle évoque la pénibilité de ce métier : on travaille de 5h du matin jusqu’à 23h. Ses parents prennent des vacances pour la 1ère fois en 1956 ; ils ont 65 ans.
Elle évoque les rapports entre garçons et filles, les fêtes, le théâtre. Elle fait partie des  » Enfants de Marie  » qui devaient assister le dimanche à la messe de 6h30.
Elle raconte aussi de tristes souvenirs de guerre : voisine tuée près du pont à la Libération, le cadavre d’une femme probablement tuée pour collaboration avec les Allemands. Elle nous montre aussi un morceau de la passerelle sur l’Essonne que les Allemands ont fait sauter et qui a failli la blesser à la blanchisserie où elle travaillait.


Michel FRITZ (1927 – 1999).

Son père , né en 1889, fuit sa Lorraine natale au moment de la déclaration de guerre de 1914. Il est condamné à mort par contumace par les Allemands.
Il arrive à Corbeil, s’installe comme cordonnier et devient à l’église de St Spire à la fois sacristain, bedeau et suisse. Michel Fritz nous explique en quoi consistait ces différentes fonctions. Lui-même est cordonnier et sacristain à St Spire. Il nous raconte les quêtes du dimanche, les différents troncs des saints, des cierges, des cloches (il n’aime pas l’électrification),les risques aussi quand il faut accrocher les tentures à 10m de haut. Il nous raconte encore quelques anecdotes sur les curés et les vicaires qu’il a connus, et dont certains étaient pittoresques, ainsi que le rituel des enterrements, des grandes fêtes « carillonnées », des enfants de choeur, de la kermesse, du théâtre et des associations liées à la paroisse.


Simone FRITZ née en 1928.

Son père était orphelin et travaillait à la Papeterie des Tarterêts, sa mère également orpheline, est recueillie par les soeurs de la rue Champlouis à Corbeil. Elle nous raconte ses souvenirs d’enfance et d’adolescente très liés à la paroisse St Spire. Elle nous parle des « Enfants de Marie »regroupant les jeunes filles (la messe du dimanche est pour elles à 6h30). Elle évoque ses souvenirs de la JOC (Jeunesse Ouvrière Chrétienne), et se rappelle qu’elles allaient accueillir à la gare de Corbeil les prisonniers à leur retour de captivité à la fin de la guerre. Elle évoque le bombardement de Corbeil du 13 Aoùt 1944 et indique l’impact des premières bombes qu’elle a vu tomber près de chez elle.


Jean-Michel FRITZ né en 1950

M. Fritz raconte l’histoire de ses grands-parents qui, lorrains, ont dû s’enfuir précipitamment pour rejoindre Corbeil en 1914. Son grand-père, cordonnier et fabricant de chaussures, était au marché quand on l’a prévenu que les gendarmes allemands l’attendait à son domicile. Laissant tout sur place, il a pris le train avec la recette du marché en poche pour arriver à Corbeil.


Gérard GENTILHOMME, né en 1938

Né à Saint-Cyr-l’Ecole, dans une famille modeste comptant trois enfants, M. Gentilhomme est rentré à 18 ans à la SNECMA à Boulogne. Il a suivi l’Ecole Jules Ferry à Versailles, puis les cours du soir du CNAM qui lui permettront d’obtenir deux diplômes en aéronautique (turbomachines et métallurgie), puis en 1969 un diplôme d’ingénieur. Après son service militaire à la Direction du Contrôle du Matériel de l’Air, il revient à la SNECMA en 1962.
A Villaroche, il franchit les échelons jusqu’à devenir chef de division. A partir de 1982, à Evry-Corbeil, il a vécu le démarrage du projet Concorde, le développement du moteur CFM 56 avec General Electric. Il devient directeur en 1986.
Il a participé à toutes les transformations de l’entreprise, à son développement au passage progressif du militaire au civil, aux changements de méthodes et de formations. Gardant très peu de temps libre pour sa famille, il a veillé aux bons rapports avec le personnel tout en gardant une certaine liberté avec la direction générale. Après sa retraite en 1996, il est resté très actif, au CNAM, à la présidence du MEDEF pendant 3 ans, en s’engageant dans le mécénat d’entreprise.
Lucide sur les problèmes rencontrés par l’industrie en France (formation, difficultés d’adaptation), il croit à la nécessité de la recherche, aux qualités personnelles de dynamisme, de confiance, de combativité.


Claude GIRON né en 1930

La famille est installée à Essonnes depuis 1885 où son grand père loue à Ernest Feray une ancienne grange de  » l’Indienne  » près du pont de la Colle.
Spécialisée dans la récupération de métaux, vieux os, cuir, chiffons, verre de bouteilles, peaux de lapins etc.. l’entreprise prospère et emploie 30 personnes avant 1914 et utilise une vingtaine de chevaux. Les premiers camions américains n’arrivent qu’à la guerre 1914-1918.
Claude Giron succède à son père en 1957. Il modernise l’entreprise et élargit son champ d’action, notamment en se spécialisant dans la démolition des usines dans notre ville : Testut, Crété, moulin d’Angoulême, Chantemerle, Doittau, etc…
Aujourd’hui installée sur un nouveau site de 5600 m² dont 800 m² couvert, l’entreprise est aujourd’hui animée par son fils. Ainsi, ce sont 4 générations de la même famille qui se sont succédées à Corbeil-Essonnes depuis plus d’un siècle.


Madame GIROUX (1901 – 2001)

Son père est garde-chasse au château de Tigery où se déroulaient les grandes chasses avec les personnalités des environs. Son oncle tenait un café-épicerie au village où elle travaillait. Tous les commerçants venaient de Corbeil-Essonnes, Brie-Comte-Robert, Villeneuve-Saint-Georges.
Elle a des souvenirs très nets de la guerre 1914-18: du départ de son père , blessé à Verdun, sans nouvelles pendant 3 mois, puis une lettre.
A 13 ans, grosses responsabilités car sa mère ne sait pas lire.En 1934, elle prend un café place St Léonard à Corbeil et parle de ce quartier. Avant 1910, elle se souvient de Blériot à Quincy s/Sénart, du Cinéma ambulant dans la salle du café. Elle fut l’Animatrice de l’association colombophile « le Rapide Aérien. »


Jacqueline GONDOIN née en 193O

Son grand père enseignant avait réussi à passer le brevet et rentrer à l’Ecole Normale d’Instituteurs grâce à son instituteur qui le faisait travailler bénévolement. A son tour, il fera la même chose pour certains de ses élèves. Mme Gondoin apprendra à lire et à compter dans le jardin de son grand père.
Sa mère, institutrice à l’école Jules Ferry, rue Marchand à Essonnes, a compté 70 élèves dans sa classe de CP en 1926.
Mme Gondoin évoque avec intérêt le détail de la vie de l’école vu par l’élève mais aussi de l’intérieur, car habitant l’école Paul Bert à Essonnes.
Pendant la guerre, les Allemands occupent d’abord partiellement l’école, avant de l’occuper complètement (ils retrouveront leurs meubles sur le trottoir).
En 1957, elle est nommée à la toute nouvelle école du quartier de Montconseil alors en construction. Elle aura 45 élèves répartis sur 5 niveaux. Tous les enseignants sont très jeunes, il n’y a aucun titulaire. Le jour de la rentrée scolaire, tout le matériel scolaire (tables, chaises, tableaux…)avait été livré en vrac dans la cour.


François GRESSIN

M. Gressin est Président de l’Association des amis du musée Decauville, créée il y a 15 ans. Il succède à M. Ferlet et souhaite faire évoluer la gestion du musée. L’Association possède d’importantes archives, catalogues, plans, photos etc..
L’activité de Decauville dans le monde entier amène à gérer les archives avec les territoires d’outremer et l’étranger. L’Association compte 120 membres et de nombreux sympathisants à la fin de 2006. L’Association œuvre pour obtenir la disposition de l’atelier de l’usine Decauville-Corbeil


Luigi GUARDIGLI

Mosaïste d’origine italienne. Formé à Ravenne, la capitale mondiale de la mosaïque. Il restaure les mosaïques anciennes des églises de Ravenne (V et VI èmes siècles.).
Appelé à Paris par son maître Severini qui fonde une école de mosaïque qui sera rattachée à l’école des Beaux Arts.
Il a travaillé pour Chagall, Braque et surtout Léger. Il a mis en place les 2 mosaïques de la MJC de Corbeil-Essonnes d’après des dessins de Fernand Léger. Les travaux ont été réalisés sous la surveillance de Nadia Léger et de Georges Bauquier, conservateur du musée Fernand Léger à Biot, tous deux élèves du Maître.


Paul GUERIN né en 1928

Son père s’occupe des chevaux au magasin du Bon Marché à Paris, sa mère est cuisinière.
Après le séminaire,il devient prêtre en 1952 et pour son premier poste est nommé à la Paroisse St Spire à Corbeil-Essonnes. Une partie de sa proche famille est de tradition catholique et une autre comprend des militants socialistes et communistes.
Il nous raconte la vie de la paroisse et de la ville de Corbeil dans cette période d’après guerre,et il évoque le Père Racary très représentatif d’une période de l’église entre les deux guerres .
Il a par ailleurs bien connu les soeurs à l’hôpital de Corbeil-Essonnes et a vécu les débuts du lycée et de l’aumônerie située aux Tarterets.


Henri GUERTON né en 1904

Ses arrière grands parents extrayaient la tourbe à Ormoy avant 1865. Son grand père rentre chez Darblay à Essonnes en 1870.
Henri Guerton rentre à l’usine Darblay de Chantemerle en 1918. Il nous reconstitue le site de l’entreprise aujourd’hui occupé par un lotissement, le palais des sports et le collège. Il raconte l’ambiance de l’usine, les accidents de travail, les fabrications diverses, la relation avec les clients. La fonderie produisait 200 tonnes par mois et pouvait couler des pièces jusqu’à 30 tonnes.
A Chantemerle, l’atelier mécanique ferme en 1936, la fonderie en 1951 et l’atelier des feutres en 1960. Après la guerre, Henri Guerton reste chez Darblay et devient responsable de l’atelier menuiserie.


Guy HERBULOT né en 1925

Évêque d’Évry de 1978 à 2000. Alors qu’on lui avait parlé d’une Ville Nouvelle, il est très surpris d’arriver à St Germain-lès-Corbeil dans un cadre très champêtre. Très vite, il considère que la place de l’évêché est d’être au coeur de la Ville Nouvelle dont il découvre les projets. Il nous raconte dans quelle circonstance est née la Cathédrale d’Évry dont l’architecte choisi sera Mario Botta.


Jean-Pierre HERMITTE, né en 1935

De 1950, où il est entré comme apprenti, jusqu’en 1997, M. HERMITTE a fait toute sa carrière chez DECAUVILLE, à Evry puis à Corbeil.
L’Ecole d’apprentissage était située à l’intérieur de l’entreprise. Les apprentis travaillaient dix heures par jour, ils pouvaient devenir chaudronnier, ajusteur, tourneur, ou électricien. Ils avaient congé le samedi et le dimanche. Après deux ans de cours à Paris, le samedi, M. HERMITTE est devenu agent de maîtrise, puis chef d’atelier et chef de fabrication. Decauville fabriquait du matériel ferroviaire, puis des bennes et exportait dans le monde entier. De 1000 personnes dans les années 50, le personnel a été réduit à partir des années 80 à 110 personnes, 25 aujourd’hui. L’esprit d’entreprise très bon au départ, s’est dégradé au fil des années et de la diminution de la technicité. Les jeunes sont moins bien formés.
L’Amicale du Musée des Amis de Decauville a rassemblé et restauré du matériel grâce aux bénévoles.


Luc HERVIEUX né en 1932

Natif de Corbeil, son grand père que tout le monde appelait  » le père la bricole  » construisait des lavoirs ambulants, des pontons de pêche etc…
Sportif, il fut un des animateurs de  » la Corbeilloise  » , société de gymnastique très connue dans la ville. Habitant rue aux Tisseurs près de la place du Comte Haymon et de la Seine, il évoque les différentes activités de ce quartier et notamment le marché.
Il raconte le halage des péniches sur la Seine qu’il a été un des derniers à pratiquer.
A partir de 1961, avec son épouse, ils tiennent un  » bazar-droguerie  » boulevard Jean Jaurès qui périclite peu à peu avec l’apparition des grandes surfaces. Il évoque sur Corbeil-Essonnes 16 drogueries qui ont toutes disparues.


Les Italiens de Grigny
M. MATTIELO, Mme Lyvia CERVO, Mme Marcelline BRUNELLO

Albano MATTIELO (1912)

Il est né en 1912 à Grigny. Ses parents sont venus d’Italie du Nord pour travailler en France en 1903. Il a habité Viry-Châtillon après son mariage en 1941. A l’époque la commune était largement occupée par des champs et des bois où la société Picketty organisait des chasses importantes. Il travaille à partir de 14 ans chez Picketty, où il occupe des fonctions diverses. Sur le chantier de l’entreprise, il y avait 4 carrières où travaillaient 500 à 600 personnes pour l’extraction de la meulière. Il y avait beaucoup d’accidents du travail sur ces chantiers.

Marcelline BRUNELLO (1913)

Née en 1913 à Grigny, de parents italiens arrivés en France en 1936, elle épouse un italien qui travaillait aux carrières Picketty. Un chef de l’entreprise allait chercher des ouvriers en Italie. Leur voyage pour venir en France leur était remboursé au bout de 6 mois. Elle a travaillé dans différentes usines installées à Ivry, Ris-Orangis et Juvisy. Elle a vécu la transformation de Grigny de campagne à la ville de banlieue.


Jean-Jacques JARDIN né en 1924

Pour échapper au S.T.O., il se fait embaucher par un fermier d’Etampes où il travaille dans les champs. Il est contacté par un responsable de la Résistance, ancien scout comme lui. La ferme où il travaille touchant le terrain d’aviation de St Cyr, il est chargé de noter et de communiquer le mouvement des avions, leur emplacement, etc… La situation devenant dangereuse, il s’engage dans la Résistance armée en Alsace où il participe à des actions armées. Fait prisonnier, il est incarcéré au camp de NECKARGEMUND d’où il revient à la fin de la guerre (où il est passé en 6 mois de 73 à 36 kgs).


René JOLY, né en 1936

Son père était mineur dans le Pas de Calais où lui-même est né. Il répond à une annonce et est embauché par IBM, à Corbeil, en 1956. Il y restera jusqu’en 1992. L’entreprise devient très importante : en 1977, il y a 30.000 salariés en France et 300.000 dans le monde. Il obtient un CAP et milite à la JOC. L’organisation et l’efficacité de l’entreprise l’impressionnent beaucoup. Il est élu au comité d’établissement et, à ce titre, voyage dans le monde entier.. A la fin des années 80, l’entreprise connaît des difficultés. A la retraite, il devient président du Secours catholique de l’Essonne pendant 9 ans et voyage beaucoup pour fournir des aides en matière informatique en Algérie et à Madagascar.


JUDO de l’ASCE

A cette occasion, nous avons interviewé quatre personnes qui ont joué un rôle décisif pour la création du club et ses premiers pas.

Madame NONETTE

Veuve de Mr Nonette,qui créa le club en 1958.

Jacki FOUQUET

Dès 1954, il assiste au café  » Le Chalet  » aux Bas-Vignons à une démonstration de judo. Avec quelques amis, en s’aidant d’un livre, il s’initie au judo, avant de pratiquer sous la houlette de professeurs confirmés. Il obtint la 1ère ceinture noire à Corbeil-Essonnes.

Jacques NORET

Avec Jacki Fouquet il est un des pionniers du club. Au début, c’est André Valtier, secrétaire du grand maître Kawashi, introducteur du judo en France, qui les entraîne, bientôt remplacé par Bernard Pariset, alors champion d’Europe. C’est au Café du Chalet près du stade que tout commence, puis  » La Corbeilloise « , puis rue Maurage (local de l’oiseau blanc), puis dans un café de Saintry. Comme dojo, on utilise du feutre fourni par la papeterie Darblay.

Madame BRAGHINI

Bénévole, elle a assuré la permanence téléphonique du club chez elle, et a été présente aux permanences et aux déplacements. Depuis des années, elle consacre plusieurs dizaines d’heures au club.


Emile KLEIN (1902 -1998)

Ses grands-parents arrivent à Corbeil en 1863. Son grand-père rentre à la mairie à 73 ans et y travaille jusqu’à 88 ans.
Il évoque ses souvenirs d’enfance avant 1914, l’accent d’Essonnes, les bagarres, les fêtes foraines, le premier accident de voiture dans la ville, les cinémas, les différents bureaux d’octroi de la ville, la batellerie sur la Seine, les laveuses sur l’Essonne, sur la Seine et « chez le monde », ainsi que les inondations de 1910 .
La propreté: « aller à la baignade était l’occasion de prendre un bain car on ne se lavait jamais complètement. »
Il raconte ses souvenirs de guerre, l’exode de 1870 de ses grands-parents (récit de ses grands-parents), ses propres souvenirs d’enfance de 1914-1918 : la grosse bertha, réquisition des chevaux, tranchées à St Germain-lès-Corbeil, chants patriotiques, bombardements. A la Pentecôte 1918 , il se souvient des 7 morts à Corbeil , à la suite du bombardement du Cloître St Spire, et de l’Armistice du 11 novembre 1918.
Militant socialiste dès 1924, c’est avec émotion qu’il parle de l’assassinat et de l’enterrement de Jaurès. Après la guerre, il devient Ordonnateur des Pompes Funèbres (nombreuses anecdotes, dont l’enterrement de Mme Trosky en 1962).


Jean LAMOTTE (1938)

M. Jean Lamotte rentre chez Crété en 1952. En 1962, il adhère au syndicat C.F.T.C., car, jeune, il avait fait du scoutisme. En 1964, il rejoindra la C.F.D.T. Chez Crété, il y a prédominance de l’influence de la C.G.T. dans les ateliers, et de la C.G.C. chez les cadres. Le temps de travail était réparti entre quatre équipes de six heures. Lors de l’arrivée à Corbeil de personnels venant de chez Desfossés, il y a eu des frictions entre les différents syndicats. Prise en main par le P.C. Devant les nouvelles technologies et les difficultés financières de Crété, M. J. Lamotte a un sentiment d’abandon. La capacité du personnel à l’autogestion est une illusion


Cesira LANDOUR née en 1915

D’origine italienne, ses parents arrivent à Oncy
(Essonne) en 1924. Elle parle de son expérience d’écolière ne parlant pas français et du bon accueil qui lui est réservé.
D’abord femme de ménage, cuisinière, elle rentre comme blanchisseuse au château de Courances dont elle garde un excellent souvenir. Avec Mme Manière de Dannemois, elle nous raconte aussi son expérience de laveuse où nous les retrouvons pour réaliser le film « Les laveuses de la rivière École ». Elle nous parle de l’évolution du village de Dannemois avant, et pendant la guerre, de la vie agricole et de l’occupation du château de Courances où elle a été employée jusqu’à sa retraite. Avec Mme Aguadro, nous faisons un reportage sur la blanchisserie du château de Courances quelques semaines avant sa fermeture.


Sylvie LE CLECH

Directrice des Archives Départementales de l’Essonne pendant 7 ans, elle a eu la lourde tâche de suivre le projet de construction d’un nouveau dépôt à Chamarande. Elle nous raconte dans le détail le cheminement de ce lourd projet.
La création de ce nouvel établissement permet une modernisation souhaitée depuis longtemps et notamment la création d’un service de produits audio-visuels, très largement créé à partir du fond de notre association qui, par contrat, dépose tous ses enregistrements aux Archives Départementales.


Roger LEGALLOIS né en 1937

Il a été témoin des combats de la Libération, habitant à quelques kilomètres des plages du débarquement en Normandie. Son père ayant renseigné les Américains est fusillé dans la cour de sa ferme par des allemands qui s’étaient cachés chez lui.


Michel LEROY né en 1925

Créateur et directeur des services techniques pendant 37 ans de la ville de Corbeil-Essonnes, à la suite de la fusion des 2 villes en 1951. Ses difficultés: pas de bureau, pas de matériel, pas de secrétaire. En 1956, il y a sur la ville 2.500 demandes de logements! Evolution de la ville, projets réalisés, d’autres qui n’ont pas abouti, traces archéologiques au cours des travaux.
Depuis, les services techniques de la ville ont considérablement augmenté. Monsieur Leroy a eu le grand avantage d’être à un poste d’observation privilégié sur le terrain tous les jours. Il nous rappelle au passage que pendant cette période la population de la ville a doublé.


Yves LEROY né en 1935 et Christian LEROY né en 1940

Agriculteurs à Evry au château de la Grange, aujourd’hui détruit et propriété de la famille Gilardoni (briquetterie , tuilerie.).Ils décrivent la vie de la ferme et le travail des carrières, et de l’usine.
Pendant toute la guerre, une unité de S.S. était au château. A la libération « les Américains remplaceront les Allemands au château. » Ils parlent des fermes d’Evry, des champs, et du bois à la place de la Préfecture et du bâtiment du Conseil Général de l’Essonne.


Otilia LEROY

D’origine portugaise, elle parle de son arrivée clandestine en France en 1973, où la régularisation de son statut est facile, et trouve tout de suite un travail. Elle dit ses efforts et l’aide trouvée pour apprendre le français. Pour une portugaise, la France est alors un pays de cocagne, car au Portugal le travail est très dur . Aussi sa sœur commence à travailler à 8 ans à 50 km de son domicile, et sa mère allait la voir tous les 3 ou 4 mois.


Jacqueline LESUEUR née en 1925

Ses grands parents créent la librairie Breton-Boiron près de l’école Galignani rue Féray à Corbeil. Elle nous parle de l’ambiance très différente entre la Rive Gauche et la Rive Droite. Elle évoque les différents cours privés de la ville et fut une des premières élèves du cours Brouchon. Elle nous parle des différents milieux sociaux très cloisonnés de la ville.


Bernard LESUEUR (1924 – 2002)

Sept générations de sa famille sont nées sur la Rive Droite à Corbeil et son aïeul Mr Cintra fut le premier directeur de l’école Jacques Bourgoin. Les établissements Lesueur , dès la fin du 19ème siècle, vendaient : bois, charbon, charbon de bois , puis le fuel plus tard. Etabli devant le port de la Pêcherie où toutes les péniches débarquaient avant le transfert du port sur la Rive Gauche, Mr Lesueur nous parle de l’ambiance d’avant guerre , avec les chevaux, les bureaux d’octroi, la clinique St Léonard où il est né, les inondations, les nombreux commerçants de la Rive Droite. Il parle des fouilles archéologiques, des souterrains, et aussi de la guerre et de son action courageuse pendant cette période.Après la guerre,son père fut le maire de la Commune Libre de la Rive Droite.


Père LETOURNEUR (1909 – 1999)

Le Père Letourneur est mort le 30 décembre 1999, quelques jours avant l’enregistrement de son témoignage. Nous l’avions longuement rencontré pour préparer l’interview avant la prise de vues. Ordonné prêtre en 1936, il fut vicaire à Corbeil de 1938 à 1948. Il évoque donc l’avant guerre, la guerre et l’après guerre. Il fut aumonier de la prison pendant la guerre et vicaire général du diocèse de Corbeil de 1966 à 1971.Officier de l’armée de l’air, il a joué un grand rôle auprès des anciens combattants.


Jacques LONGUET, né en ?

Il est professeur d’histoire, spécialisé dans l’histoire de l’Essonne. Il crée avec Jacques Guyard, ancien maire d’Evry, la structure d’un musée Decauville. Les Decauville sont issus d’une famille d’agriculteurs, originaire de Normandie qui a d’abord construit une distillerie à partir de la culture de la betterave, puis s’est spécialisée à la fin du XIXème siècle dans la production de matériel de transport (chemin de fer, tramway, funiculaire, bicyclette, voiturette, etc. Il reste actuellement le chemin de fer de Ste Eutrope à Bondoufle, le jardin d’acclimatation, (Pithiviers ?).La difficulté actuelle est de trouver un local pour le musée.


Bruna LORENZATO, née en 1923

Elle est née en 1923, année de la mort de son père. Sa mère épouse le frère de son père., lequel travaille à Grigny chez Piketty. qui employait de nombreux Italiens. Après l’école à Grigny, elle suit des cours de sténodactylo à Choisy le Roi. Son père a failli être arrêté par les Allemands en 1944. Elle est conseillère municipale de 1971 à 1977 au moment de la construction de Grigny 2.. Elle regrette le village de Grigny.


Etienne MAINFROY (1908 – 2002)

Apparenté à la famille Darblay, ses arrière-grands-parents sont meuniers à Etampes.
Il parle de la rivière Essonne comme source d’énergie , utilisée entre autres à la papeterie Darblay. Tout comme son père , il fait sa carrière chez Darblay et sera Directeur des Papeteries pendant très longtemps. Il parle abondamment de l’entreprise, de l’ambiance du site papetier qui s’étend sur une cinquantaine d’hectares , de l’usine des Tarterêts bombardée, et de l’ambiance politique des 2 villes: Essonnes étant « communiste » et Corbeil de sensibilité « radicale ».
Monsieur Mainfroy parle également du très important pôle industriel des deux villes.


MANNAN Abdelkader né en 1938

Natif du Maroc où il a passé son enfance, son père était soldat dans l’Armée Française. Mr Mannan nous parle de son père qui a été très impressionné et influencé par un  » voyant  » qui lui a prédit tout son avenir et ce qu’il devait faire. Son récit est celui d’un conteur.
Au début des années 1970, il désire venir en France, mais il est refusé à cause de son âge et de son poids insuffisant. Il modifie lui-même son état civil en changeant sa date de naissance (1945 au lieu de 1938).
Il arrive à Melun en 1973 et à Corbeil en 1994. Aujourd’hui en retraite, handicapé, il a sa famille au Maroc, mais préfère rester en France,  » il fait trop chaud au Maroc « , et est heureux d’aller s’installer dans les nouveaux locaux de la Sonacotra, rue de Seine à Corbeil-Essonnes.


Jean MARQUEBIELLE né en 1925

Il est né à La Rochelle. Il accompagne sa mère chez le peintre Carlu dans son château de Fontainebleau où elle faisait des ménages. Il effectue sa scolarité aux écoles J. Bourgoin et St Spire. Il est enfant de chœur, scout et  » cœur vaillant « . Au collège technique de Montargis il suit une formation de menuisier-ébéniste. Pendant l’Exode il va à pied avec sa mère jusqu’à Ménetou-Salon et retourne en vélo à Corbeil. Revenu à Montargis pour terminer sa scolarité, il accomplit quelques actes de résistance avec des camarades (transport et distribution de tracts). Il entre aux PTT en 1943 et adhère à la CGT. Conseiller municipal en 1959, il s’occupe des questions de santé et notamment de l’hôpital et de la création de la maison de retraite. Il a été nommé au Conseil économique et social et .administrateur d’une caisse de sécurité sociale.


François MELIN, né en 1941

Il est né à Villoison. Sa famille paternelle est originaire de Nancy et sa famille maternelle de Normandie. Après sa scolarité à l’école des Roches, son père est mobilisé dans les transmissions durant la 1ère guerre mondiale. Il s’installe avec son frère à Villoison en 1933 et y construit un poulailler industriel. Son père se marie en 1936. Il a un frère et trois sœurs, tous reçoivent une éducation chrétienne très stricte. Le poulailler abrite alors 2 000 poules (1 000 à 1 200 œufs/jour) et nécessite l’organisation de l’alimentation des volailles, du ramassage et du triage des oeufs, du nettoyage du poulailler ainsi que du démarchage commercial. Après la mort de son père en 1961, sa mère qu’il seconde reprend l’exploitation qui cesse en 1970. Il entreprend alors une activité de sculpteur de métal et fabrique des bijoux et du mobilier. Il voyage beaucoup, notamment en Asie et participe à une exposition en Chine en 2001.


Alice MENUT née en 1907

Nous retournons avec Mme Menut à l’ancienne baignade de Corbeil-Essonnes sur la Seine, abandonnée depuis 1967.Avec Gabriel Menut son mari, ils en ont été les responsables de 1933 à 1967. Elle peut donc parler abondamment de ce lieu où toutes les couches sociales des deux villes se retrouvaient. L’été, on pouvait enregistrer jusqu’à 1000 entrées par jour avec de bien pauvres moyens. Son mari fut une « figure » de la ville: il fut un animateur culturel et sportif de premier plan en créant les Dauphins, et joua un rôle déterminant dans l’évolution du corps des sapeurs pompiers de la ville.


Geneviève MICHEL (1909 -1998)

Mme Michel parle du deuil dans les familles avant 1914, qui durait plusieurs années, de l’absence de relation entre filles et garçons, du cléricalisme et de l’anticléricalisme à l’Ecole Normale où son mari poursuit ses études avant de devenir instituteur, et de la rivalité effrayante entre Corbeil et Essonnes.
Elle collabore au journal Cité Nouvelle de la paroisse d’Essonnes. Elle se souvient de la radio (poste à galène vers 1926) , de la guerre 1940-44, et de la grande solidarité de cette période qui se perd après la guerre.


Micheline MICHELIN née en 1922

Sa famille est très anciennement implantée à Méréville. Son père était maréchal-ferrant, puis réparateur de machines agricoles, puis ferronnier. Elle raconte ses souvenirs d’enfance à l’atelier de son père, à l’école, la vie du village, les moments difficiles de la guerre.. Elle parle des fêtes données au château. Au moment de la Libération, elle a aidé et caché des parachutistes anglais. Amie de Jean-Louis Bory, elle raconte son enthousiasme et son action civique pour le premier vote des femmes.


Guy MIGNON (1920 -2001)

Son grand père achète la ferme de la Dauphine à Essonnes en 1893. Progressivement, les terres cultivées passeront de 140 ha à 40 ha, en raison des expropriations successives. Parallèlement à l’exploitation de la ferme, la famille Mignon développe une entreprise de vidange et de curage d’égout qui, au fil du temps,deviendra l’activité dominante puis la seule de l’entreprise. Guy Mignon évoque la guerre et l’aide que sa famille a apportée à des soldats américains. Il nous parle aussi des activités de la ferme de la Dauphine avant et après la guerre et de la qualité des terres agricoles sur lesquelles sont construits la caserne des pompiers, l’hôpital et le quartier de Montconseil. Il nous montre le rôle des différents bâtiments de la ferme aujourd’hui reconvertis. A partir de2007, tous les bâtiments de l’exploitation sont détruits et remplacés par des immeubles d’habitation.


Jacques MISSET né en 1925

Son grand père, pharmacien, invente la  » verticurine  » un médicament vers 1925 contre l’hypertension, qui connait un certain succès. Il installe son laboratoire à Corbeil, rue Widmer, en 1927. Habitant en face de la fonderie Darblay à Chantemerle, il se rappelle des grandes gerbes de feu qui en jaillissaient. En 1905, sa famille achète une maison aux Bas Vignons sur le bord de la Seine. De ce fait, Jacques Misset évoque de nombreux souvenirs des bords de Seine. Pendant la guerre, faisant partie de la « Défense passive », il participe au dégagement des corps des aviateurs américains abattus rue de Nagis. Animateur sportif, il est un des créateurs du club de tennis et est aujourd’hui président de l’A.S.C.E. (Association Sportive de Corbeil-Essonnes).


Jeannine MONCANY née en 1915

Médecin, femme de médecin, son beau-père est médecin (il a opéré Apollinaire après sa blessure pendant la guerre de 14-18.) Il a créé la clinique St Léonard à Corbeil et le service chirurgie de l’hôpital. Médecin elle-même, elle évoque les problèmes des femmes médecins . Pionnière de la Médecine du Travail, elle s’est fait accepter peu à peu. On retrouve à Corbeil la vie de province : réception et dîners habillés, (on ne sortait pas sans chapeau), et les femmes de la bourgeoisie qui travaillaient étaient mal vues. Les milieux industriels et les professions libérales se fréquentaient peu. Elle se souvient du bombardement de Corbeil en août 1944, habitant près de la gare, et de beaucoup d’autres souvenirs de guerre.


Marco NANOTTI né en 1925

Son père, italien du Piémont, arrive en France en 1921. Il rentre chez Piketty comme carrier. Marco Nanotti y rentre également et y fera tout son parcours professionnel de 1940 à 1990.
Il raconte le métier particulièrement dur des carriers majoritairement italiens,qui extraient la pierre meulière. Lui-même apprend l’italien dans son travail. Il raconte l’ambiance du travail, les techniques de taille, les engins utilisés, les salaires, le rythme de travail, l’absence quasi totale de sécurité, les profondes crevasses aux mains l’hiver et les problèmes de santé.


Jacques OUDET né en 1920

Son père est nommé secrétaire général de la mairie d’Essonnes en 1920. En 1944, il remplace son père, puis deviendra secrétaire général de la nouvelle municipalité après la fusion des deux villes en 1951.
Monsieur Oudet a vécu de l’intérieur les problèmes qui se posaient au moment de cette fusion, puis ceux résultant de l’expansion de la ville qui a doublé en 40 ans.


Le PATRONAGE ST SPIRE fondé en 1912

En fait, il fonctionnait déjà depuis 20 ans.

Michel Baillou rentre à la St Spire en 1945 et en reste un dirigeant actif. Il s’est beaucoup penché sur l’histoire de ce « patro » à Corbeil, ses locaux, ses activités très différentes d’aujourd’ui, ses traditions et aussi ses souvenirs personnels.

Paul Foulon, lui aussi, est resté animateur, mais il est rentré à la St Spire en 1933. Son expérience est donc plus ancienne, et il nous raconte son vécu d’avant la guerre. Il insiste notamment sur les moyens très rudimentaires dont on disposait , par exemple les conditions de nourriture à la colonie en Auvergne, particulièrement problématiques.

Germain Gryson a connu les patronages dès l’enfance et arrive à Corbeil-Essonnes en 1960. Très rapidement, il devient Président de la St Spire; il l’est toujours. Il explique la différence fondamentale entre les années 1960 et aujourd’hui, et nous résume la philosophie et l’esprit du « patro »qui, avec de très faibles moyens financiers, entretient une ambiance animée par les bénévoles.


Roland PAYEN (1912-2004)

Notre premier « interviewé », à la création de notre Association.
Il fait voler le 17 avril 1935 , à Saclas près d’Etampes, le premier avion équipé d’une aile Delta , adoptée aujourd’hui sur tous les avions de chasse et notamment sur Concorde. C’est en observant les oiseaux qu’il en a eu l’idée. Grosses difficultés à faire admettre son projet, car les spécialistes de l’aviation n’y croyaient pas.
En 1953, pour la 1ère fois au monde, il fait voler le premier avion prototype équipé d’un moteur à réaction et d’une aile Delta. Cet avion (le Cathy) est exposé au musée de l’air au Bourget.
Il a connu beaucoup d’anciens de « Latécoère » et avait rendez-vous avec Mermoz le jour où celui-ci est mort. Encore aujourd’hui il dessine les plans pour reconstituer les avions anciens.


Jacques PERSONNAT né en 1927

Ses grands parents arrivent à Corbeil en 1898 et fondent une entreprise de plomberie. Son grand père de sensibilité radicale, est anti-clérical; pendant la guerre, il refuse de travailler avec les Allemands. Mr Personnat suit une formation technique de dessinateur industriel.
A l’initiative d’une association de parents, il devient Directeur d’ un C.A.T. (Centre d’Aide par le Travail) pour handicapés mentaux dans les années 1970. Il le restera jusqu’à sa retraite.
Habitant les Allées St Jean, (devenues Aristide Briand) depuis son enfance, il raconte l’évolution de ce quartier.


Maurice PICARD né en 1919

Né à Montlhéry, il raconte son enfance et l’ambiance de cette petite ville où les enfants jouaient sur la RN20. Il se rappelle des grandes manifestations sportives qui se déroulaient à l’autodrome.
Il fut maire de Montlhéry et fit 6 mandats. Plus tard, il joua un grand rôle au tout nouveau département de l’Essonne, avant d’être suppléant à la députation.
Ayant repris et développé la petite entreprise de plomberie de son père, il reste fidèle aux vertus du travail manuel.


Père Jean PIOLLET né en 1919

Ordonné prêtre en 1948, il a fait ses études de philosophie et de théologie au couvent Dominicain du Saulchoir à Etiolles, qui était un centre spirituel et intellectuel de haut niveau.
Peu à peu, à partir de 1960 et surtout après Mai 1968, les vocations se raréfient. Il a cotoyé certains animateurs du Concile Vatican II et parle de la différence importante entre la population urbaine et rurale de l’Essonne.


Les POMPIERS de Corbeil-Essonnes et de l’Essonne

En octobre 2001, la Mairie de Corbeil brûlait. Un ami de l’Association Pixel, qui était là, a pu faire des prises de vue. A partir de ces rushes, nous avons eu l’idée de faire un film sur les pompiers de l’Essonne. Avec leur collaboration, nous avons pu interviewer successivement:

Le lieutenant Dufour-Fatisson, chef du centre de secours de Corbeil-Essonnes, lors de l’incendie.

Le Capitaine Millot, chef du centre de secours de Corbeil-Essonnes, successeur du précédent.

Le Capitaine Moreau, en retraite, ancien chef du centre de secours, qui nous parle des conditions précaires des pompiers vers les années 1950.

L’Adjudant chef Grimaud qui a mis en place les premières opérations de secours et qui était avec 7 de ses hommes dans les combles de la Mairie, quand le beffroi s’est écroulé.


Paulette RENAULT-LECHEVALLIER née en 1920

Résistante avec son mari en Normandie. Elle a participé à la fois à des opérations psychologiques pour lutter contre le nazisme et fournit des renseignements. Arrêtée avec son mari, elle est déportée à Ravensbruck, puis à Mathausen, catégorie  » Nuit et Brouillard  » qui signifiait qu’elle était condamnée à ne pas revenir. Elle aussi parle d’une réinsertion difficile.


Julien RENVERSADE né en 1922

Sa famille est d’origine Bordelaise, mais lui-même est né au Maroc en plein bled. Il parle arabe et espagnol. A la mort de son père en 1935, il rentre en France, où il est très déçu par l’accueil qui lui est réservé.
A la déclaration de guerre, il s’engage et réussit à rejoindre le Maroc. Il assiste au débarquement des Américains et évoque les deux tendances de l’armée française , partagée entre Pétain et
De Gaulle.
Il participe à la libération de la Corse, puis fait toute la campagne d’Italie (Garigliano, Cassino, Rome, Sienne,San Gimignano, etc…), puis la campagne d’Alsace et d’Allemagne. Il a la Médaille militaire, la Croix de guerre et la Légion d’honneur. Il raconte les stratégies militaires différentes des Américains et des Français , notamment à Cassino.


Marie-Thérèse RIFAULT, née en 1918

Née dans l’Oise, elle est arrivée à Corbeil en 1920 où ses arrière grands parents étaient bouchers rue Notre-Dame. Elle commence à travailler dans la quincaillerie familiale en 1937, prend la suite de ses parents jusqu’en 1983 (4 employés dont un apprenti). Les clients étaient principalement des fermiers, des maréchaux ferrands, des usines et des administrations. L’entrepôt de stockage était situé rue Oberkampf.


Etienne ROBIN, né en 1923

Originaire de Villabé, son grand-père était maire de Courcouronnes et son père (décédé en 1936), puis son frère aîné, exploitaient une ferme de 110 has (betterave, blé, lin), comprenant 12 vaches et employant 2 charretiers, un vacher et une bonne. Il a fait ses études à St Nicolas à Issy les Moulineaux.. La vie, très dure (lever à 4h du matin) était rythmée par les récoltes, les moissons et les vendanges ainsi que les livraisons. Pendant la dernière guerre, les chevaux, le blé et le foin ont été réquisitionnés par les Allemands. En 1945, la ferme acquiert les premières machines agricoles , puis il reprend la ferme au départ de son frère. Peu à peu, le métier change : il devient agriculteur. Il achète des terres à la famille Darblay mais l’urbanisation conduit à l’expropriation de ses terres. Il voyage alors, notamment en Chine et prend sa retraite en 1990.


Christian ROBLOU né en 1933

Il passe sa jeunesse à Essonnes, caractérisée par une ambiance ouvrière. Il évoque la grande misère de certains quartiers: alcoolisme, manque d’hygiène, logements précaires. Il fut l’un des premiers habitants de Montconseil où il habita 27 ans. En 1949, il rentre aux papeteries Darblay comme « gamin à tout faire » au « hangar », où les conditions de travail sont particulièrement pénibles. En 1956, il rentre chez IBM où il deviendra cadre tout en étant délégué du personnel.
Christian Roblou s’intéresse beaucoup au parler de la Beauce, du Gâtinais et d’Essonnes. Il se rappelle qu’en entendant parler les gens, on pouvait deviner dans quelle entreprise ils travaillaient.


André RODRIGUEZ (1942)

Rentré chez IBM en 1965, après l’installation de sa famille, retour d’Algérie, dans la région de Corbeil. Avec d’autres membres du personnel d’IBM, il crée en 1973, le CARA, association des anciens d’IBM. Il s’agissait de tisser un lien social entre les anciens employés, respect de l’autre et partage. Cette initiative illustre les liens très étroits entre les salariés d’IBM, aussi bien au travail dans l’entreprise que pendants les temps de loisir. En 2006 le site de Corbeil ne s’appelle plus IBM, mais Essonne Nanopole et les conditions d’adhésion de nouveaux membres ne sont plus les mêmes. M. Rodriguez estime que l’esprit IBM est transposable dans d’autres entreprises.


Guy ROUGERIE né en 1945

Entré en 1970 à la Papeterie Darblay chargé à la fois de la sécurité et de la formation du personnel. Il a été le dernier occupant du site de la papeterie où il avait installé une imprimerie. Nous avons filmé avec lui tous les ateliers. Dans chacun, il nous explique ce qu’il s’y faisait. Avec M. Rougerie, nous évoquons l’entreprise qu’il a connue encore vers 1970 ; qui n’était déjà plus ce qu’elle était avant 1914 mais qui avait encore un potentiel qui malheureusement n’a pas été exploité. Il propose ses explications.


Jean ROUILLON (1935-2006)

Président de l’ASCE Aviron 91, il nous raconte l’histoire de ce club né vers 1920 , créé par un industriel, Mr Riquiez, qui fut maire de Corbeil avant la guerre.Il nous raconte le fonctionnement de ce club et, complété avec les témoignages de Maurice et Marcel Sallet (voir plus loin), nous avons réalisé un film évoquant le passé et le présent de l’aviron à Corbeil-Essonnes.


Roland ROURE

Artiste, sculpteur, il a monté une crèche animée avec des matériaux très simples. Roland Roure nous explique le cheminement de cette réalisation qui est une commande publique et qui a été exposée dans toute la France.


Jeannine ROUYER née en 1932

Sa mère, madame Vallat, fit toute sa carrière à l’Ecole Léon Cassé de 1928 à 1963 à Essonnes.
Madame Rouyer est donc née et habitait dans cette école maternelle. Elle-même en deviendra la directrice jusqu’en 1987.
Elle nous parle de ses souvenirs d’enfance et plus tard de son expérience professionnelle, permettant de mesurer un cheminement très intéressant sur 25 ans.
En 1957, elle ouvre l’école maternelle à Montconseil, alors que les sanitaires ne sont pas encore construits, au milieu du chantier de construction du quartier de Montconseil.
Comme tous les anciens enseignants, elle évoque les effectifs très importants des classes. A Moulin Galant, lors d’une rentrée scolaire, pendant 15 jours elle est seule responsable de 105 élèves.


Mr ROUSSEAU – né en 1924
(Enregistrement oral).

Sa mère a travaillé au château de Chamarande comme blanchisseuse. Lui-même a travaillé au château après la libération comme cuisinier pour les Américains. Souvenirs mitigés de la présence des Américains au château (100 tentes sur la pelouse, match de boxe, etc…). Il évoque le Scoutisme , ses souvenirs d’adolescence à Chamarande (rivalité entre les villages, beaucoup de bagarres,etc….). Il parle des difficultés de transport pour aller à Paris: son père prenait le train à 5h du matin et ne rentrait chez lui qu’à 20h pour une journée de 8h de travail.
Réactions diverses sur le projet d’installer les Archives départementales à Chamarande.


A. RUBENS-DUVAL (1910 – 1999)

Professeur de médecine parisien, sa famille est arrivée à Morsang sur Seine en 1840. Il a fait des études sur ce village, et en comparant la population du village vers 850/900 étudiée dans le polyptyque d’Irminon et un annuaire de 1935, il note le même nombre de maisons et le même nombre d’habitants. Mr Rubens-Duval parle beaucoup de la Seine, de la navigation, de la nécessité de la traverser pour prendre le train, des loisirs de l’eau avant guerre et aussi de l’ancienne auberge du « Vieux garçon » près d’un ancien gué.


Majid SAFOUANE né en 1959

Psychologue et psychanalyste, il est né au Maroc d’une famille de 11 enfants. Il a fait ses études à l’université de Rabat et à celle de Bordeaux, puis à Paris. Il s’est spécialisé dans l’accueil des immigrés et les pathologies de l’exil en accompagnant ses patients, en leur proposant une présence et en reconstituant des communautés pour pallier les déracinements successifs. Les moments de vie collective et de liens avec d’autres associations sont importants. Il a collaboré avec la SONACOTRA. Avec lui nous avons réalisé le documentaire sur le déménagement du foyer de la Sonacotra du quai Bourgoin à Corbeil-Essonnes :  » Les racines prennent même dans le béton « .


Georges SALLES né en 1923

Originaire du Languedoc, grâce à son instituteur il poursuit ses études que sa famille n’aurait pas pu lui payer. Il envisage de faire l’école Coloniale, mais la guerre éclate. Il nous parle longuement de son expérience dans les chantiers de jeunesse pendant la guerre. Il rentre dans l’administration et est muté à Paris. dès l’après guerre. Marié, il décrit les conditions de logement précaire de la Capitale. En tant que fonctionnaire, il est mêlé de très près à l’expansion de toute la région Parisienne, notamment à Cergy-Pontoise, où il est muté à la création de cette ville nouvelle.


Gisèle SALLES née en 1933

Ses parents habitaient Paris, mais elle a passé toute une partie de sa petite enfance à Corbeil. Elle rejoint ses parents à Paris, où elle vit son enfance et son adolescence et notamment pendant la guerre 1939-1945. Elle raconte l’exode puis sa peur des bombardements, où tout l’immeuble se retrouvait à la cave, l’absence de son père, la vie quotidienne avec les queues de plusieurs heures aux magasins, la présence partout de l’occupant, ses amies juives qui devaient porter l’étoile jaune.


Jeannette SALLET (1920 – 2002)

Mme Sallet nous raconte l’exode à Essonnes et l’arrivée des Allemands.Elle nous fait part de son expérience à l’hôpital pendant cette période où presque tout le personnel médical est parti, alors que les malades sont alités. Elle évoque aussi la libération de Paris et notamment la fusillade sur le pont de la Concorde où elle se trouvait.


Maurice (1914-2006) et Marcel SALLET (1921).

Tous deux ont été des pionniers de l’aviron et des sportifs de haut niveau avant de devenir entraineurs puis animateurs de « l’A.S.C.E. Aviron.91 ». La famille Sallet est originaire de la Rive Droite à Corbeil, où dès le début du 19ème siècle on trouve un ancêtre vigneron. Ils nous racontent leur enfance dans ce quartier. Sur le plan professionnel entre 1871 et 1978, on compte au minimum un membre de la famille Sallet travaillant chez Crété.Tous deux nous parlent de leur expérience dans cette entreprise.


Jean SAUTER, né en 1934

Il est à Corbeil et est entré en 1949 chez Monoprécis où il est resté pendant 48 ans. Il y a effectué différents métiers : raboteur, fraiseur, tourneur, ajusteur, monteur, peintre. Il s’est formé  » sur le tas  » mais a suivi également des cours du soir à l’école J. Bourgoin où il a obtenu un CAP général. Le travail était très dur, les horaires très contraignants (49 h/semaine, quelquefois 54 h et même 60h), les normes de sécurité étaient bien inférieures à celles qui sont exigées aujourd’hui mais il régnait une très grande solidarité entre les ouvriers et la direction était ouverte au dialogue. L’entreprise qu’il a été le dernier à quitter a fermé en 1995 pour difficultés de trésorerie.


Maxime SAUTEREAU né en 1921

Né à Essonnes comme sa mère, il n’a pas connu son père qui meurt de tuberculose l’année de sa naissance, des suites de blessures de la guerre 1914-1918. Sa mère, également malade, il est élevé par sa grand-mère. Habitant rue d’Angoulême, il y connait une ambiance de grande pauvreté mais d’une convivialité incontestable.
Grand sportif, il réussit dans plusieurs disciplines et fréquente beaucoup la société de gymnastique  » Le Réveil Essonois « .
Titulaire du Brevet, il rentre à l’Ecole Normale d’Instituteurs de Versailles. Il fait tout son parcours professionnel à l’école Jacques Bourgoin à Corbeil de 1939 à 1977.
Monsieur Sautereau évoque les classes surchargées dues au baby-boom. (52 élèves par classe, voire 70). La discipline est très sévère, on y enseigne la morale, l’instruction civique. Pour la plupart des élèves, les études s’arrêtent à 12 puis 13 ans avec le Certificat d’études où la dictée avec 5 fautes est éliminatoire, même si on a la moyenne.


Marcel SAUTY né en 1921

Monsieur Sauty rentre à l’Imprimerie Crété à Corbeil en 1949. Dans les années d’après guerre, le niveau technologique du personnel doit s’élever pour s’adapter aux nouvelles techniques.
Cette entreprise avait déjà en son sein une école dès le début du 20ème siècle, qui ne cessera d’évoluer. A partir des années 1950 elle devient une véritable école avec 6 enseignants et une soixantaine d’élèves. Monsieur Sauty en sera le directeur jusqu’à la fermeture en 1974.
Mr Sauty explique la relation intime entre la formation des élèves apprentis et l’entreprise. L’école, par sa réputation, accueillera les apprentis des autres imprimeries de la ville et des environs, y compris Etampes.


SCOUTISME à Chamarande.

Chamarande fut pendant des années, à partir de 1923, un haut lieu du scoutisme. Tous les cadres bénévoles venaient s’y former et le parc accueillit un grand nombre de manifestations.

Geneviève ACOLAS, Françoise VARAIGNE, Jean Paul CONRAT et Bernard NAUDIN ont tous les quatre connu Chamarande avant et après guerre. Tous ont le souvenir de ce domaine où on campait sur un sol humide, spongieux, avec beaucoup de moustiques.


René SIGOT (1906 – 1997

Parmi plusieurs souvenirs de la guerre 14-18,
il a vu un aviateur atterrir sur les champs occupés aujourd’hui par les immeubles de Montconseil à Corbeil-Essonnes. Il se rappelle l’urbanisation de la « Prairie » qui séparait Corbeil et Essonnes, les inondations de 1910 et toute la période avant 1914, sans eau courante, sans confort. Il se rappelle des quelques voitures automobiles, de l’allumeur de réverbère et denombreux métiers disparus. Il se souvient aussi de la déclaration de guerre en 1914 et de l’après guerre où avec son père il se rend sur les champs de bataille. Il décrit les deux villes de Corbeil et d’Essonnes marquées par l’agriculture et l’industrie. Il évoque ses souvenirs de la guerre 1940-1945 au cours de laquelle il s’est occupé de problèmes d’intendance, a fait de la résistance et a joué un rôle important pendant et après la Libération à son poste d’Intendant Général Civil pour assurer le ravitaillement de la population.


Louis SIMON (1920)

Syndicaliste C.G.T. à l’imprimerie Crété de Corbeil. En 1959, il est élu conseiller municipal communiste à Corbeil, mais  » il est mis sur la touche parce qu’il fréquente les Trotskistes « . Issu d’une famille de vignerons. Jusqu’en 1950 il y avait des vignes dans la vallée de l’Essonne et à Villabé. Il a le souvenir de fêtes des vendanges organisées au stade de Corbeil.
Il se souvient que l’église de Moulin Galant a été construite par la famille Darblay
M. Simon a été un des derniers lithographes de l’imprimerie Crété.
Pendant la guerre, il est obligé d’aller travailler en Allemagne. A l’issue d’une permission, il ne retournera pas à son poste. Il prend contact avec la Résistance pour laquelle il assurera différentes missions.
M. Simon est, par ailleurs, un adepte du canoë-kayak.


Didier STRYPSTEEN

Mr Strypsteen a été chargé par la SEM-ESSONNE de suivre la construction du nouveau dépôt d’archives à Chamarande. Il nous explique les nombreux et délicats problèmes techniques qu’il fallut résoudre pour créer un silo souterrain de 30m sur 30m à une profondeur de 25 m au milieu de bâtiments anciens. Il souligne l’originalité du projet, le processus suivi, le choix fait parmi les différents projets présentés, le respect des devis et des délais qui a permis l’installation des Archives Départementales en septembre 1999. Il est à noter que « Mémoire et Patrimoine Vivant » a assuré le suivi video pendant tout le chantier.


Marc TERRA né en 1921

Il a passé toute son enfance et une grande partie de sa vie place St léonard sur la Rive Droite. Ses parents étaient « marchands de couleurs » et ayant épousé la fille de la librairie sur la même place, il nous parle de l’activité et du rôle de la librairie ouverte de 5h30 à 21h30 et de son métier d’instituteur .


Janine THERY (1924-2008)

A repris la Fonderie Belgrand, créée par son grand-père. Cette fonderie travaillait pour les agriculteurs et exécutaient de petites pièces de fonte. Elle a connu un réel essor à la fermeture des grandes fonderies (CHANTEMERLE et F.A.C.E.) à Corbeil-Essonnes. Elle comptait alors une trentaine d’ouvriers et travaillait pour les industriels de la région (PRAT- DARBLAY – FORGES DE MONTGERON – CASSE, les SABLIERES DE LA SEINE, fabricant d’hélices à Dammarie-les-Lys) Après avoir connu un beau succès avec les plaques de cheminée et créé un atelier de serrurerie à partir de 1958, l’entreprise ferme en 1980


Jacques THIBAULT (1918-2007)

Son père était en France un des deux constructeurs de bateaux de compétition pour l’aviron. Par la suite, il a construit beaucoup de bateaux de plaisance, dont le fameux canot canadien qui faisait l’admiration de ceux qui fréquentaient la Seine. Il nous explique son métier, ses outils, ses tours de main, ses difficultés aussi. L’atelier a compté jusqu’à 32 ouvriers.


François VERDIER né en 1925

D’origine Pyrénéenne, ses ascendants sont forgeron, aubergiste, menuisier mais aussi  » Américain « , terme qui désignait celui qui partait en Amérique du Sud.
Il parle de son village, du patois, de la proximité de l’Espagne et en 1938 il a connu l’exode des Républicains espagnols qui se réfugiaient en France.
Mr Verdier arrive à Corbeil en 1946 où il rentre à l’imprimerie Crété comme correcteur. Il a connu toute l’évolution de cette entreprise, son plein épanouissement économique du temps où toute  » la Presse du cœur  » était imprimée chez Crété, jusqu’aux licenciements massifs de 1978.
Il raconte le rôle important qu’il a joué pendant les évènements de Mai 1968 et essaie d’analyser les raisons du déclin de cette entreprise.


Jules VILLAR, né en 1929

Il est né à Maisse de parents agriculteurs depuis 1931 (28 puis 48 ha, 3 chevaux, 12 vaches).Ses grands parents sont eux-mêmes agriculteurs dans le Loiret. La ferme comprend une basse-cour et produit fromage et beurre, blé, orge et avoine avec assolement.. Il a 4 sœurs et un frère. Son enfance est partagée entre l’école où le maître exerce une discipline sévère et les occupations de la ferme, notamment les travaux des champs durant les vacances (moisson à la faux). Durant la dernière guerre, des réfugiés logeront à la ferme. La mécanisation interviendra au début des années 1950, modifiant profondément les pratiques. En 1963, l’exploitation s’interrompt et il travaille dans une carrière de sable jusqu’à sa retraite.


Raymond WELKER (1933)

Après être rentré à 15 ans et demi à l’Ecole professionnelle de l’imprimerie Crété, il fera carrière dans cette entreprise de 1952 à 1993. il choisit la typographie, métier noble entre tous. Sur 41 ans de vie professionnelle il a pu observer les évolutions techniques et sociologiques dans l’imprimerie. M. Welker a d’abord appartenu à la J.O.C. (Jeunesse Ouvrière Chrétienne), puis il adhère à la C.F.T.C. L’action d’un syndicaliste n’était pas facile chez Crété, car chaque investissement en matériel nouveau entraînait une réduction de personnel. L’ambiance à Corbeil était provinciale comparée à celle des établissements parisiens, notamment chez Desfossés. Le 31 octobre 1974 marquera la liquidation des biens de l’entreprise, notamment du fait du refus de financement des banques. A la fermeture, il restait moins de 2 000 personnes à Corbeil.



Michel ANSART (1919 - 2000)

Entré aux Etablissements Doittau aux Tarterêts à Essonnes, il en devint Directeur Général. Sa mère, Charlotte Ansart, grande figure de Corbeil-Essonnes, fut la première Conseillère Municipale. Michel Ansart nous parle des différents milieux de la bourgeoisie locale et des images très différentes de Corbeil et d'Essonnes. Il nous parle abondamment des Etablissements Doittau et de l'abandon du site de Corbeil-Essonnes, essentiellement pour des raisons d'environnement.

Odile ARRIGHI-ROGER (1923)

Avant guerre, elle fait partie des Jeunesses Communistes ; en 1940, elle s'engage dans la Résistance dès 16 ans et, très vite, occupe de grandes responsabilités dans la région parisienne puis dans l'est de la France. Arrêtée à Nancy, elle est déportée au camp de RAVENSBRUCK. Elle raconte le quotidien dans le camp où elle côtoie l'horreur et explique la difficile réinsertion dans la vie civile au retour de la déportation. Elle est restée permanente du Parti Communiste Français.

Raymonde AUTIER-LEJOSNE (1931)

Arrivée à Méréville avant guerre, son père, pilote, étant affecté à la base aérienne de Mondésir. Scolarisée à Méréville, elle reviendra dans son école comme institutrice. Elle évoque ses souvenirs d'enfance, Madame BORY, mère de Jean-Louis BORY, étant la directrice de l'école ; les premières projections cinéma au village ; le château, le domaine, l'inauguration de la piscine et aussi Jean-Louis BORY mort en 1979. S'intéressant à l'histoire, elle a participé à la rédaction du très intéressant livre sur " la République confisquée (1848) " parue aux Editions Créaphis.

Albert BALLET (1914)

Ses parents tenaient un bistrot-épicerie à Soisy-sur- Ecole. Dès l'age de 10 ans, il aide ses parents au bar en servant les clients pendant les vacances et à la sortie de l'école. C'est après la fermeture du bar à 20h qu'il fait ses devoirs. De 1944 à 1949, il travaille au CGB (Chemin de Fer de Grande Banlieue), dit le "tacot", qui faisait les liaisons ferroviaires entre Milly et Corbeil. Il nous raconte de nombreuses anecdotes. En 1951, il travaille chez Decauville jusqu'en 1977 et nous raconte son travail au sein de cette entreprise.

Daniel BARRE (1943)

Il a travaillé dans la filière papier de Corbeil-Essonnes, à la papeterie Darblay et à l'imprimerie Crété de 1959 à 2001. Il se forme à sa spécialité à l'Ecole d'apprentissage de Crété. En août 1963, il adhère à la CGT, syndicat majoritaire de l'entreprise. Il s'occupe des problèmes de sécurité et de bruit. En 1968 chez Crété il participe à la revendication de la 5ème semaine de congés et de l'augmentation des salaires. A partir de 1969 il va être associé, comme syndicaliste, à la gestion de l'entreprise Crété-Corbeil qui déposera son bilan en 1972. Apparition de la nouvelle entreprise Hélio-Corbeil, nouvel outil de production largement plus performant grâce à l'informatique. Un constat sur une de vie de syndicaliste : un bon syndicaliste participe à faire monter les problèmes.

BARREAU de l'ESSONNE

Du BARREAU de Corbeil au BARREAU d'Evry : Quatre avocats nous livrent leurs témoignages. Sous la direction de Maître MONCANY-PERVES alors bâtonnier, la doyenne Maître Marie Rose RENAULT-BELLESORT raconte qu'avant 1950 le barreau de Corbeil comptait 5 avocats. Elle décrit l'ambiance particulièrement savoureuse des relations entre avocats, magistrats et les détenus de la prison voisine du tribunal. Deux jeunes avocats, Karine GENEST et Marc CHERIN donnent leurs témoignages sur le Barreau d'Evry qui compte plus de 250 avocats.

Michel BAUGE (1941)

Responsable pour l'Essonne de la mémoire des déportés en camps de concentration. Lui-même, trop jeune, n'a pas été déporté mais la déportation a touché de très près sa famille. Il a le souci d'organiser des expositions et des rencontres, notamment dans les écoles, pour que la mémoire de cette triste époque demeure.

Pierre BEARN (1902)

Né à Bucarest en 1902, son père est chef cuisinier à la cour du Roi de Roumanie. Revenu en France, il passe son enfance d'avant 1914 à Paris. L'électricité n'existe pas alors, les chevaux sont partout, on voit de rares "vélocipèdes" et quelques rares voitures. Paris est encore une ville fortifiée, et pour y rentrer ou en sortir, il faut passer par les portes où se trouve l'octroi. Son père tient un restaurant près de la porte de Clignancourt, fréquenté notamment par la "bande à Bonnot", dont il garde des souvenirs très précis. Cette fréquentation lui a même valu d'écrire un poème à 9 ans. Poète, romancier, fabuliste, il fut libraire "exclusivement de littérature" pendant 50 ans au coeur du Quartier Latin. Cela lui a valu de rencontrer les plus grands écrivains; Gide, Mauriac, St Exupéry, Malraux, Aragon, Cocteau, etc... Et surtout Paul Fort et Mac Orlan qui ont été ses amis. Résistant pendant la guerre, il nous parle de cette période et de la Libération de Paris. Enfin en Mai 1968, les étudiants lui empruntent un de leurs slogans les plus célèbres "Métro, boulot, dodo", tiré d'un de ses poèmes de 1951.

Brigitte BEARN-EGGER

En 2002, nous avions enregistré le témoignage du poète Pierre Béarn, décédé le 27/10/2004 à l'âge de 102 ans. Nous avons voulu prolonger cet entretien en interviewant son épouse, elle aussi poète, qui nous parle de son mari, de l'homme et aussi de son œuvre. Elle lit plusieurs de ses poèmes.

Daniel BELGRAND (1937)

Son grand-père paternel monte la Fonderie Belgrand vers 1920. Ses deux fils (dont le père de Daniel) prennent la suite jusqu'en 1936. L'entreprise comptera une vingtaine de personnes jusqu'à la guerre. Formation professionnelle à l'Ecole Diderot de Paris (1952-1956). A partir de 1966, il prend la suite de son père. A la retraite de son beau-père, il reprend la suite de la quincaillerie Rifault , rue Notre Dame, à Corbeil. Il y avait quatre fonderies à Corbeil-Essonnes: Darblay, Belgrand, FACE, Kimmel.

Marcel BELGRAND (1923)

Marcel Belgrand arrive à Corbeil en 1958 et rentre à la société F.A.C.E. de Corbeil-Essonnes, dont il deviendra chef d'atelier. Au vu d'une photo aérienne de l'usine, il nous détaille la fonction de chaque bâtiment. La société F.A.C.E. ( Fonderies et Ateliers de Corbeil-Essonnes) était spécialisée dans la fabrication de grosses machines destinées aux travaux publics, mais elle a aussi comme clients la Régie Renault, Cassé, Schlumberger, des fabricants de pneus et entreprises d'extraction de minerais. Il nous parle de l'ambiance, du bruit, des accidents et aussi de la fermeture de l'usine.

Alain BENARD (1947)

Après une première expérience d'enseignant au Maroc dans les années 1970 Alain Bénard revient en France et entre dans une banque où il a fait toute sa carrière. C'est un esprit curieux. Dès l'âge de 15 ans il se passionne pour la botanique et la géologie comme bénévole au sein de diverses associations locales. En 1978, il découvre le G.E.R.S.A.R, association fondée en 1973 par un groupes de passionnés qui se sont fixés comme objectifs de recenser, protéger, étudier les gravures préhistoriques et historiques des chaos gréseux du Massif de Fontainebleau. A la retraite, il décide de reprendre ses études et obtient le Master en préhistoire sous la direction de Denis Vialou. Il fait le point sur ces gravures que l'on connait un peu mieux depuis 30 ans. Beaucoup datent du Mésolithique (-7000 à - 5500 ans avant Jésus Christ), d'autres sont plus récentes. II essaie de camper le décor et de parler de ces hommes qui ont exécuté ces gravures. Elles restent bien mystérieuses à bien des égards et sont bien loin d'avoir livré leur signification et leur rôle dans la société de cette époque lointaine.

Salem BENCHIKH


Serge BENOIT

Le professeur Serge BENOIT enseigne à l'Université d'Evry. Il est membre de la Société d'Encouragement pour L'Industrie Nationale, fondée en 1805 par Chaptal avec l'appui de Bonaparte. Il a étudié l'histoire de l'entreprise Decauville, typique par son passage de l'agriculture à l'industrie, de la créativité du 19ème siècle. Propriétaire d'immenses terres agricoles autour d'Evry et de Corbeil-Essonnes, la famille Decauville est passée de la distillerie des betteraves à la construction mécanique, et aux constructions ferroviaires. Elle a contribué largement au développement du pôle industriel de Corbeil-Essonnes.

Aketani BENOUNA (1950)


Robert BERNARD

Robert Bernard est un enfant du quartier de la Papeterie Darblay bien qu'il n'y ait jamais travaillé; mais en famille comme chez les voisins de "la Cité" elle était au cœur de toutes les conversations de son enfance. A l'époque toute la vie de ce quartier était de fait ponctuée par la famille Darblay et cette entreprise. La rue de la Papeterie constituait un centre commercial très vivant où tous les commerces de proximité étaient présents. On faisait ses courses sur place et à la coopérative de l'entreprise pour les produits de première nécessité. Il avait 11 ans en 1944 quand un avion allié fut abattu en pleine nuit (est-ce celui qui est tombé rue de Gournay ?) et dont un moteur s'est écrasé sur le toit de l'ancien cinéma qui ne fonctionnait plus depuis longtemps mais dont il restait l'édifice en bois où il allait jouer avec les enfants du quartier. Un autre morceau de cet avion en feu était tombé sur les anciens fours à chaux. Au moment de la Libération il vit arriver dans la rue la 1ère jeep américaine à bord de laquelle se trouvait le frère d'Albert Mercier tué sur le quai Bourgoin et qui venait annoncer à ses parents qui habitaient le même immeuble la mort de son frère. Aujourd'hui, bien qu'ayant quitté depuis longtemps la rue de la Papeterie, du haut de la colline près de l'ancienne cheminée Darblay qui touchait le cimetière d'Essonnes Robert Bernard, tous les jours, regarde avec émotion les terrains de feue "La Paptrie", celle de son enfance, celle d'une autre époque.

Roger BERTHAUD (1944)

Né dans le Cher, il garde de bons souvenirs d'enfance dans la petite ferme de ses parents. Il n'obtient pas son certificat d'études, rentre comme apprenti-boulanger. Après son service militaire, il travaille chez Michelin, puis à la SNCF à Combs la Ville puis à Corbeil. Licencié, il travaille aux Grands Moulins à Corbeil, à la fonderie FACE à Essonnes ,etc… Pendant 12 ans, il a vécu dans la rue, passait ses nuits à voyager dans les trains avec ses compagnons " clochards comme lui ", entre Corbeil, Paris et Versailles. Il se nourrissait au Secours Catholique et prenait une douche une fois par semaine à la Croix Rouge de Corbeil. Depuis 2001, il demeure à la Sonacotra de Corbeil-Essonnes, mais ne garde pas un mauvais souvenir de ses 12 ans dans la rue. Cependant, il a été très soulagé quand une assistante sociale l'a fait rentrer à la Sonacotra.

Raoul BESNARD (1908)

Son père ayant été tué lors de la guerre de 1914-1918, sa mère doit élever seule ses 3 enfants. Raoul est l'aîné et aide beaucoup sa mère, notamment le dimanche quand elle va laver son linge dans la Seine. Lui-même commence à travailler à 12 ans, "formé sur le tas" chez Decauville où travaille sa mère. Responsable syndical à la CGTU puis à la CGT, il est très actif pendant les grèves de 1936. Après la guerre, quand le pont a sauté, il est un des principaux créateurs et animateurs de" La Commune Libre de la Rive Droite. "Retraité à St Pierre du Perray, il apprend aux enfants à réparer leur bicyclette, d'où son surnom de "Papy vélo".

Bernard BINVEL (1936)

Président de la Société Historique de Méréville, il est né à Méréville. Il raconte son enfance, son grand-père, les allemands pendant la guerre à Méréville, puis les américains au château. Il se rappelle des moissons, des sacs de 100 kg qu'il fallait monter au grenier par l'échelle, de la messe, des vêpres, de l'école. C'est l'instituteur qui, en lui prêtant des livres, lui a donné le goût de l'histoire. Ouvrier dans une entreprise de chauffage, il raconte son travail dans les fermes, l'odeur des animaux, le langage beauceron et plusieurs anecdotes concernant le château et le domaine. Il a été un très ardent militant pour que ce domaine soit sauvé et se félicite de son rachat par le Conseil Général de l'Essonne.

Margueritte BISSONNIER (1898 - 2000)

Elle raconte la construction de la maison par son père, uniquement avec des matériaux de récupération. Une enfance pauvre, élevée par sa mère, elle évoque ses souvenirs d'école, les différentes classes sociales chez les élèves. Les conditions de travail sont très difficiles. Mme Bissonnier a travaillé dans plusieurs usines aujourd'hui disparues: chapellerie Cassé, Testut, Doittau, Exona, et se souvient des guerres de 14-18 et 39-44. Elle n'a jamais pris de vacances.

Abel BLAIS (1922)

Abel Blais est né à Ivry-sur-Seine en 1922. Peu de temps après ses parents viennent habiter Moulin-Galant, à proximité de ses grands-parents, à qui il est confié. Il quitte l'école à l'âge de 14 ans pour entrer en apprentissage chez Decauville. A l'exode, en empruntant plusieurs trains, il atteint Cosne-sur-Loire où il est stoppé par les allemands déjà sur place. A son retour il finit par trouver un emploi chez Gilardoni. En octobre 1942, il tombe dans le piège du STO en retournant chez Decauville. Il est emmené de force en Allemagne, à Munich d'où il fini par s'évader. Il arrive à regagner la France mais il est repris à la frontière franco-suisse. En représailles et pour l'exemple il est interné trois mois à Dachau. Renvoyé à Munich, très affaibli, il est transporté anonymement dans un hôpital puis sous les bombardements, devient clandestin. Il sera libéré par les américains, le 6 juin 1945. De retour au pays, il travaille un temps à la petite fonderie (FACE), puis il se marie, et entre à L'ELECTRO-COMPTABLE. Après 34 années chez IBM, il se consacre à l'horlogerie et la musique. Il se souvient aussi du « Piccolo » de Villabé.

Pierre BLAIS (1926)

Son grand père et son père sont compagnons du Tour de France comme charpentiers. Préparateur en pharmacie, il continue ses études tout en travaillant et passe son bac. Il rentre à l'imprimerie Crété en 1950 et poursuit sa formation à l'école Estienne. En 1962, il devient professeur d'enseignement général à l'école professionnelle de Crété. Il y restera jusqu'en 1975 à la fermeture de l'école. Il nous parle de ses souvenirs de guerre avec le Père Letourneur, notamment de l'avion américain tombé à Corbeil et du bombardement d'aoùt 1944, dont il contribua avec un groupe de jeunes au dégagement des membres de l'équipage.

Pierre BLAIS (1926)

Son grand père et son père sont compagnons du Tour de France comme charpentiers. Préparateur en pharmacie, il continue ses études tout en travaillant et passe son bac. Il rentre à l'imprimerie Crété en 1950 et poursuit sa formation à l'école Estienne. En 1962, il devient professeur d'enseignement général à l'école professionnelle de Crété. Il y restera jusqu'en 1975 à la fermeture de l'école. Il nous parle de ses souvenirs de guerre avec le Père Letourneur, notamment de l'avion américain tombé à Corbeil et du bombardement d'aoùt 1944, dont il contribua avec un groupe de jeunes au dégagement des membres de l'équipage.

André BLIN (1945)

Sa famille s'installe à Saint-Pierre-du-Perray en 1951. Le village compte 500 à 600 personnes groupées autour de 4 ou 5 fermes. Les urbanisations nouvelles commenceront en 1970 et se développeront avec la ville nouvelle de Melun-Sénart. Souvenirs locaux : le château de Saint Pierre servait à entreposer les pommes de terre . Il se souvient du " tacot " petit chemin de fer de Corbeil. Travail chez Doittau aux Tarterêts, apprentissage sur le tas et cours à Paris trois fois par semaine et le samedi de 8 h à 21 h. Les cours se poursuivent pendant quatre ans et en 1966 il suit une formation au CNAM. Il passe contremaître en 1970. Carrière professionnelle suivie par M. Michel Ansart. En 1986 André Blin est responsable des poudres Quelyd, avec 30 personnes dans son service. Très intégré à l'entreprise Doittau, il est élu au Comité d'entreprise de 1970 à 1995. La cessation d'activité progressive de Doittau commence à partir de 1993 au moment de la prise de contrôle par AVB ; la chaîne de production moderne est partie en Hollande. En janvier 1995, il ferme définitivement la grille de l'usine.

Nicole BLIN (1945)

Arrive en 1946 à Saint-Pierre-du-Perray, alors dans un environnement largement rural. Elle est scolarisée à Saint-Pierre-du-Perray et Saint-Germain-lès-Corbeil. A la suite des nombreuses urbanisations dans la région, elle éprouve la nostalgie des champs. En 1964, elle rentre à l'entreprise Clarville, où elle travaille sur la chaîne des transistors et la chaîne des téléviseurs jusqu'en 1966. Les conditions de travail chez Clarville sont assez dures, les ateliers n'étaient ni acoustiquement équipés, ni climatisés.

Christiane BLONDEAU (1923)

Toute sa vie, Christiane BLONDEAU a habité Corbeil-Essonnes, nous dirons plutôt Essonnes. Elle est une des personnes qui habite depuis le plus longtemps, la rue Louis Robert. Elle se rappelle des voitures à cheval. Elle va en colonie de vacances aux Sables-d'Olonne. Elle nous parle de l'évolution du commerce à Essonnes. Elle se rappelle de la foire qui se tenait sur le Champ de Foire, à l'emplacement actuel du stade Louis Mercier. Elle nous raconte la vie de ce quartier que l'on connaît sous le nom de la Poudrerie.

Christiane BLONDEAU
Christian ROBLOU


Alain (Monseigneur) BOBIERE (1943)

Monseigneur Alain Bobière est vicaire général du diocèse d'Evry-Corbeil depuis 1990. Ordonné prêtre en 1973 il commença son ministère en Essonne à Massy. C'est en 1984 que Monseigneur Herbulot, alors évêque d' Evry, l'appella auprès de lui. La ville nouvelle étant alors en plein chantier et la question se posait de savoir comment l'Eglise y serait représentée. L'idée d'une cathédrale s'imposa, mais les difficultés à surmonter étaient énormes. Le père Bobière en fut la cheville ouvrière. Il réussit à fédérer toutes les énergies y compris 500.000 donateurs du monde entier qui firent en sorte que ce projet puisse se réaliser. Le chantier commença en juillet 1992 et se termina fin 1994. C'est Mario BOTTA, célèbre architecte suisse adepte du « clos » et du « cylindre tronqué » qui fut l'inspirateur de cette nouvelle cathédrale de la Résurrection. Elle figure désormais au patrimoine des meilleures réalisations architecturales du 20e siècle.

Gilbert BOISDE (1931)

Il arrive à Bures-sur-Yvette en 1957 et rentre au CEA. Il raconte les débuts de la recherche atomique et l'ambiance de cette époque. Il évoque le village de Bures-sur-Yvette en 1957 et de l'urbanisation naissante, la transformation du paysage par l'arrivée des établissements scientifiques et universitaires. Enfin il raconte la création de la ville des Ulis et les différentes options qui se présentaient alors.

Lucien BONNAFE (1924)

Psychiatre. Description de la vie asilaire avant la guerre. Il fallait couper les malades de leurs attaches. Beaucoup de préjugés à vaincre pour transformer les mentalités, rétablir le lien, la parole du patient. En 1970, il mène une première expérience aux Mozards à Corbeil-Essonnes."Pour la 1ère fois, je vois dans un établissement psychiatrique la flèche indiquant la sortie".Pendant la guerre il participe à la Résistance dans le Lot. Il rencontre les Surréalistes et de nombreux créateurs : Breton, Man Ray, Crevel, Tanguy, Picasso, Agnès Capri, Giacometti, Brauner, Max Ernst, Marcenac, Aragon et surtout Eluard qui fut son ami. Il suscite la création artistique chez le malade. Il est politiquement à gauche "qui, comme la psychanalyse n'échappe pas au sectarisme et à l'intolérance...".

Marcel BONNAVENTURE (1927)
Stéphane LITWIN

Marcel BONNAVENTURE, né à Corbeil-Essonnes a fait carrière chez DOITTAU de 1955 à 1983. Formé à l'Ecole Polytechnique de Vente, il devient chef de produit puis responsable des exportations et directeur des achats.

Léon et Madeleine BORTEYROU

Il fut directeur de l'école St Spire à Corbeil de 1932 à 1975. D'origine basque, d'une famille traditionnellement très catholique, il poursuivit sa vie scolaire, sportive et culturelle, dans le sillage de l'Eglise. Se découvrant la vocation d'enseignant, c'est tout naturellement vers l'école catholique qu'il se tourne. A l'époque, les tensions issues de la séparation de l'Eglise et de l'Etat ne sont pas encore apaisées et la situation financière est particulièrement précaire. Léon Borteyrou raconte son vécu d'avant la guerre, pendant la guerre et après guerre et évoque les changements issus des évènements de Mai 1968.

Fernande BOUCHOLTZER (1918)

La famille de Mme Boucholtzer comptait quatre filles et trois garçons. Ils sont venus de Normandie à Villabé en 1928 pour trouver du travail à l'usine Darblay. Les ouvriers étaient logés à la cité Darblay, où chaque logement avait un jardin. Les enfants allaient à l'école de la papeterie. Les apprentis étaient formés sur place. Mme Boucholtzer a travaillé chez Darblay de 1931 à 1976. Malgré le travail difficile et le peu de congés, elle en garde de bons souvenirs. Elle a connu le travail à la main, la modernisation (35-36), puis la baisse de l'activité.

Jean BOUISSOU (1920)

Il passe son enfance à Moulin-Galant, son père étant gardien de la papeterie Darblay. Il évoque ses souvenirs d'enfance dans la propriété Darblay,et son parcours de résistant et de militaire pendant la 2ème guerre mondiale. Dès l'appel du Général De Gaulle, en juin 1940, il décide de le rejoindre. Pris par les Allemands, il est condamné à mort et finalement gracié. Cela ne l'empêche pas de rentrer dans la Résistance, d'abord à Moulin Galant, mais surtout en Bourgogne où il sera chef de groupe d'un maquis.Il participera à plusieurs opérations armées. A nouveau repris par les Allemands, il échappe de très peu à l'exécution capitale.

Marcel BOULARD (1920)

Agriculteur sur Corbeil-Essonnes et Evry, il évoque les histoires et anecdotes de la production de fruits dans la région parisienne. La vigne est remplacée par les vergers au début du siècle. Enfance à Courcouronnes (la mairie occupe la ferme de son père). Evocation d'une ferme avant la guerre de 194O. Plantation des arbres fruitiers. Evolution technologique du tracteur, des engrais. Une production accrue au détriment de la qualité. A Corbeil-Essonnes le silo, les réparateurs d'engins agricoles, le maréchal ferrant, le bourrelier. Les expropriations et la création de la ville nouvelle d'Evry, finalement choisie après d'autres projets.

Musée de BOURAY sur JUINE

Le musée de BOURAY sur JUINE ouvre en 1989. Il rassemble plus de 3500 outils de la région de Bouray et des environs et a reçu jusqu'à 1800 visiteurs en 2005. Il retrace la vie des agriculteurs de cette région située en limite du Hurepoix, du Gatinais et de la Beauce. Mme DEMAZET est arrivée comme institutrice en 1963. Elle a connu la disparition progressive des fermes et la transformation de la commune en village " dortoir ". Le Musée permet de transmettre la connaissance de ce patrimoine rural.

Pierre BOURDELEAU (1924)

Il est né dans une famille installée depuis longtemps dans la région de Corbeil, un de ses trisaïeuls, né en 1815, était maître compagnon charpentier à Corbeil, et un de ses bisaïeuls palefrenier au château du Perray. A 90 ans, son père disait " il faut se cultiver ".En 1943 réquisitionné pour le STO au Pouliguen (44). En octobre 1944, il se retrouve dans la poche de Saint-Nazaire. En février 1945 il revient à Corbeil. Nombreuses activités dans des mouvements de jeunesse (Chantre diocésain, Jeunesse ouvrière chrétienne, scoutisme). Contacts avec des animateurs pleins d'allant et le clergé local. Chantre titulaire de Saint-Germain-lès-Corbeil, " Chanter c'est prier deux fois ".En 1945, il devient fonctionnaire de police (Juvisy, Corbeil, Evry) spécialisé dans le travail de voie publique et de police de proximité. A Corbeil, il y avait 36 gardiens de la paix et 4 gradés. En mars 1972 chargé de la sécurité des chantiers de la ville nouvelle d'Evry. M. Bourdeleau relate aussi de nombreuses anecdotes de la vie à Corbeil (patois de la ville d'Essonnes).

Tayeb BOUTEMEDJET (1950)

Son père a eu 3 femmes, 5 garçons et 9 filles. Il a participé à la guerre 1914-1918 et à celle de 1939-1945. Son frère aîné, qui travaillait en France, n'arrive pas à le persuader qu'il doit rester en Algérie. Il arrive en France à Marseille puis à Paris en 1972. Marié avec 6 enfants, il a longtemps travaillé comme chauffeur-livreur à Periodic brochage à Corbeil-Essonnes. Il parle avec beaucoup d'intérêt de la famille, du statut de chacun, du rôle du père, de la mère et du respect qu'on leur doit jusqu'à leur mort. Il attend la retraite pour retourner en Algérie. Il se sent parfois très seul et dès qu'il le peut, il téléphone en Algérie et pour lui c'est un bonheur quand il y va. Il ne veut pas que ses enfants viennent en France. Il est à la Sonacotra de Corbeil-Essonnes depuis 1984.

Michel BRETEAU (1929)

Michel Breteau appartient à une famille de bouchers. Son père entra en apprentissage à Corbeil, rue Notre-Dame à 12 ans en 1909. C'est en 1924 qu'il acheta " La Boucherie de la Prairie " rue Féray. Michel commença son apprentissage à Dourdan en 1945 et reprit la boucherie familiale en 1960, avant que son fils Thierry ne poursuive la tradition jusqu'en 2010.A travers son témoignage Michel Breteau évoque la tradition et l'évolution d'un métier exercé à Corbeil-Essonnes par trois générations d'une famille pendant un siècle.

Claude BRETEAU


Claude BRETEAU


René et Germaine BRETON

Artisan, monteur en bois, ce fut un des derniers de la région parisienne. Il s'agit, pour le fusil de chasse, de fabriquer et d'adapter aux parties métalliques la crosse et le devant. Il n'y avait pas d'école, il fallait se former sur le tas. Plus tard, M. Breton a travaillé le formica et a décoré sa cuisine et certaines pièces de sa maison avec ce matériau. Cela donne un résultat très surprenant et très original.

Régine BRICOUT

La famille Poirel habitait dans un bâtiment d'une ancienne ferme rue St-Spire. L'humidité ambiante occasionnait de nombreux ennuis de santé. Sur le conseil du médecin, on décida de déménager. Son père avec quelques pionniers décidèrent en 1950 de s'entraider et de construire ensemble 22 pavillons à Montconseil selon le principe de l'association des ''CASTORS''. Dès 1952-1953 le sous-sol est déjà construit et la famille Poirel s'y installe. Les 22 pavillons sont tous terminés entre 1956 et 1960. Régine Bricout raconte aussi son enfance à Montconseil au milieu des champs. « Nous étions à la campagne, et régulièrement j'allais cueillir des fleurs que j'offrais à la maîtresse ».

Jacques BRIMANT (1935)
Jean SAUTER

Jacques Brimant est entré en 1950 chez Monoprécis, entreprise familiale de 49 ouvriers, fondée par M. Malacrida, qui fabriquait des machines outils, spécialement pour l'imprimerie Crété. En raison de son âge, il a quitté Monoprécis pour la SNECMA en 1981 et y est resté 11 ans. Il a dû alors s'adapter à de nouvelles méthodes de travail grâce à l'appui d'un compagnon.
Jean Sauter est né à Corbeil et est entré en 1949 chez Monoprécis où il est resté pendant 48 ans. Il y a effectué différents métiers: raboteur, fraiseur, tourneur, ajusteur, monteur, peintre. Il s'est formé "" sur le tas "" mais a suivi également des cours du soir à l'école J. Bourgoin où il a obtenu un CAP général. Le travail était très dur, les horaires très contraignants (49 h/semaine, quelquefois 54 h et même 60h), les normes de sécurité étaient bien inférieures à celles qui sont exigées aujourd'hui mais il régnait une très grande solidarité entre les ouvriers et la direction était ouverte au dialogue. L'entreprise qu'il a été le dernier à quitter a fermé en 1995 pour difficultés de trésorerie.

Christian BROGUET (1943)

Scolarisé à l'école Jacques Bourgoin à Corbeil. A la fin de la 3ème, il est reçu à l'école professionnelle de l'Imprimerie Crété où travaille son père. Sa formation dure 4 ans (1957-1961). Il raconte son vécu d'élève apprenti, recevant à la fois une formation générale et technique, mais dans la réalité d'une vie d'entreprise au quotidien. Comme la plupart des anciens élèves de chez Crété, tout au long de son parcours professionnel il assumera des postes de hautes responsabilités techniques aussi bien dans l'Edition que dans la Presse.

Geneviève BROUCHON (1914 - 2003)

Pionnière du scoutisme à Amiens en 1930, puis à Corbeil en 1932. Elle se bat pour que les jeunes filles soient reconnues à l'égal des garçons. Mariée, elle crée avec son mari le Cours St Jean que tout le monde à Corbeil-Essonnes appelle le Cours Brouchon. C'est le seul établissement dans la ville qui alors prépare aux grandes écoles et permet de passer le bac sur place. Elle évoque le château de Chantemerle dans lequel était établi le Cours Brouchon, qui a compté jusqu'à 200 élèves. Il a fermé en 1975, soit 35 ans après sa création en 1940.

Camille BRUNEAULT (1950)

C'est en Février 1955 que Camille Bruneault arriva à Corbeil-Essonnes venant du Bugey que sa famille dut quitter pour des raisons économiques. La France manque alors cruellement de logements. L'année d'avant, au cours de l'hiver 1954 l'Abbé Pierre avait lancé son célèbre appel de "L'insurrection de la Bonté" en faveur des sans-logis. A Corbeil-Essonnes, 50 logements répartis en 8 blocs sont hâtivement construits. La plupart ont une seule pièce de 25m2 abritant des familles avec plusieurs enfants. Sans aérateurs, l'humidité constante engendre angines et rhumatismes et le papier peint se décolle. Quand on habite "les cités d'urgence, on ressent en permanence le poids de l'humiliation, car pour certains habitants du centre ville nous étions la racaille". Vers 1957, on voit construire les premiers bâtiments "les Gris", puis les HLM vers 1958, "les briques rouges" vers 1960. "Enfin en Juillet 1962 nous avons eu un logement dans les Jaunes. C'est en 1972 que j'ai quitté Montconseil".

Marceline BRUNELLO (1913)
Lyvia CERVO

Les ITALIENS de GRIGNY. Marcelline Brunello est née en 1913 à Grigny, de parents italiens arrivés en France en 1936, elle épouse un italien qui travaillait aux carrières Picketty. Un chef de l'entreprise allait chercher des ouvriers en Italie. Leur voyage pour venir en France leur était remboursé au bout de 6 mois. Elle a travaillé dans différentes usines installées à Ivry, Ris-Orangis et Juvisy. Elle a vécu la transformation de Grigny de campagne à la ville de banlieue.
Lyvia Cervo, née en 1927, évoque le souvenir des familles italiennes venues travailler à Grigny (surnommée la petite Italie), dans l'entreprise Picketty qui exploitait dans la région des carrières de sable et de pierre meulière. Son père est arrivé en France à 18 ans en passant les Alpes à pied. La cantine Cervo accueillait les Italiens célibataires qui y mangeaient et y dormaient. Cette cantine était une grande baraque en bois, à la fois pension, cantine, café, où l'on jouait aux cartes et aux boules. La devise des Italiens était "" pas un sou en poche, toujours bien habillé, toujours chanter "". Le travail de terrassier était très dur, il fallait dégager 1 m à 1,5 m avant d'atteindre la meulière. Seul le dimanche était jour de repos. Le père de Mme Cervo se disait français.

Marguerite-Marie CADOT

Le commerce à Corbeil et à Essonnes du Moyen Age à nos jours - Conférence de Marguerite-Marie CADOT à la Médiathéque Chantemerle de Corbeil-Essonnes le 12 mai 2012.

Jean CADOT (1908 - 2002)

Scolarité à l'école St Paul à Angoulême où François Mitterrand a fait également ses études,il raconte plusieurs anecdotes le concernant. Il évoque ses maîtres. Dès 1973, il reprend une petite association "A votre service" qui deviendra l'A.S.A.D (Association Aide à Domicile) et qui va connaître une très grande expansion au service des personnes qui ont besoin d'aide.

Jean CARPENTIER (1934)

Il arrive à Saintry à l'age de 4 ans. A cause de la débacle de 1940, il passe 6 mois dans les Deux Sèvres. En 1941 il rejoint Corbeil et habite rue du 14 juillet. Son enfance et son adolescence se déroulent au rythme de ce faubourg qui peut se comparer à un village où tout le monde se connaît. En plus il faut dire que depuis août 1944 ce quartier est complètement isolé du centre ville. La circulation automobile ne sera rétablit que fin 1945. En 1948 il entre à l'Ecole d'Apprentissage de l'Imprimerie Crété. Sa mère décède en 1950, il prend pension dans un petit hôtel, rue St Spire. Toute sa carrière se déroule dans l'imprimerie. Il nous explique l'évolution de cette profession qu'il quittera en 1990.

Henry CARRE (1929)

Henry Carre, né en 1929, est embauché chez IBM, usine de Corbeil-Essonnes, en 1952. Il se rappelle la mise au point du 1er ordinateur construit en France à Corbeil-Essonnes en 1955. Puis, il retrace l'extraordinaire essor du groupe IBM qui, entre les deux guerres, vendait des balances de boucherie, des tranchoirs, des moulins à café, des horloges de pointage et des tabulatrices à cartes perforées. Monsieur Callewaert, qui fut le premier directeur de l'usine d'Essonnes, lui a raconté comment le fondateur d'IBM, Thomas Watson, a préféré le site d'Essonnes pour établir en France la grande usine IBM qui comptera jusqu‘à 4500 collaborateurs. Il explique la politique d'IBM très originale aussi bien sur le plan commercial que technologique et social. Depuis 1999, le site IBM est occupé par Altis Semiconductor , coentreprise associant IBM Microelectronics et Infineon Technologies (Siemens).

Marcel CASSE (1901 - 1997)

Son grand-père Léon Cassé est maire d'Essonnes. Ancien industriel, fabricant de chapeaux et de machines à faire les chapeaux. Sa famille est à Essonnes depuis 1820. La chapellerie Cassé a connu son plus grand essor avant 1914. Son apprentissage dure pendant 6 ans après les 3 années passées à l'école Centrale. Il donne des précisions techniques sur les différents types de chapeaux, et décrit l'ambiance à la chapellerie. Il évoque la Libération en 1944, à laquelle il a activement participé, et parle du tissu économique, industriel, artisanal, qui était très performant à Corbeil-Essonnes.

Paulette CAVAILLER (1924)

Paulette Cavailler est née en 1924. Son grand père, d'origine lorraine, a fait 14 ans de service militaire! "Il avait tiré le mauvais numéro" et fait 7 ans de plus à la place d'un autre. Arrivé à Essonnes, on le traite de prussien. Les parents de Mme Cavailler sont commerçants (beurre, oeufs, fromage) à Essonnes. Bonne élève, elle rentre à l'école des Chartes en novembre 1944 dans des conditions difficiles dues aux restrictions très sévères. Elle évoque l'ambiance du lycée Henri IV pendant la guerre, la réaction et les loisirs des jeunes, partagés entre Pétain et De Gaulle. Le 2 Mai 1968, elle est nommée Directrice des Archives Départementales de l'Essonne. Tout est à créer et les débuts sont pittoresques et difficiles. Retraitée en 1984, elle continue de s'occuper activement de la Société Historique.

CEREMONIE du 11 Nov.2003

CEREMONIE du 11 Nov.2003

Cornélie CERVO (1921)

Les ITALIENS de GRIGNY. Cornélie Cervo est née en 1921 à Posina (Italie), village montagnard et boisé mais son père travaillait déjà en France depuis l'âge de 16 ans chez Piketty à Grigny. Au bout de 20 ans, sa mère est repartie en Italie mais son père est resté en France. Après l'école qu'elle a quittée à 12 ans, elle a travaillé chez un charbonnier à Vanves, un boulanger à Morsang s/Orge et un maraîcher à Ste Geneviève des bois. Elle retourne maintenant chaque année en Italie.

Lyvia CERVO (1927)

Les ITALIENS de GRIGNY. Cornélie Cervo est née en 1921 à Posina (Italie), village montagnard et boisé mais son père travaillait déjà en France depuis l'âge de 16 ans chez Piketty à Grigny. Au bout de 20 ans, sa mère est repartie en Italie mais son père est resté en France. Après l'école qu'elle a quittée à 12 ans, elle a travaillé chez un charbonnier à Vanves, un boulanger à Morsang s/Orge et un maraîcher à Ste Geneviève des bois. Elle retourne maintenant chaque année en Italie.

Claude CHAILLOU (1941)

Claude Chaillou, né en 1941, est employé chez Crété de 1956 à 1973, militant communiste depuis 1963. En 1968 il est élu conseiller municipal. Père carrier. Sa mère tenait un café, nombreux souvenirs de contacts avec les gens, grâce au café. Activité communiste à l'intérieur de l'entreprise Crété, notamment à l'atelier d'hélio. M. Chaillou fait état de la crise politique à la sortie de la période stalinienne (intervention à Prague). Il remarque un décalage d'opinion entre le journal l'Humanité et les gens de l'entreprise. Chez Crété 1700 personnes sur 2000 salariés sont inscrits à la C.G.T. En 1968 pas encore d'inquiétude sur l'avenir de l'entreprise. Il quitte Crété fin 1973.

Jean-Claude CHAPET

Retraité de la SNECMA-Villaroche, il est passionné de chemins de fer et il fait partie de l'Association du Musée Decauville. Beaucoup d'anciens de Decauville (mécaniciens, chaudronniers, tourneurs, fraiseurs) ont été embauchés à la SNECMA-Villaroche. M. Chapet a travaillé à la restauration d'une dizaine de wagonnets Decauville. Il a collaboré avec des jeunes d'un collège professionnel d'Evry à la rénovation d'un wagon Decauville.

Lucette CHARBONNIER (1928)
Monique BOUARD

La famille Bouard a tenu le garage ""Bel Air"" de 1927 à 1978 situé sur la RN7, aujourd'hui boulevard Kennedy à Essonnes. Il fallait être disponible de 8h du matin à 22 heures y compris pendant les repas pour distribuer l'essence. Madame Lucette Charbonnier née Bouard est l'ainée des 4 filles. Elle se souvient de l'exode, de la guerre, de la libération et de l'ambiance du quartier du Pressoir-Prompt qu'elle n'a jamais quitté. Sortant de l'école PIGIER, elle rentre chez Decauville en 1947 qui emploie alors 1000 personnes. Elle y restera 17 ans avant de renter à la SNECMA.
Monique Bouard, la plus jeune des filles raconte l'ambiance de la très prospère ""Electro-comptable"" devenue ""IBM"" où elle a travaillé toute sa vie.

Daniel CHENAL (1941)

Il est né à Corbeil en 1941. Son père a travaillé chez Crété et Decauville. Il est entré à 14 ans à l'école d'apprentissage de l'entreprise Testut où il a obtenu un CAP d'ajusteur. Il est resté 46 ans dans cette entreprise qui fabriquait alors des balances mécaniques (800/mois en 1950), puis ensuite du matériel de pesage électromécanique devenu électronique à partir des années 1970. Mais cette évolution technologique s'est avérée défavorable à l'entreprise qui employait alors entre 400 et 500 personnes à Corbeil (1 000 environ en y incluant le siège social et les agences). L'usine de Corbeil a fermé en 1972 et la production a été transférée à Béthune. L'entreprise qu'il a quittée en 2001 comme directeur technique a été absorbée en 2002 par un groupe international.

Claude et Paulette CHOFFAT (1925)

Claude est né à Corbeil en 1925 où son père travaillait à l'imprimerie Crété. Il a effectué sa scolarité à l'école J. Bourgoin. Il commence à travailler comme manœuvre dans l'atelier de photo chez Crété puis à 17 ans il entre dans la briqueterie Gilardoni qui employait une majorité d'ouvriers d'origine italienne et où le travail était très dur. Retour chez Crété jusqu'en 1992 d'abord comme secrétaire aux machines puis comme secrétaire d'atelier à l'usine d'Evry. La musique l'a beaucoup occupé: il jouait de la trompette, du banjo et du hautbois dans des orchestres qui se produisaient dans les bals et les défilés.
Paulette, née en 1921, a suivi sa scolarité à l'école professionnelle de Crété. Elle a travaillé aux Grands Moulins puis jusqu'en 1978 à l'imprimerie Crété.

Thierry CITRON (1953)

Il est né à Maisse en 1953 où ses parents exploitaient une ferme d'une centaine d'hectares avec une moissonneuse batteuse, 6 chevaux, 8 vaches et des volailles. Il ressent le mépris des gens de la ville à l'égard de ceux de la campagne. Très tôt, il remarque les différences de langage et de prononciation entre la Beauce et le Gâtinais. Contrairement aux traditions du monde rural, sa famille est " de gauche " et anticléricale. Il crée le Salon rural de peinture en 1973 à Maisse et fait de la peinture sa profession. La campagne et la musique sont ses sources d'inspiration.

Thierry CITRON (1953)

Il est né à Maisse en 1953 où ses parents exploitaient une ferme d'une centaine d'hectares avec une moissonneuse batteuse, 6 chevaux, 8 vaches et des volailles. Il ressent le mépris des gens de la ville à l'égard de ceux de la campagne. Très tôt, il remarque les différences de langage et de prononciation entre la Beauce et le Gâtinais. Contrairement aux traditions du monde rural, sa famille est " de gauche " et anticléricale. Il crée le Salon rural de peinture en 1973 à Maisse et fait de la peinture sa profession. La campagne et la musique sont ses sources d'inspiration.

Albert CLEMENT (1913 - 1999)

Il raconte ses souvenirs du bombardement en 1918 du cloître St Spire et de la place du marché. Il est le créateur de plusieurs foires: Corbeil-Essonnes en 1949, puis Athis-Mons, Villeneuve-St-Georges, Milly, Villeneuve-le-Roi. Il évoque les loisirs (les bals, les cinémas, les fêtes foraines) , et les bagarres entre jeunes. Il parle aussi du cléricalisme et de l'anticléricalisme.

Roger COMBRISSON (1922 - 2008)

Hommage à Roger COMBRISSON le 23 février 2008

Roger et Denise COMBRISSON (1922 - 2008)

Denise Caen-Combrisson, d'origine juive, sa famille était installée en France depuis plusieurs générations. Son grand-père arrive à Corbeil à la fin du 19ème S. et devient commerçant. Au moment de la guerre, elle est privée de travail, le commerce de ses parents est fermé sur ordre des autorités. Son père et son frère résistant ont été déportés et sont morts en déportation comme la moitié de sa famille. Madame Combrisson parle de l'antisémitisme qu'elle a vécu dans notre ville pendant la guerre 1940-1945.
Roger Combrisson, ancien député, maire de Corbeil-Essonnes, M. Combrisson lit un texte de 13 minutes qu'il a rédigé sur la déportation. Interné au camp de FLOSSENBURG, près de la frontière tchécoslovaque, il relate comment il a échappé à la mort par miracle dans des conditions inhumaines.

COMMANDERIE SAINT-JEAN

Manifestations à la Commanderie Saint-Jean de Corbeil-Essonnes

Jean-Marie CONTY (1904 - 1999)

Jean-Marie Conty est né en août 1904 dans une famille apparentée aux Darblay (Darblay l'Aîné a épousé Louise Conty). Son grand-père, dit « bras d'acier » est minotier. Son père est un diplomate français dont les affectations successives donneront au jeune Jean-Marie le goût des horizons lointains.
Comme son père, Jean-Marie Conty est polytechnicien, promotion 1924. En 1926, il effectue sa 3ème année « militaire » dans l'aviation où il côtoie Yves du Manoir autre grand sportif comme lui.
Et c'est tout naturellement qu'il entre en 1927 à l'Aéropostale qui vient d'être créée. Il y rencontre Antoine de Saint-Exupéry puis Jean Mermoz avec lesquels il se lie d'amitié. Puis il est chargé de mission à Air France pour l'Iran, la Chine et l'URSS.
Par la suite, il sera tour à tour, conférencier, journaliste, professeur, homme de théâtre, voyageur, écrivain. Il aura ainsi l'occasion de rencontrer de nombreuses personnalités comme Louis Armand, son ancien condisciple de l'X, Didier Daurat, Joseph Kessel, André Gide, Jean Prévost, Marc Allégret, Orson Welles….

Jean-Marie CONTY (1904 - 1999)

"Jean-Marie Conty est né en août 1904 dans une famille apparentée aux Darblay (Darblay l'Aîné a épousé Louise Conty). Son grand-père, dit « bras d'acier » est minotier. Son père est un diplomate français dont les affectations successives donneront au jeune Jean-Marie le goût des horizons lointains.
Comme son père, Jean-Marie Conty est polytechnicien, promotion 1924. En 1926, il effectue sa 3ème année « militaire » dans l'aviation où il côtoie Yves du Manoir autre grand sportif comme lui.
Et c'est tout naturellement qu'il entre en 1927 à l'Aéropostale qui vient d'être créée. Il y rencontre Antoine de Saint-Exupéry puis Jean Mermoz avec lesquels il se lie d'amitié. Puis il est chargé de mission à Air France pour l'Iran, la Chine et l'URSS.
Par la suite, il sera tour à tour, conférencier, journaliste, professeur, homme de théâtre, voyageur, écrivain. Il aura ainsi l'occasion de rencontrer de nombreuses personnalités comme Louis Armand, son ancien condisciple de l'X, Didier Daurat, Joseph Kessel, André Gide, Jean Prévost, Marc Allégret, Orson Welles…."

Marcel CORD'HOMME (1910)

Marcel Cord'homme est né en 1910. Agriculteur, sur ses terres s'élève aujourd'hui la ville nouvelle des Ulis. A la place du centre Boris Vian, il installait ses meules de paille. Souvenirs d'enfance à Bures-sur-Yvette. Conseiller municipal puis maire de Bures au moment de l'expropriation de ses terres. Vers 1940 on compte environ 15 cultivateurs sur Bures (surtout la fraise). Début d'un nouvel urbanisme à partir de 1923.Il évoque les différents projets avant la création de la Ville Nouvelle et réfléchit aujourd'hui sur le choix fait.

Mme COSSON
Suzanne FAURE


Michel COSSON (1939)

Entraîneur national de basket, il croit d'abord et avant tout aux valeurs pédagogiques et morales du sport. Quand il arrive à Corbeil-Essonnes en 1971, le Palais des sports est en construction. Il en devient le premier directeur comme de l'ensemble des installations sportives couvertes et extérieures de la ville. Pendant 30 ans jusqu'à son départ en retraite en 2001 il fut un animateur sportif reconnu par tous. Il est notamment à l'origine de l'arrivée à Corbeil-Essonnes de la GRS devenue GR (gymnastique rythmique) dont le tournoi du mois de Mai dans la ville compte parmi les plus importants du monde.

Blanchisserie Château de COURANCES


Françoise et Guy COUSSOT

Françoise Coussot. Les parents de Françoise Coussot sont d'origine italienne arrivés en France en 1920 et à Essonnes vers 1933-35. Elle a été à l'école des Tarterêts, rue Emile Zola. Les classes avaient environ 42 à 45 élèves. Elle en garde le souvenir d'une école très moderne pour l'époque. La rue Emile Zola n'est pratiquement habitée que par les employés de la S.N.C.F et le personnel de Gilardoni. Le confort du logement est minimum mais l'ambiance du quartier est joyeuse et conviviale. Elle parle des "" bois de Gilardoni "" et de tout ce quartier des Tarterêts avant la construction des tours. Son père travaillait à la tuilerie-briqueterie Gilardoni où le travail est particulièrement dur. Il a fait plusieurs postes : charretier pour le transport de la glaise et de la meulière, mais aussi au four dont la température atteint 1200 degrés. De cette chaleur, il faut aller dans la cour pour stocker les tuiles où en hiver la température est souvent négative. En 1969, après avoir travaillé chez Testut elle reprend le commerce de charbon de ses beaux-parents rue d'Angoulême. Elle le tiendra jusqu'en 1978. Elle raconte les "" coulisses"" de ce métier particulièrement dur, surtout pour une femme. Les variétés et les qualités des charbons sont nombreuses, la mise en sac et la livraison sont pénibles et salissants et les journées interminables. Assez rapidement le gaz et le fuel remplacent le charbon, mais d'autres inconvénients apparaissent. Avant 1974, il y avait 7 charbonniers à Corbeil-Essonnes. Avec la récession de 1974 elle décide de se reconvertir dans la graineterie et les fleurs, mais là encore les journées sont bien longues car il faut dès 4 heures le matin aller aux halles plusieurs fois par semaine avant de se rendre aux différents marchés de la région. C'est en 2002 qu'elle prend sa retraite.
Guy Coussot. Toute l'enfance de Guy Coussot a tourné autour du charbon rue d'Angoulême. Bien entendu enfant, il participe très vite au travail de l'entreprise : criblage, remplissage des sacs, chargement sur le camion, livraison. Il apprend à conduire avec son père sur le P45, camion de 5 tonnes avec lequel on fait les livraisons. Il faisait aussi "" la chine "" au dépotoir à Mignon "" à Montconseil où les gens démunis habitaient des cabanes en tôle chauffées par un poêle "" Nous passions tous les jours, et je vois encore les femmes un billet de 5 francs à la main acheter un peu de charbon. ""Sa mère tenait un café rue de Paris et il se souvient de plusieurs souterrains dans les caves des commerçants d'Essonnes. Travaillant à l'extérieur, en rentrant chez lui, bien souvent il assurait la livraison, et ceci parfois bien tard dans la nuit.

Charles CREMER (1929)

Il est né en 1929 à Thionville (Moselle).et sa famille arrive à Corbeil en 1929.Après des études à l'école J. Bourgoin et à l'école de la SNCF, il obtient un CAP d'électricien et d'ajusteur et entre en 1951 chez IBM qui employait à l'époque 4 500 personnes. Elu meilleur ouvrier de France, il devient ingénieur. Le travail, intense, d'inspiration nord-américaine, était très encadré de façon assez paternaliste mais bien payé, et les activités sportives étaient favorisées. Le personnel de l'usine de Vincennes a été rapatrié à Essonne en 1960. Peu à peu le matériel est passé de l'électromécanique à l'électronique. De nouvelles usines ont été créées à Montpellier, Orléans et Bordeaux.

Jacques CROIXMARIE (1920)

Il est né en 1920. Ingénieur des travaux publics de l'État, il arrive à Corbeil en 1947 avec la mission de reconstruire les ponts détruits et notamment celui de Corbeil. Il nous livre son témoignage sur ce chantier qui débute en 1952. Les matériaux sont encore rares, les moyens dont il dispose sont parfois très modestes. Les techniques employées ne sont pas celles d'aujourd'hui. Le pont est finalement inauguré en toute hâte en janvier 1954, car la passerelle provisoire en bois présente quelques risques. Nous disposons d'un film sur la construction de ce pont.

Robert DAGUET (1943)
Thierry CITRON

Robert Daguet est né à Nanteau s/Essonne en 1924. Très jeune, il est intéressé par le matériel militaire américain mais aussi agricole car ses parents, agriculteurs, exploitent une cinquantaine d'hectares à Coudray. Il a 9 frères et sœurs. En 1953, il perd son bras droit, à la suite d'une morsure de cheval. Avec sa femme, rencontrée par annonce dans France-dimanche, il reprend la ferme familiale et ont 4 enfants devenus ingénieurs. Ses loisirs sont les bals le dimanche après midi.
Thierry Citron est né en 1953 à Maisse où ses parents exploitaient une ferme d'une centaine d'hectares avec une moissonneuse batteuse, 6 chevaux, 8 vaches et des volailles. Il ressent le mépris des gens de la ville à l'égard de ceux de la campagne. Très tôt, il remarque les différences de langage et de prononciation entre la Beauce et le Gâtinais. Contrairement aux traditions du monde rural, sa famille est "" de gauche "" et anticléricale. Il crée le Salon rural de peinture en 1973 à Maisse et fait de la peinture sa profession. La campagne et la musique sont ses sources d'inspiration.

Guy DAMPIERRE (1938)

Né en 1938, Guy raconte son enfance pendant la guerre. Une éducation très stricte, un père officier d'active qui n'accepte pas l'Armistice et ne rentrera qu'en 1944. «J'avais 6 ans, un jour j'ai vu arriver un monsieur à la maison que je ne connaissais pas, c'était mon père». Appartenant à une famille aristocratique parmi les plus anciennes de France «cependant mes parents étaient tout, sauf riches». «A la maison on ne parlait que chevaux, mon grand-père et mon père étaient d'excellents cavaliers». Sorti de l'école HEC, il se retrouve lieutenant en Algérie en Avril 1961, à la tête d'un peloton à cheval de 30 hommes. Il vit les dernières années de la présence française en Algérie, avec les drames et difficultés de l'époque. Dans une embuscade, il perd 7 de ses hommes et plusieurs sont blessés. En un deuxième temps, à Alger, il s'occupe du rapatriement des ''Pieds noirs'' et se souvient de leur angoisse «est-ce-que nous allons être bien reçus?». C'est une période difficile, dont il garde un bien triste souvenir. Revenu en France, il occupera plusieurs postes de direction chez plusieurs éditeurs parisiens avant de créer sa propre maison d'édition.

Stanislas DARBLAY (1911 - 2000)

On connait la famille Darblay depuis le 17ème siècle dans la région d'Étampes. Tour à tour savetiers, maquignons, aubergistes, maîtres de poste, puis industriels en 1830 , en prenant la gérance des Grands Moulins de Corbeil , qui vont devenir les premiers moulins de France et en 1867 en reprenant à Essonnes une papeterie en faillite qui, 10 ans plus tard, sera la plus importante d'Europe, occupant une surface d'environ 50 ha en comptant Echarcon, les Tarterêts et Chantemerle.

André DARMAGNAC (1938)

André Darmagnac est né en 1938. Ses origines se situent dans le Gers où ses parents sont agriculteurs. Il nait en 1938 et son enfance est réglée par le rythme des saisons et des travaux de la ferme : labours, semis et récoltes. Il n'envisage pas son avenir de cette façon et entreprend des études, qui seront perturbées par un grave accident de santé. De Toulouse en passant par Grenoble, sa vie étudiante aboutit à Paris où il prépare l'agrégation. Il soutient sa thèse en 1967. Le sujet est le développement et l'évolution d'une agglomération. Il choisit Corbeil-Essonnes où il arrive en 1962. C'est l'époque de la naissance des villes nouvelles, et plus particulièrement celle d'Evry. Il nous parle longuement de cette époque très importante pour l'avenir de cette région.

Mme DARNIL (1912)

Madame Darnil, née en 1912, reprend en 1934 avec son mari un salon de coiffure dans la rue du Pont à Corbeil. Elle nous parle de la clientèle variée, de l'ambiance du salon (hommes et femmes) et de la Rive Droite considérée comme "le parent pauvre de Corbeil". Quand on habitait la Rive Droite, on savait que "aller à Corbeil" signifiait passer le pont. Les femmes avaient presque toutes les cheveux longs et portaient presque toutes le chapeau: il fallait adapter la coiffure. Les femmes ne coiffaient pas ou peu. La femme du coiffeur accueillait la clientèle et recevait les représentants en parfumerie. Aujourd'hui, elle nous parle de l'évolution de ce métier.

Serge DASSAULT (1925)

Ancien Maire de Corbeil-Essonnes, Serge Dassault est né en 1925. Sa famille, d'origine juive, est persécutée pendant toute la guerre. Connaissant la renommée de son père, industriel de l'aviation, les allemands dès leur arrivée en France lui proposent de travailler pour eux. Devant son refus, il est emprisonné dès octobre 1940 et sera inquiété pendant toute la guerre. En avril 1944, persistant dans son refus de travailler pour l'Allemagne, Marcel DASSAULT est arrêté avec toute sa famille au fort de Montluc à Lyon. Sa femme et ses deux fils sont transférés au camp de Drancy. A son tour, il arrivera à Drancy et partira en déportation à Buchenwall par le dernier convoi de Drancy. Serge Dassault, sa mère et son frère seront délivrés quelques jours après lorsque Paris sera libéré. Son père ne reviendra de Buchenwall qu'en Avril 1945. C'est tout ce récit qu'il raconte.

Michel DENIEUL (1926)

Michel Deneuil, né en 1926, reçu en 1945 à l'école des Chartes, il arrive à Paris et connait les conditions très difficiles de l'époque. Nommé en Martinique, il crée à Fort de France le service des Archives Départementales. Il décide de faire l'ENA et fera la carrière d'un haut fonctionnaire de l'État. Directeur de cabinet du Préfet de la Seine, puis de Roger Frey, d'Alain Peyreffitte, de René Haby, Préfet de la région Franche-Comté , etc.. A sa retraite, le Préfet et le Conseil Général de l'Essonne lui demandent de faire un bilan sur l'utilisation du domaine de Chamarande, acheté par le Département. Nommé Directeur du Domaine de Chamarande, il fut un des artisans du renouveau de ce site.

Georges DOITTAU (1919)

Georges Doittau est né en 1919. Il a 5 frères et sœurs. Il fait ses études à domicile avec un répétiteur, puis au collège Stanislas. Mobilisé dans l'artillerie à la déclaration de guerre, il participe ensuite aux Chantiers de jeunesse jusqu'en 1942. Puis il travaille comme ouvrier dans l'entreprise familiale. Son grand père, portoricain d'origine espagnole, était venu en France en 1850 comme boursier. Devenu ingénieur, il avait créé une usine de féculerie en 1900 à Conflans Ste Honorine et en 1907 deux autres à Corbeil. En 1925, l'entreprise fabrique des produits plus sophistiqués, comme l'extrine, puis en 1954, des produits pour l'industrie textile. Après la mort de son père en 1956, sa mère devient PDG. Trois sociétés sont créées : Doittau Fonderie, Doittau Sopura et Doittau Métallurgie. Tous les établissements sont dirigés par un membre de la famille. Il estime que le déclin industriel de Corbeil était inévitable : enclavé en milieu urbain et pénalisé par la pollution. Administrateur de banque en 1960, il devient président de la Banque populaire et de la Caisse d'épargne de Corbeil. Après l'échec de la reprise de la société par des Néerlandais, le patrimoine est partagé entre les 6 enfants.

Diedy DRAME (1968)

Domicilié à la Sonacotra à Corbeil-Essonnes au moment du tournage, il est né au Sénégal en 1968. Son père est venu en France en 1960, lui-même y est depuis 1983. Sa famille compte plusieurs guérisseurs, marabouts, imams, juges. Fervent religieux, toute sa famille est pratiquante et au Sénégal il a été à l'école coranique. Il évoque les différents emplois qu'il a eu en France, mais il a le désir de rentrer au Sénégal pour créer soit une petite entreprise de transport, soit de monter un entrepôt frigorifique. Pour lui la religion est primordiale et parle d'un islam tolérant et respectueux de toutes les religions. " Avec l'islam, on diminue la délinquance " dit-il. Il parle de l'émigration qu'il faut limiter en aidant les pays pauvres, entre autres l'Afrique.

Michel DUBOCQ

Après avoir travaillé à l'imprimerie Crété, il s'installe comme cordonnier en 1978. Il aime ce travail d'artisanat dont il parle comme un artiste. Les deux opérations importantes sont le choix d'une semelle adaptée aux différents types de souliers et le " bichonnage ". Il prépare aussi des chaussures pour les pompiers. Il porte depuis longtemps des sabots, sauf pour les cérémonies et la danse. Ce métier n'ayant plus d'avenir selon lui, il a fermé son commerce le 1er mai 2007 et donné son matériel à un ami garagiste pour polir ses pièces.

Reine DUBOIS (1937)

Reine Dubois est née en 1937. Sa grand-mère exploitait le bateau lavoir au pied du pont de Corbeil. Elle y a vécu toute son enfance. Description, fonctionnement et nombreuses anecdotes. Elle voyage en Amérique en 1954 et y découvre une ambiance et une économie inconnue. Elle parle de son enfance et des quartiers très pauvres de la Rive Droite. Elle évoque la vie des mariniers sur la Seine. (Sa famille a transporté les pierres pour la construction de la mairie de Corbeil en 1905). Elle est employée au lycée de Corbeil-Essonnes en 1961 et parle de l'évolution du comportement des élèves.

Michel (Monseigneur) DUBOST

Évêque du diocèse d'Évry - Corbeil-Essonnes
Fils et petit-fils de militaire, il est né au Maroc en 1942. Très tôt, il fréquenta Évry-Petit-Bourg, alors petit village au milieu des champs où il venait camper avec les jeunes de la paroisse vers 1960, puis Ris-Orangis où il entra au séminaire.
Il fut ordonné prêtre en 1967, puis Évêque aux armées en 1989 avant d'être nommé Évêque du diocèse d'Évry - Corbeil-Essonnes en 2000.
En 2016, après 16 ans, il fait le point de son action dans le département de l'Essonne où 3 priorités se dégagent : Les jeunes, la communication et le souci d'adapter le message de l'Église aux réalités d'aujourd'hui et le dialogue inter religieux.

Lieutenant Pompiers DUFOUR-FATISSON

Il est lieutenant de pompiers du Centre de secours et d'incendie de Corbeil-Essonnes (70 pompiers). Une intervention type requiert un fourgon pompe-tonne, une grande échelle et une ambulance avec 11 pompiers pour 3 engins. Une intervention délicate a été notamment l'incendie de la mairie de Corbeil-Essonnes en Octobre 2001, avec le renfort des sapeurs pompiers d'Evry et de Viry-Châtillon. Le métier a changé et consiste essentiellement à assurer la sécurité des personnes (70%), viennent ensuite l'extinction des incendies, les accidents sur la voie publique, la sauvegarde des biens et des animaux domestiques, et, enfin, la cas d'accidents technologiques et chimiques.. A Corbeil, en 2001, les pompiers ont effectué 6 800 interventions, soit 23/jour. Il existe 3 statuts : militaires, professionnels et volontaires. Il est maintenant directeur de l'Ecole départementale des sapeurs pompiers de Fleury-Mérogis.

Hélène DUMONTE (1933)

Elle est née à Oran en 1933 où sa famille paternelle est arrivée de Gênes en 1845. Sa famille maternelle venait de Gibraltar. Son père qui travaillait dans la vinification est décédé en 1935. Les rapports entre Arabes et Européens se dégradent après les évènements de Sétif en 1945. Elle devient institutrice en 1953et est affectée dans un village où les conditions matérielles de travail sont très difficiles et la formation quasiment inexistante. En 1955, son frère et sa sœur rejoignent la métropole qu'elle visite pour la première fois en 1956. La guerre rend la vie de plus en plus difficile et il règne une ambiance permanente de peur. Elle quitte l'Algérie en 1962 et est affectée à Dourdan. Elle se découvre " étrangère " trahie par son accent. Elle est retournée en Algérie en 1966 et en 1988, mais ce n'est plus le même pays. Elle aimerait que la période qu'elle a vécue soit appréhendée sans manichéisme.

Gabrielle DUPOND (1930)

Née à Corbeil en 1930, près de la place du Marché, elle évoque ses souvenirs d'enfance : la cave de la pharmacie où son père travaillait était la crypte de l'ancienne église Notre Dame, le ballon de la St Spire, les enterrements (avec chevaux) qui se rendaient de l'église St Spire au cimetière, les marchands ambulants (le charbonnier, le marchand de vin, le vitrier, le rémouleur), Pedro le marchand de glaces, la matelassière , etc… En 1947, elle passe avec 4 autres filles la 1ère partie du Bac (en dehors du cours Brouchon on ne pouvait pas préparer la 2ème partie). Ce n'est que 13 ans plus tard à 30 ans en 1960 qu'elle passera la 2ème partie du Bac en suivant des cours par correspondance. En 1948, elle devient préceptrice dans une famille de Saintry. Elle a 4 élèves avec 4 niveaux différents, la classe est une chambre et la cour de récréation le jardin de la maison. Secrétaire, institutrice, chargée de l'économat à Sainte Marie, elle sera aussi secrétaire de Marcelle Auclair, fondatrice du journal " Marie-Claire ". Depuis 15 ans elle fait du soutien scolaire pour les enfants des Tarterêts. Depuis 1946, elle habite Etiolles sur un terrain acheté par ses parents en 1936 et où se trouve le Couvent du Saulchoir. A l'époque, son père faisait son vin (150 à 200 litres par an).

Daniel DURAND (1942)

Il est né à Saintry-sur-Seine en 1942. Son père travaillait à l'usine Decauville où lui-même a travaillé jusqu'en 1963. Embauché à la SNECMA, il s'occupe de la réparation des canaux de réacteurs dans l'usine du Boulevard Kellermann à Paris. L'usine de Corbeil démarre en 1966 avec 200 salariés. La SNECMA se consacre alors essentiellement à la construction des moteurs du Concorde, puis de l'Airbus A 300. Le secteur militaire n'occupe plus aujourd'hui qu'1/4 de la fabrication. Une réussite de la SNECMA est le moteur CFM 56 qui a équipé les avions américains Boeing. Il est l'inventeur d'un système de fixation et de support des moteurs qui est adopté sur les avions. A ce titre, il a été décoré de la Légion d'Honneur. Parallèlement, il exerce des fonctions syndicales à la CGT, est membre du comité d'entreprise et du CHSCT et termine son parcours professionnel comme technicien supérieur. Il est retraité depuis 2002 mais continue à s'intéresser à l'aéronautique.

Michel ESTRADE (1920)

Michel Estrade est né en 1920. Son père était allumeur de réverbères. Il travaille dans un syndicat agricole à Deuil la Barre, au nord de Paris et livre aux halles de Paris la production des maraîchers locaux. Après la guerre, il devient carrier dans le massif de Fontainebleau. Il explique les conditions difficiles du travail de carrier. Il nous montre le maniement des outils et l'utilisation du grès.

Camille FERRAZ-BRUNEAULT

Avec la participation de Germaine DERUEL & Alain ROMBEAU.
Nous retrouvons Camille Ferraz-Bruneault sur place à Montconseil. Nous l'avons déjà enregistré voici quelques mois et entre temps elle a édité un livre qui raconte tous ses souvenirs d'enfance. Aujourd'hui, nous parcourons avec elle Montconseil pour évoquer au fil de sa jeunesse la construction et les évolutions de ce quartier.

Léon FEUGEAS (1923)

Né en 1923, Léon Feugeas parle de son enfance à Corbeil, de ses vacances en Corrèze où il découvre le monde rural de l'époque. Après la guerre, il fait des études de droit et entre comme clerc chez Maître Cros notaire à Corbeil. Il commence à jouer au football au patronage St Spire, puis est un des meilleurs éléments de l'équipe qui brillera pendant plusieurs années après la guerre. Recruté aux Grands Moulins de Corbeil par son Directeur de l'époque Mr Mercier, qui était en même temps président et sponsor du club de football. Il y fera toute sa carrière et terminera comme Directeur commercial. Il parle abondamment de l'activité meunière.

Jacques FEVRE


Claudine FEYFANT (1934)

Claudine a 6 ans en 1940. Elle participe à l'exode et vit la guerre et la li­bération. Elle habite sur la rive droite qui est coupée, suite à la destruc­tion du pont, du centre ville. Son enfance est rythmée par la vie de l'après guerre. Mariage en 1955. Sa fille Catherine est frappée d'une encéphalite à l'âge de 18 mois dont les séquelles seront un handicap mental. A la suite d'une entrevue avec Roger Combrisson, (Maire de Corbeil-Essonnes) l'Institut Médico Pédagogique est créé, ensuite c'est le tour de l'Institut Médico Professionnel. Elle devient Conseillère Municipale et est à l'initiative de la création du Centre d'Aide par le Tra­vail de Corbeil-Essonnes.

Mme FLAMME (1929)

Mme Flamme est née en 1929. Famille de bateliers, son père est "chef de drague" et responsable du bac mis en place à la suite de la destruction du pont de Corbeil en août 1944, jusqu'à l'établissement de la passerelle provisoire en bois. Elle évoque le monde des mariniers, des péniches, des barques, de la pêche et de la chaude ambiance de la Rive Droite à Corbeil. Elle parle également des différents bals de la ville et des loisirs de l'après guerre.

Françoise FONTENY (1926)

Depuis son arrivée à la ferme de Villededon en 1949 l'agriculture a connu une véritable révolution. Au début des années 1950, Françoise Fonteny faisait sa tournée quotidienne (lait, œufs, volailles, lapins, grains) avec le cheval attelé à la " tapissière ". Il fallait manier les lourds pots de lait, nourrir les animaux, traire les vaches, faire la moisson qui durait une vingtaine de jours car la plupart des opérations se faisaient encore à la main. "A partir de 1952, en 2 ans on a tout changé", la mécanisation s'imposa et les machines remplacèrent le personnel dans la ferme. Faut-il rappeler qu'entre temps le village de 600 habitants est devenu la ville de Saint-Pierre-du-Perray de 10.000 habitants soit l'équivalent de la population de Corbeil qui était en 1949 l'une des plus importantes sous-préfectures de France.

Jean-Paul FORCE (1946)

Né en 1946, Jean-Paul FORCE est le régisseur du château de Méréville et du domaine. Il a été parmi les pionniers qui ont entretenu le domaine et il continue de le faire. Né à Méréville, il connaît le parc depuis toujours. Nous faisons avec lui une promenade filmée dans tout le domaine.

Paul FOULON (1928)

Paul Foulon est né en 1928, ses parents tenaient un commerce de "marchand de couleurs-vernis-droguerie" rue de la Poterie à Corbeil. Dans la cuisine, on voyait un contrefort de l'église Saint-Jacques du 13ème. Présent sur la Rive Droite au moment de la Libération qui n'était pas libérée alors que la Rive Gauche l'était. Il évoque les bacs et notamment celui qui rejoignait "la Nautique" au port et à la "baignade" de M. Menut. Celui-ci demandait aux jeunes de venir tirer sur le câble (à la main) pour traverser les passagers dont le Général Koenig qui l'a emprunté avec sa voiture.

Jeanine FOULON (1928)

Elle naît en 1928 sur la place du Marché à Corbeil-Essonnes, où ses parents tiennent un magasin de chaussures avant de tenir une blanchisserie sur le quai de l'Essonne à Corbeil. Elle évoque la pénibilité de ce métier : on travaille de 5h du matin jusqu'à 23h. Ses parents prennent des vacances pour la 1ère fois en 1956 ; ils ont 65 ans. Elle évoque les rapports entre garçons et filles, les fêtes, le théâtre. Elle fait partie des " Enfants de Marie " qui devaient assister le dimanche à la messe de 6h30. Elle raconte aussi de tristes souvenirs de guerre : voisine tuée près du pont à la Libération, le cadavre d'une femme probablement tuée pour collaboration avec les Allemands. Elle nous montre aussi un morceau de la passerelle sur l'Essonne que les Allemands ont fait sauter et qui a failli la blesser à la blanchisserie où elle travaillait.

Michel et Simone FRITZ (1927 - 1999)

Michel Fritz (1927-1999). Son père, né en 1889, fuit sa Lorraine natale au moment de la déclaration de guerre de 1914. Il est condamné à mort par contumace par les Allemands. Il arrive à Corbeil, s'installe comme cordonnier et devient à l'église de St Spire à la fois sacristain, bedeau et suisse. Michel Fritz nous explique en quoi consistait ces différentes fonctions. Lui-même est cordonnier et sacristain à St-Spire. Il nous raconte les quêtes du dimanche, les différents troncs des saints, des cierges, des cloches (il n'aime pas l'électrification), les risques aussi quand il faut accrocher les tentures à 10m de haut. Il nous raconte encore quelques anecdotes sur les curés et les vicaires qu'il a connus, et dont certains étaient pittoresques, ainsi que le rituel des enterrements, des grandes fêtes ""carillonnées"", des enfants de choeur, de la kermesse, du théâtre et des associations liées à la paroisse.
Simone Fritz, née en 1928. Son père était orphelin et travaillait à la Papeterie des Tarterêts, sa mère également orpheline, est recueillie par les soeurs de la rue Champlouis à Corbeil. Elle nous raconte ses souvenirs d'enfance et d'adolescente très liés à la paroisse St Spire. Elle nous parle des ""Enfants de Marie""regroupant les jeunes filles (la messe du dimanche est pour elles à 6h30). Elle évoque ses souvenirs de la JOC (Jeunesse Ouvrière Chrétienne), et se rappelle qu'elles allaient accueillir à la gare de Corbeil les prisonniers à leur retour de captivité à la fin de la guerre. Elle évoque le bombardement de Corbeil du 13 Aoùt 1944 et indique l'impact des premières bombes qu'elle a vu tomber près de chez elle.

Jean-Michel FRITZ (1950)

M. Fritz, né en 1950, raconte l'histoire de ses grands-parents qui, lorrains, ont dû s'enfuir précipitamment pour rejoindre Corbeil en 1914. Son grand-père, cordonnier et fabricant de chaussures, était au marché quand on l'a prévenu que les gendarmes allemands l'attendait à son domicile. Laissant tout sur place, il a pris le train avec la recette du marché en poche pour arriver à Corbeil.

Claudine GABRIEL DESBORDES (1939)


Famille GALIGNANI

Bernard Mauban, Yves Neveux, René Dorel nous parlent de la famille Galignani à qui la ville de Corbeil-Essonnes doit tant. L'ampleur de leur générosité est impressionnante : L'Hôpital en 1866, L'Ecole des filles rue Féray en 1875, L'Orphelinat de la rue Champlouis en 1879. En reconnaissance de ces bienfaits, dès 1882, une souscription publique fut lancée et en août 1888 fut inaugurée la statue des frères Ga­lignani. On s'adressa alors à un des très grands sculpteurs de la Troisième République, Henri Chapu Grand Prix de Rome qui la réalisa en marbre de Carrare. Récemment restaurée, elle est actuellement installée place de la mairie.

Jeanine GALO (1932)

Jeannine GALO a pratiquement toujours habité Essonnes, l'une des rares maisons de ce que l'on appelait alors le " Désert ". Elle fut une des premières élèves de l'école des Tarterêts inaugurée en 1937. Elle se rappelle des premiers congés payés de 1936. A cette occasion ses parents fabriquèrent eux-mêmes une tente, et c'est en tandem auquel on avait attelé une petite remorque pour elle qu'ils partirent sur les routes pour leurs premières vacances." Je ne savais pas ce qu'était la guerre " nous dit-elle, mais en juin 1940 il fallut partir en exode avec sa mère. Pour atteindre les Pyrénées par le train il fallut 5 jours. Ce fut un voyage particulièrement pénible. Elle se souvient combien il était difficile de se ravitailler pendant la guerre. Il fallait parfois aller bien loin pour ramener .quelque-chose; mais ce fut pour elle l'occasion de découvrir une autre campagne que celle qui entourait alors Corbeil et Essonnes. Habitant très près des voies ferrées et de la gare elle garde un bien triste souvenir des bombardements, surtout celui du 13 Août 1944, au cours duquel sa maison fut très gravement endommagée.

Philippe GAUCHER


Gérard GENTILHOMME (1938)

Né en 1938 à Saint-Cyr-l'Ecole, dans une famille modeste comptant trois enfants, M. Gentilhomme est rentré à 18 ans à la SNECMA à Boulogne. Il a suivi l'Ecole Jules Ferry à Versailles, puis les cours du soir du CNAM qui lui permettront d'obtenir deux diplômes en aéronautique (turbomachines et métallurgie), puis en 1969 un diplôme d'ingénieur. Après son service militaire à la Direction du Contrôle du Matériel de l'Air, il revient à la SNECMA en 1962. A Villaroche, il franchit les échelons jusqu'à devenir chef de division. A partir de 1982, à Evry-Corbeil, il a vécu le démarrage du projet Concorde, le développement du moteur CFM 56 avec General Electric. Il devient directeur en 1986. Il a participé à toutes les transformations de l'entreprise, à son développement au passage progressif du militaire au civil, aux changements de méthodes et de formations. Gardant très peu de temps libre pour sa famille, il a veillé aux bons rapports avec le personnel tout en gardant une certaine liberté avec la direction générale. Après sa retraite en 1996, il est resté très actif, au CNAM, à la présidence du MEDEF pendant 3 ans, en s'engageant dans le mécénat d'entreprise. Lucide sur les problèmes rencontrés par l'industrie en France (formation, difficultés d'adaptation), il croit à la nécessité de la recherche, aux qualités personnelles de dynamisme, de confiance, de combativité.

Claude GIRON (1930)

Claude Giron est né en 1930. La famille est installée à Essonnes depuis 1885 où son grand père loue à Ernest Feray une ancienne grange de " l'Indienne " près du pont de la Colle. Spécialisée dans la récupération de métaux, vieux os, cuir, chiffons, verre de bouteilles, peaux de lapins etc.. L'entreprise prospère et emploie 30 personnes avant 1914 et utilise une vingtaine de chevaux. Les premiers camions américains n'arrivent qu'à la guerre 1914-1918. Claude Giron succède à son père en 1957. Il modernise l'entreprise et élargit son champ d'action, notamment en se spécialisant dans la démolition des usines dans notre ville : Testut, Crété, moulin d'Angoulême, Chantemerle, Doittau, etc…Aujourd'hui installée sur un nouveau site de 5600 m² dont 800 m² couvert, l'entreprise est aujourd'hui animée par son fils. Ainsi, ce sont 4 générations de la même famille qui se sont succédées à Corbeil-Essonnes depuis plus d'un siècle.

Henriette GIROUX (1901 - 2001)
Bernard BOUTARD

Henriette Giroux (1901-2001). Son père est garde-chasse au château de Tigery où se déroulaient les grandes chasses avec les personnalités des environs. Son oncle tenait un café-épicerie au village où elle travaillait. Tous les commerçants venaient de Corbeil-Essonnes, Brie-Comte-Robert, Villeneuve-Saint-Georges. Elle a des souvenirs très nets de la guerre 1914-18: du départ de son père , blessé à Verdun, sans nouvelles pendant 3 mois, puis une lettre. A 13 ans, grosses responsabilités car sa mère ne sait pas lire.En 1934, elle prend un café place St Léonard à Corbeil et parle de ce quartier. Avant 1910, elle se souvient de Blériot à Quincy s/Sénart, du Cinéma ambulant dans la salle du café. Elle fut l'Animatrice de l'association colombophile "le Rapide Aérien".
Bernard Boutard est né en 1937. Président du "Rapide Aérien" association colombophile. Caractéristiques du pigeon voyageur, qui restent à ce jour inexpliquées. Environ 2000 à 2500 pigeons dans l'agglomération de Corbeil-Essonnes. Certains, parmi les plus performants, peuvent faire 1000 km dans la journée. Longtemps utilisés par l'armée et le transport des messages, aujourd'hui le colombophile soigne et entraine ses pigeons "comme des athlètes".

Claude GOIX (1929)

Il nait le 3 février 1929. Ses grands parents paternels habitent Paris durant le siège de 1870, ils sont témoins de la commune. Ses grands parents maternels sont originaires de Chateau-Landon. Il devient joaillier et s'installe avec son frère. Il nous explique toutes les subtilités de ce métier d'art. Il fournit les plus grands bi­joutiers de Paris. Il se trouve à Paris lors de mai 1968 où il fait partie de la Croix Rouge.IL se trouve dans le train de la catas­trophe de la gare de Lyon. Nous prenons son témoignage le 7 avril 2010.

Jacqueline GONDOIN (1930)

Née en 1930, son grand père enseignant avait réussi à passer le brevet et rentrer à l'Ecole Normale d'Instituteurs grâce à son instituteur qui le faisait travailler bénévolement. A son tour, il fera la même chose pour certains de ses élèves. Mme Gondoin apprendra à lire et à compter dans le jardin de son grand père. Sa mère, institutrice à l'école Jules Ferry, rue Marchand à Essonnes, a compté 70 élèves dans sa classe de CP en 1926. Mme Gondoin évoque avec intérêt le détail de la vie de l'école vu par l'élève mais aussi de l'intérieur, car habitant l'école Paul Bert à Essonnes.
Pendant la guerre, les Allemands occupent d'abord partiellement l'école, avant de l'occuper complètement (ils retrouveront leurs meubles sur le trottoir). En 1957, elle est nommée à la toute nouvelle école du quartier de Montconseil alors en construction. Elle aura 45 élèves répartis sur 5 niveaux. Tous les enseignants sont très jeunes, il n'y a aucun titulaire. Le jour de la rentrée scolaire, tout le matériel scolaire (tables, chaises, tableaux…) avait été livré en vrac dans la cour.

Docteur GONTARD


GRANDES CHEMINEES de CORBEIL

Les Grandes Cheminées de Corbeil

François GRESSIN

M. Gressin est Président de l'Association des amis du musée Decauville, créée il y a 15 ans. Il succède à M. Ferlay et souhaite faire évoluer la gestion du musée. L'Association possède d'importantes archives, catalogues, plans, photos etc.. L'activité de Decauville dans le monde entier amène à gérer les archives avec les territoires d'outremer et l'étranger. L'Association compte 120 membres et de nombreux sympathisants à la fin de 2006. L'Association œuvre pour obtenir la disposition de l'atelier de l'usine Decauville-Corbeil.

Luigi GUARDIGLI


Paul GUERIN (1928)


Henri GUERTON (1904 - 2004)

Né en 1904. Ses arrière grands parents extrayaient la tourbe à Ormoy avant 1865. Son grand père rentre chez Darblay à Essonnes en 1870. Henri Guerton rentre à l'usine Darblay de Chantemerle en 1918. Il nous reconstitue le site de l'entreprise aujourd'hui occupé par un lotissement, le palais des sports et le collège. Il raconte l'ambiance de l'usine, les accidents de travail, les fabrications diverses, la relation avec les clients. La fonderie produisait 200 tonnes par mois et pouvait couler des pièces jusqu'à 30 tonnes. A Chantemerle, l'atelier mécanique ferme en 1936, la fonderie en 1951 et l'atelier des feutres en 1960. Après la guerre, Henri Guerton reste chez Darblay et devient responsable de l'atelier menuiserie.

Henri GUERTON (1904 - 2004)

Né en 1904. Ses arrière grands parents extrayaient la tourbe à Ormoy avant 1865. Son grand père rentre chez Darblay à Essonnes en 1870. Henri Guerton rentre à l'usine Darblay de Chantemerle en 1918. Il nous reconstitue le site de l'entreprise aujourd'hui occupé par un lotissement, le palais des sports et le collège. Il raconte l'ambiance de l'usine, les accidents de travail, les fabrications diverses, la relation avec les clients. La fonderie produisait 200 tonnes par mois et pouvait couler des pièces jusqu'à 30 tonnes. A Chantemerle, l'atelier mécanique ferme en 1936, la fonderie en 1951 et l'atelier des feutres en 1960. Après la guerre, Henri Guerton reste chez Darblay et devient responsable de l'atelier menuiserie.

Hadj Slimane HAMITOUCHE (1935)


HELIO CORBEIL


HELIO CORBEIL


Michel (Père) HENRY (1929)

Le père Michel Henry, prêtre de l'Eglise catholique a été ordonné en 1957 pour le diocèse de Versailles qui se confondait alors avec l'ancien département de la Seine-et-Oise. La création du diocèse de l'Essonne en 1966 avec l'implantation de l'évêché à Corbeil-Essonnes d'abord, puis à Evry, l'a conduit successivement à occuper des fonctions, de vicaire, de curé, de responsable de secteur, d'aumônier des scouts et des mouvements d'action catholique, d'animateur œcuménique dans les paroisses de Gagny, Corbeil, Grigny, Evry, Gif-sur-Yvette, et à nouveau à Evry. Tout au long de son engagement sacerdotal, le père Henry, riche de cette expérience spirituelle variée, a donc accompagné non seulement cette mutation géographique caractérisée par l'urbanisation croissante du diocèse de l'Essonne mais a vécu aussi depuis son ordination les profonds changements du rôle du clergé catholique dans la société contemporaine consécutifs au concile Vatican II.

Guy (Monseigneur) HERBULOT (1925)

Né en 1925. Évêque d'Évry de 1978 à 2000. Alors qu'on lui avait parlé d'une Ville Nouvelle, il est très surpris d'arriver à St Germain-lès-Corbeil dans un cadre très champêtre. Très vite, il considère que la place de l'évêché est d'être au coeur de la Ville Nouvelle dont il découvre les projets. Il nous raconte dans quelle circonstance est née la Cathédrale d'Évry dont l'architecte choisi sera Mario Botta.

Jean-Pierre HERMITTE (1935)

Né en 1935, dès 1950, où il est entré comme apprenti, jusqu'en 1997, M. HERMITTE a fait toute sa carrière chez DECAUVILLE, à Evry puis à Corbeil. L'Ecole d'apprentissage était située à l'intérieur de l'entreprise. Les apprentis travaillaient dix heures par jour, ils pouvaient devenir chaudronnier, ajusteur, tourneur, ou électricien. Ils avaient congé le samedi et le dimanche. Après deux ans de cours à Paris, le samedi, M. HERMITTE est devenu agent de maîtrise, puis chef d'atelier et chef de fabrication. Decauville fabriquait du matériel ferroviaire, puis des bennes et exportait dans le monde entier. De 1000 personnes dans les années 50, le personnel a été réduit à partir des années 80 à 110 personnes, 25 aujourd'hui. L'esprit d'entreprise très bon au départ, s'est dégradé au fil des années et de la diminution de la technicité. Les jeunes sont moins bien formés. L'Amicale du Musée des Amis de Decauville a rassemblé et restauré du matériel grâce aux bénévoles.

Luc HERVIEUX (1932)

Il est né à Corbeil en 1932, son grand père que tout le monde appelait "le père la bricole" construisait des lavoirs ambulants, des pontons de pêche etc… Sportif, il fut un des animateurs de "la Corbeilloise", société de gymnastique très connue dans la ville. Habitant rue aux Tisseurs près de la place du Comte Haymon et de la Seine, il évoque les différentes activités de ce quartier et notamment le marché. Il raconte le halage des péniches sur la Seine qu'il a été un des derniers à pratiquer. A partir de 1961, avec son épouse, ils tiennent un "bazar-droguerie" boulevard Jean Jaurès qui périclite peu à peu avec l'apparition des grandes surfaces. Il évoque sur Corbeil-Essonnes 16 drogueries qui ont toutes disparues.

HISTOIRE de CORBEIL

Histoire de Corbeil de la Préhistoire au Moyen Age par Alain Leclerc, à l'école J.Bourgoin

Bertrand et Thierry HUTTEAU (1927)

Famille de meuniers qui s'établissent dans la vallée de l'Essonne à partir de 1895. Le premier moulin est acheté par le grand père Sosthène. Bertrand nait en 1927 et Thierry en 1930. Leur enfance est rythmée par la ronde des agriculteurs qui amènent leur blé au moulin. Une petite centrale électrique est installée sur la chute d'eau. Il est interdit aux enfants de s'approcher des engrenages de cette dernière. Le moulin d'Essonne compte jusqu'à 30 personnes. Leur scolarité se déroule du Cours La Bruyère jusqu'à l'école St Spire où ils se souviennent de nombreux autres élèves. Les biscottes Exona qui font partie du patrimoine familial sont vendues en 1949.

INDUSTRIE A CORBEIL-ESSONNES


Marc JARDIN (1945)

Marc Jardin est né en 1945. Fils de Désiré Jardin, l'inventeur en 1938 du célèbre «Blanc Jardin» à l'origine de la société TOUPRET, implantée sur la rive droite de Corbeil-Essonnes, Marc Jardin nous raconte son enfance dans le Corbeil des années 50, ses études à l'école Saint-Spire et en Belgique, puis son parcours professionnel qui s'est déroulé pour l'essentiel avec ses frères dans l'entreprise familiale. Devenue le leader français des enduits de finition à destination des professionnels comme des bricoleurs, la société TOUPRET dispose également de points de vente dans plus de vingt pays. Cette entreprise dont le siège social est situé rue du 14 juillet à Corbeil-Essonnes, a acquis également dans la région des entrepôts d'une superficie de 9 000 m2 permettant de stocker près de 10 000 palettes et emploie 180 salariés. A la veille de prendre sa retraite, Marc Jardin éprouve la satisfaction mais aussi la nostalgie de quitter une entreprise bien insérée dans le contexte économique et social de la région, en expansion continue, qui a su allier une qualité reconnue de produits diversifiés avec la volonté d'une innovation constante dans le souci du respect de l'environnement.

Micheline JARDIN (1926)

Madame Jean-Jacques Jardin a toujours vécu dans les Bas-Tarterêts. Le 13 Août 1 944, elle était avec toute sa famille dans la maison qu'elle habite toujours dans ce quartier qui a particulièrement souffert du fait de sa proximité de la gare de triage de Corbeil-Essonnes.

Jean-Jacques JARDIN (1924)

Jean-Jacques Jardin est né en 1924. Pour échapper au S.T.O, il se fait embaucher par un fermier d'Etampes où il travaille dans les champs. Il est contacté par un responsable de la Résistance, ancien scout comme lui. La ferme où il travaille touchant le terrain d'aviation de St Cyr, il est chargé de noter et de communiquer le mouvement des avions, leur emplacement, etc… La situation devenant dangereuse, il s'engage dans la Résistance armée en Alsace où il participe à des actions armées. Fait prisonnier, il est incarcéré au camp de NECKARGEMUND d'où il revient à la fin de la guerre (où il est passé en 6 mois de 73 à 36 kg).

Claude JEANLIN (1932)

Né à Melun le 12 juin 1932. Homme responsable et engagé dans le syndicalisme, la politique et le milieu associatif. Il arrive en 1960 à Evry-Petit-Bourg, il en sera le Maire de 1977 à 1983. Elu Conseiller Général, il devient le Vice Président de l'assemblée départementale. A la création de la région Ile de France, il en est élu Conseiller. Il est un des acteurs de la création de la Ville Nouvelle d'Evry.

Claude JEANLIN (1932)

Né à Melun le 12 juin 1932. Homme responsable et engagé dans le syndicalisme, la politique et le milieu associatif. Il arrive en 1960 à Evry-Petit-Bourg, il en sera le Maire de 1977 à 1983. Elu Conseiller Général, il devient le Vice Président de l'assemblée départementale. A la création de la région Ile de France, il en est élu Conseiller. Il est un des acteurs de la création de la Ville Nouvelle d'Evry.

René JOLY (1936)

René Joly est né en 1936. Son père était mineur dans le Pas de Calais où lui-même est né. Il répond à une annonce et est embauché par IBM, à Corbeil, en 1956. Il y restera jusqu'en 1992. L'entreprise devient très importante : en 1977, il y a 30.000 salariés en France et 300.000 dans le monde. Il obtient un CAP et milite à la JOC. L'organisation et l'efficacité de l'entreprise l'impressionnent beaucoup. Il est élu au comité d'établissement et, à ce titre, voyage dans le monde entier.. A la fin des années 80, l'entreprise connaît des difficultés. A la retraite, il devient président du Secours catholique de l'Essonne pendant 9 ans et voyage beaucoup pour fournir des aides en matière informatique en Algérie et à Madagascar.

Emile KLEIN (1902 - 1998)

Ses grands-parents arrivent à Corbeil en 1863. Son grand-père rentre à la mairie à 73 ans et y travaille jusqu'à 88 ans. Il évoque ses souvenirs d'enfance avant 1914, l'accent d'Essonnes, les bagarres, les fêtes foraines, le premier accident de voiture dans la ville, les cinémas, les différents bureaux d'octroi de la ville, la batellerie sur la Seine, les laveuses sur l'Essonne, sur la Seine et "chez le monde", ainsi que les inondations de 1910. La propreté: "aller à la baignade était l'occasion de prendre un bain car on ne se lavait jamais complètement." Il raconte ses souvenirs de guerre, l'exode de 1870 de ses grands-parents (récit de ses grands-parents), ses propres souvenirs d'enfance de 1914-1918 : la grosse bertha, réquisition des chevaux, tranchées à St Germain-lès-Corbeil, chants patriotiques, bombardements. A la Pentecôte 1918, il se souvient des 7 morts à Corbeil, à la suite du bombardement du Cloître St Spire, et de l'Armistice du 11 novembre 1918. Militant socialiste dès 1924, c'est avec émotion qu'il parle de l'assassinat et de l'enterrement de Jaurès. Après la guerre, il devient Ordonnateur des Pompes Funèbres (nombreuses anecdotes, dont l'enterrement de Mme Trotsky en 1962).

Emile KLEIN (1902 - 1998)


Emile KLEIN (1902 - 1998)

Ses grands-parents arrivent à Corbeil en 1863. Son grand-père rentre à la mairie à 73 ans et y travaille jusqu'à 88 ans. Il évoque ses souvenirs d'enfance avant 1914, l'accent d'Essonnes, les bagarres, les fêtes foraines, le premier accident de voiture dans la ville, les cinémas, les différents bureaux d'octroi de la ville, la batellerie sur la Seine, les laveuses sur l'Essonne, sur la Seine et "chez le monde", ainsi que les inondations de 1910. La propreté: "aller à la baignade était l'occasion de prendre un bain car on ne se lavait jamais complètement." Il raconte ses souvenirs de guerre, l'exode de 1870 de ses grands-parents (récit de ses grands-parents), ses propres souvenirs d'enfance de 1914-1918 : la grosse bertha, réquisition des chevaux, tranchées à St Germain-lès-Corbeil, chants patriotiques, bombardements. A la Pentecôte 1918, il se souvient des 7 morts à Corbeil, à la suite du bombardement du Cloître St Spire, et de l'Armistice du 11 novembre 1918. Militant socialiste dès 1924, c'est avec émotion qu'il parle de l'assassinat et de l'enterrement de Jaurès. Après la guerre, il devient Ordonnateur des Pompes Funèbres (nombreuses anecdotes, dont l'enterrement de Mme Trotsky en 1962).

Jean LAMOTTE (1938)

M. Jean Lamotte, né en 1938, rentre chez Crété en 1952. En 1962, il adhère au syndicat C.F.T.C., car, jeune, il avait fait du scoutisme. En 1964, il rejoindra la C.F.D.T. Chez Crété, il y a prédominance de l'influence de la C.G.T. dans les ateliers, et de la C.G.C. chez les cadres. Le temps de travail était réparti entre quatre équipes de six heures. Lors de l'arrivée à Corbeil de personnels venant de chez Desfossés, il y a eu des frictions entre les différents syndicats. Prise en main par le P.C. Devant les nouvelles technologies et les difficultés financières de Crété, M. J. Lamotte a un sentiment d'abandon. La capacité du personnel à l'autogestion est une illusion.

Cesira LANDOUR (1915)

D'origine italienne, est né en 1915, ses parents arrivent à Oncy (Essonne) en 1924. Elle parle de son expérience d'écolière ne parlant pas français et du bon accueil qui lui est réservé. D'abord femme de ménage, cuisinière, elle rentre comme blanchisseuse au château de Courances dont elle garde un excellent souvenir. Avec Mme Manière de Dannemois, elle nous raconte aussi son expérience de laveuse où nous les retrouvons pour réaliser le film "Les laveuses de la rivière École". Elle nous parle de l'évolution du village de Dannemois avant, et pendant la guerre, de la vie agricole et de l'occupation du château de Courances où elle a été employée jusqu'à sa retraite. Avec Mme Aguadro, nous faisons un reportage sur la blanchisserie du château de Courances quelques semaines avant sa fermeture.

Arab LAOUBDIA


Sylvie LE CLECH

Directrice des Archives Départementales de l'Essonne pendant 7 ans, elle a eu la lourde tâche de suivre le projet de construction d'un nouveau dépôt à Chamarande. Elle nous raconte dans le détail le cheminement de ce projet.
La création de ce nouvel établissement permet une modernisation souhaitée depuis longtemps et notamment la création d'un service de produits audio-visuels, très largement créé à partir du fond de notre association qui, par contrat, dépose tous ses enregistrements aux Archives Départementales.

Roger LE GALLOIS (1937)

Né en 1937, il a été témoin des combats de la Libération, habitant à quelques kilomètres des plages du débarquement en Normandie. Son père ayant renseigné les Américains est fusillé dans la cour de sa ferme par des allemands qui s'étaient cachés chez lui.

Bernard et Jacqueline LE SUEUR (1924)

Jacqueline Lesueur est né en 1925. Ses grands parents créent la librairie Breton-Boiron près de l'école Galignani rue Féray à Corbeil. Elle nous parle de l'ambiance très différente entre la Rive Gauche et la Rive Droite. Elle évoque les différents cours privés de la ville et fut une des premières élèves du cours Brouchon. Elle nous parle des différents milieux sociaux très cloisonnés de la ville.
Bernard Lesueur (1924 - 2002). Sept générations de sa famille sont nées sur la Rive Droite à Corbeil et son aïeul Mr Cintra fut le premier directeur de l'école Jacques Bourgoin. Les établissements Lesueur , dès la fin du 19ème siècle, vendaient : bois, charbon, charbon de bois , puis le fuel plus tard. Etabli devant le port de la Pêcherie où toutes les péniches débarquaient avant le transfert du port sur la Rive Gauche, Mr Lesueur nous parle de l'ambiance d'avant guerre , avec les chevaux, les bureaux d'octroi, la clinique St Léonard où il est né, les inondations, les nombreux commerçants de la Rive Droite. Il parle des fouilles archéologiques, des souterrains, et aussi de la guerre et de son action courageuse pendant cette période. Après la guerre, son père fut le maire de la Commune Libre de la Rive Droite.

Bernard LE SUEUR (1924 - 2002)
Michel LEROY


Paulette LECHEVALLIER-RENAULT (1920)

Paulette Renault-Lechevallier est née à Caen en 1920. Son père meurt alors qu'elle n'a que treize ans. Dés lors elle doit travailler pour aider sa mère sans ressources. Elle sera apprentie vendeuse puis vendeuse au rayon parfumerie des Galeries Lafayette de Caen. Insensiblement, l'enseignement de son père de ne jamais accepter l'injustice, la conduit à entrer en Résistance où elle fait la connaissance de son futur mari. Elle participe à la fois à des opérations psychologiques et fournit des renseignements. Arrêtée avec son mari, elle est emprisonnée 3 mois à Caen avant d'être déportée à Ravensbrück, puis à Mauthausen, où elle est enregistrée comme Nacht und Nebel en français Nuit et Brouillard qui signifait « que vous deviez mourir et plus personne ne devait savoir ce que vous êtiez devenue ». Se sera le sort de son mari. Elle doit son salut à une initiative de la Croix-Rouge. Comme ses camarades revenues de déportation, elle évoque un retour difficile à une vie normale. Elle parle aussi de son désir de « mettre la femme à sa vraie place ».

Yvonne et Marcel LECOMTE


Marcel LECOMTE
Christian ROBLOU


Yves et Christian LEROY (1935)

Yves Leroy est né en 1935. Christian Leroy est né en 1940.
Agriculteurs à Evry au château de la Grange, aujourd'hui détruit et propriété de la famille Gilardoni (briqueterie, tuilerie.).Ils décrivent la vie de la ferme et le travail des carrières, et de l'usine. Pendant toute la guerre, une unité de S.S. était au château. A la libération ""les Américains remplaceront les Allemands au château."" Ils parlent des fermes d'Evry, des champs, et du bois à la place de la Préfecture et du bâtiment du Conseil Général de l'Essonne.

Yves et Otilia LEROY (1935)

Otilia Leroy. D'origine portugaise, elle parle de son arrivée clandestine en France en 1973, où la régularisation de son statut est facile, et trouve tout de suite un travail. Elle dit ses efforts et l'aide trouvée pour apprendre le français. Pour une portugaise, la France est alors un pays de cocagne, car au Portugal le travail est très dur. Aussi sa sœur commence à travailler à 8 ans à 50 km de son domicile, et sa mère allait la voir tous les 3 ou 4 mois.

Michel LEROY (1925)

Michel Leroy, né en 1925, est le créateur et directeur des services techniques pendant 37 ans de la ville de Corbeil-Essonnes, à la suite de la fusion des 2 villes en 1951. Ses difficultés: pas de bureau, pas de matériel, pas de secrétaire. En 1956, il y a sur la ville 2.500 demandes de logements! Evolution de la ville, projets réalisés, d'autres qui n'ont pas abouti, traces archéologiques au cours des travaux. Depuis, les services techniques de la ville ont considérablement augmenté. Monsieur Leroy a eu le grand avantage d'être à un poste d'observation privilégié sur le terrain tous les jours. Il nous rappelle au passage que pendant cette période la population de la ville a doublé.

LES DEMOISELLES DU TELEPHONE


LES GRILLONS DU FOYER


Agostino LONGO (1927)


Jacques LONGUET

Il est professeur d'histoire, spécialisé dans l'histoire de l'Essonne. Il crée avec Jacques Guyard, ancien maire d'Evry, la structure d'un musée Decauville. Les Decauville sont issus d'une famille d'agriculteurs, originaire de Normandie qui a d'abord construit une distillerie à partir de la culture de la betterave, puis s'est spécialisée à la fin du XIXème siècle dans la production de matériel de transport (chemin de fer, tramway, funiculaire, bicyclette, voiturette, etc. Il reste actuellement le chemin de fer de Ste Eutrope à Bondoufle, le jardin d'acclimatation, (Pithiviers ?).La difficulté actuelle est de trouver un local pour le musée.

Bruna LORENZATO (1923)

Elle est née en 1923, année de la mort de son père. Sa mère épouse le frère de son père., lequel travaille à Grigny chez Piketty. qui employait de nombreux Italiens. Après l'école à Grigny, elle suit des cours de sténodactylo à Choisy le Roi. Son père a failli être arrêté par les Allemands en 1944. Elle est conseillère municipale de 1971 à 1977 au moment de la construction de Grigny 2.. Elle regrette le village de Grigny.

René MAHAUD

René Mahaud est né à Paris en 1933. Il en a gardé des traces de ce fameux accent du ""Titi Parisien"" né au coeur de certains quartiers ouvriers de Paris.
En 1948, il choisit l'imprimerie. En 1952, il obtient le CAP de conducteur typo, métier qu'il n'exercera jamais, compte tenu des évolutions techniques. Très vite, il adhère à la CGT où il occupera de très importantes responsabilités en devenant responsable parisien du syndicat national du livre.
En 1974, il arrive à Corbeil-Essonnes avec l'imprimerie Desfossés d'Issy-les-Moulineaux qui fusionne avec Crété. Les habitudes et les traditions de la proche banlieue parisienne ne sont pas celles de Corbeil-Essonnes. Lesuns et les autres ont du s'apprivoiser.

Etienne MAINFROY (1908 - 2002)

"Apparenté à la famille Darblay, ses arrière-grands-parents sont meuniers à Etampes. Il parle de la rivière Essonne comme source d'énergie, utilisée entre autres à la papeterie Darblay. Tout comme son père, il fait sa carrière chez Darblay et sera Directeur des Papeteries pendant très longtemps. Il parle abondamment de l'entreprise, de l'ambiance du site papetier qui s'étend sur une cinquantaine d'hectares, de l'usine des Tarterêts bombardée, et de l'ambiance politique des 2 villes: Essonnes étant ""communiste"" et Corbeil de sensibilité ""radicale"".
Monsieur Mainfroy parle également du très important pôle industriel des deux villes."

MAISON GALIGNANI


Albert MALBOIS


Abdelkader MANANN (1938)

Né en 1938 au Maroc où il a passé son enfance, son père était soldat dans l'Armée Française. Mr Mannan nous parle de son père qui a été très impressionné et influencé par un " voyant " qui lui a prédit tout son avenir et ce qu'il devait faire. Son récit est celui d'un conteur. Au début des années 1970, il désire venir en France, mais il est refusé à cause de son âge et de son poids insuffisant. Il modifie lui-même son état civil en changeant sa date de naissance (1945 au lieu de 1938). Il arrive à Melun en 1973 et à Corbeil en 1994. Aujourd'hui en retraite, handicapé, il a sa famille au Maroc, mais préfère rester en France, " il fait trop chaud au Maroc ", et est heureux d'aller s'installer dans les nouveaux locaux de la Sonacotra, rue de Seine à Corbeil-Essonnes.

Jean-Pierre MARCELIN (1934)

Jean-Pierre Marcelin est né à Soisy-sur-Seine où ses arrières grands-parents avaient créé une entreprise de déménagement, qui par la suite fut transférée à Ris-Orangis. Il raconte les anecdotes familiales liées aux différentes phases de progrès, passant de la voiture à cheval aux camions et autocars modernes. En Août 1944 au moment de la Libération de Ris-Orangis il a été le témoin direct des drames qui s'y sont passés concernant les 150 otages et victimes de la barbarie nazie dont les 14 plaques commémoratives réparties dans la ville rappellent le souvenir. Jeune sous-lieutenant, il a vécu la guerre d'Algérie dans des conditions parfois difficiles. Ingénieur électromécanicien il a travaillé toute sa vie à " Aéroports de Paris ". Il a été tour à tour responsable des équipements pour les aéroports d'Orly et Roissy-Charles-de Gaulle puis de leur maintenance avant de parcourir le monde entier pour l'étude d'installations de nouveaux aéroports internationaux. Résidant à Saint-Germain-lès-Corbeil, il devint conseiller municipal avant d'être élu maire en 2001 et est aujourd'hui Vice Président de l'Agglomération Seine-Essonne.

Fernande MARIETTE


Jean MARQUEBIELLE (1925)

Il est né à La Rochelle en 1925. Il accompagne sa mère chez le peintre Carlu dans son château de Fontainebleau où elle faisait des ménages. Il effectue sa scolarité aux écoles J. Bourgoin et St Spire. Il est enfant de chœur, scout et " cœur vaillant ". Au collège technique de Montargis il suit une formation de menuisier-ébéniste. Pendant l'Exode il va à pied avec sa mère jusqu'à Ménetou-Salon et retourne en vélo à Corbeil. Revenu à Montargis pour terminer sa scolarité, il accomplit quelques actes de résistance avec des camarades (transport et distribution de tracts). Il entre aux PTT en 1943 et adhère à la CGT. Conseiller municipal en 1959, il s'occupe des questions de santé et notamment de l'hôpital et de la création de la maison de retraite. Il a été nommé au Conseil économique et social et .administrateur d'une caisse de sécurité sociale.

Jean MARQUEBIELLE (1925)

Il est né à La Rochelle en 1925. Il accompagne sa mère chez le peintre Carlu dans son château de Fontainebleau où elle faisait des ménages. Il effectue sa scolarité aux écoles J. Bourgoin et St Spire. Il est enfant de chœur, scout et " cœur vaillant ". Au collège technique de Montargis il suit une formation de menuisier-ébéniste. Pendant l'Exode il va à pied avec sa mère jusqu'à Ménetou-Salon et retourne en vélo à Corbeil. Revenu à Montargis pour terminer sa scolarité, il accomplit quelques actes de résistance avec des camarades (transport et distribution de tracts). Il entre aux PTT en 1943 et adhère à la CGT. Conseiller municipal en 1959, il s'occupe des questions de santé et notamment de l'hôpital et de la création de la maison de retraite. Il a été nommé au Conseil économique et social et .administrateur d'une caisse de sécurité sociale.

Aline MARTI


Albano MATTIELO (1912)

Les ITALIENS de GRIGNY. Albano Mattielo est né en 1912 à Grigny. Ses parents sont venus d'Italie du Nord pour travailler en France en 1903. Il a habité Viry-Châtillon après son mariage en 1941. A l'époque la commune était largement occupée par des champs et des bois où la société Picketty organisait des chasses importantes. Il travaille à partir de 14 ans chez Picketty, où il occupe des fonctions diverses. Sur le chantier de l'entreprise, il y avait 4 carrières où travaillaient 500 à 600 personnes pour l'extraction de la meulière. Il y avait beaucoup d'accidents du travail sur ces chantiers.

Angele MATTIELO (1921)


François MELIN (1941)

Il est né à Villoison en 1941. Sa famille paternelle est originaire de Nancy et sa famille maternelle de Normandie. Après sa scolarité à l'école des Roches, son père est mobilisé dans les transmissions durant la 1ère guerre mondiale. Il s'installe avec son frère à Villoison en 1933 et y construit un poulailler industriel. Son père se marie en 1936. Il a un frère et trois sœurs, tous reçoivent une éducation chrétienne très stricte. Le poulailler abrite alors 2 000 poules (1 000 à 1 200 œufs/jour) et nécessite l'organisation de l'alimentation des volailles, du ramassage et du triage des oeufs, du nettoyage du poulailler ainsi que du démarchage commercial. Après la mort de son père en 1961, sa mère qu'il seconde reprend l'exploitation qui cesse en 1970. Il entreprend alors une activité de sculpteur de métal et fabrique des bijoux et du mobilier. Il voyage beaucoup, notamment en Asie et participe à une exposition en Chine en 2001.

Roland MELLIER

Roland Mellier nous parle abondamment de l'école Sainte-Marie de la Papeterie ouverte dès la fin du 19ème siècle par la famille Darblay. Elle était située près de l'entrée monumentale de la Papeterie. Son épouse en a été la directrice de 1953 à 1966, date à laquelle elle a cessé ses activités.
L'école était gérée par un comité familial scolaire dont Monsieur Abeil, ingénieur à la Papeterie, était le président. Elle accueillait les jeunes enfants garçons et filles jusqu'au CP. A partir du CE1 seules les filles poursuivaient leurs études jusqu'au Certificat d'Etudes.
Les parents de Roland Mellier ont tenu un café « Chez Kleber » sur la place du Marché, entre la rue du Grand Pignon et la rue des Rosiers de 1930 à 1960.
Très impliqué dans les activités de la paroisse St-Spire, Roland Mellier fit toute sa carrière à la SNCF de 1939 à 1980.

Alice MENUT (1907)
Martine BROGUET

Alice Menut est née en 1907. Nous retournons avec Mme Menut à l'ancienne baignade de Corbeil-Essonnes sur la Seine, abandonnée depuis 1967.Avec Gabriel Menut son mari, ils en ont été les responsables de 1933 à 1967. Elle peut donc parler abondamment de ce lieu où toutes les couches sociales des deux villes se retrouvaient. L'été, on pouvait enregistrer jusqu'à 1000 entrées par jour avec de bien pauvres moyens. Son mari fut une ""figure"" de la ville: il fut un animateur culturel et sportif de premier plan en créant les Dauphins, et joua un rôle déterminant dans l'évolution du corps des sapeurs pompiers de la ville.
Martine Broguet, née Menut en 1944, évoque son enfance à la baignade dont elle garde le meilleur souvenir. Elle fut la plus jeune nageuse de France en faisant ses 25 mètres à 2 ans ½. Elle nous raconte que la baignade était quasiment le seul point de rencontre des jeunes pour les deux villes. En 1967, elle inaugure la nouvelle piscine qui porte le nom de son père""Gabriel Menut"" et en devient la directrice. Elle évoque cette mutation, et fait le bilan de la natation dans la ville.

Pierre MICHARD

C'est le premier témoignage recueilli sur la guerre d'Algérie. Etant musicien Pierre avait été muté dans "la musique" quand il a été incorporé en France Puis survinrent les "évènements d'Algérie" comme on disait alors pour ne pas employer le mot "guerre". D'un seul coup tout changea pour lui. D'une situation très confortable à Paris en se perfectionnant au saxophone il se retrouve brusquement plongé dans la tourmente quand toutes les sections militaires de musique furent dissoutes, regroupées et envoyées en Algérie. Il se retrouve en plein bled au milieu d'une centaine d'appelés sur un piton ravitaillé par parachutage. Sa formation succincte de " sauveteur " reçu aux Dauphins de Corbeil par M. Menut lui permet de devenir infirmier. Il ne voit un médecin qu'une fois par mois qui vient en convoi escorté et de qui il reçoit quelques conseils. Il soigne comme il peut non seulement ses camarades mais aussi la population locale qui très vite le considère comme "le médecin". Pour cette mission, il est accompagné par des algériens qui lui servent d'interprètes. C'est plus tard qu'il apprendra qu'ils étaient des responsables locaux du F.L.N. Il parle avec émotion de l'embuscade qu'il a subie et au cours de laquelle plusieurs de ses amis ont été tués ou blessés. Il nous dit l'absurdité de la guerre quand obligé de tirer sur des hommes dont il comprend le combat Après l'embuscade, blessé lui-même, Il évoque la peur qui fut la sienne de rentrer au camp distant de 6 kilomètres alors que toutes les munitions sont épuisées. En rentrant en France, il constate aussi l'incompréhension de la population qui ne comprend pas ce qui se joue en Algérie.

Geneviève MICHEL (1909 - 1998)

Mme Michel parle du deuil dans les familles avant 1914, qui durait plusieurs années, de l'absence de relation entre filles et garçons, du cléricalisme et de l'anticléricalisme à l'Ecole Normale où son mari poursuit ses études avant de devenir instituteur, et de la rivalité effrayante entre Corbeil et Essonnes. Elle collabore au journal Cité Nouvelle de la paroisse d'Essonnes. Elle se souvient de la radio (poste à galène vers 1926), de la guerre 1940-44, et de la grande solidarité de cette période qui se perd après la guerre.

Micheline MICHELIN (1922)

Née en 1922, sa famille est très anciennement implantée à Méréville. Son père était maréchal-ferrant, puis réparateur de machines agricoles, puis ferronnier. Elle raconte ses souvenirs d'enfance à l'atelier de son père, à l'école, la vie du village, les moments difficiles de la guerre.. Elle parle des fêtes données au château. Au moment de la Libération, elle a aidé et caché des parachutistes anglais. Amie de Jean-Louis Bory, elle raconte son enthousiasme et son action civique pour le premier vote des femmes.

Paul MIELLOT (1920)

Doté d'une prodigieuse mémoire et possédant une authentique culture populaire, Paul Miellot brosse, avec un réel talent de conteur et une verve savoureuse, sur près de quatre vingt ans, les heurs et malheurs de la petite communauté solidaire des habitants de la rive droite de Corbeil. Paul Miellot fait revivre ainsi le monde aujourd'hui disparu d'une petite ville de province proche de ses origines rurales, de ses artisans de la mécanique automobile alors naissante, des débuts de l'industrie chimique mais nous fait aussi partager sa passion pour le vélo qui l'a fait non seulement participer aux courses mythiques du Paris-Brest et du Paris-Bordeaux mais encore rencontrer tous les champions du Tour de France.

Guy MIGNON (1920 - 2001)

Son grand père achète la ferme de la Dauphine à Essonnes en 1893. Progressivement, les terres cultivées passeront de 140 ha à 40 ha, en raison des expropriations successives. Parallèlement à l'exploitation de la ferme, la famille Mignon développe une entreprise de vidange et de curage d'égout qui, au fil du temps, deviendra l'activité dominante puis la seule de l'entreprise. Guy Mignon évoque la guerre et l'aide que sa famille a apportée à des soldats américains. Il nous parle aussi des activités de la ferme de la Dauphine avant et après la guerre et de la qualité des terres agricoles sur lesquelles sont construits la caserne des pompiers, l'hôpital et le quartier de Montconseil. Il nous montre le rôle des différents bâtiments de la ferme aujourd'hui reconvertis. A partir de2007, tous les bâtiments de l'exploitation sont détruits et remplacés par des immeubles d'habitation.

Capitaine Pompiers MILLOT


Jacques MISSET (1925)

Jacques Misset est né en 1925. Son grand père, pharmacien, invente la "verticurine" un médicament vers 1925 contre l'hypertension, qui connait un certain succès. Il installe son laboratoire à Corbeil, rue Widmer, en 1927. Habitant en face de la fonderie Darblay à Chantemerle, il se rappelle des grandes gerbes de feu qui en jaillissaient. En 1905, sa famille achète une maison aux Bas Vignons sur le bord de la Seine. De ce fait, Jacques Misset évoque de nombreux souvenirs des bords de Seine. Pendant la guerre, faisant partie de la "Défense passive", il participe au dégagement des corps des aviateurs américains abattus rue de Nagis. Animateur sportif, il est un des créateurs du club de tennis et est aujourd'hui président de l'A.S.C.E. (Association Sportive de Corbeil-Essonnes).

Jeannine MONCANY (1915)

Elle est née en 1915. Médecin, femme de médecin, son beau-père est médecin (il a opéré Apollinaire après sa blessure pendant la guerre de 14-18.) Il a créé la clinique St Léonard à Corbeil et le service chirurgie de l'hôpital. Médecin elle-même, elle évoque les problèmes des femmes médecins. Pionnière de la Médecine du Travail, elle s'est fait accepter peu à peu. On retrouve à Corbeil la vie de province : réception et dîners habillés, (on ne sortait pas sans chapeau), et les femmes de la bourgeoisie qui travaillaient étaient mal vues. Les milieux industriels et les professions libérales se fréquentaient peu. Elle se souvient du bombardement de Corbeil en août 1944, habitant près de la gare, et de beaucoup d'autres souvenirs de guerre.

Jaqueline MOULINS

Sa famille a créé la tannerie Laverdet au milieu du 19ème siècle sur l'Essonne dans ''La Prairie'' alors en pleine campagne. Après un siècle, les Laverdet se sont retirés vers 1953 mais les activités n'ont cessé qu'en 1967.

Michel MOULINS

La famille de Michel Moulin est arrivée à Corbeil au début du siècle. Son père travaillait au Sud-Lumière avant la guerre. Il était chargé de relever les compteurs et d'encaisser l'argent. Il ne se déplaçait qu'en vélo mais sa tournée allait jusqu'à Malesherbes !
Michel est entré à l'école d'apprentissage Crété où il a débuté sa carrière professionnelle avant de devenir chef de fabrication d'un grand éditeur parisien.

Marco NANOTTI (1925)

Il est né en 1925. Son père, italien du Piémont, arrive en France en 1921. Il rentre chez Piketty comme carrier. Marco Nanotti y rentre également et y fera tout son parcours professionnel de 1940 à 1990. Il raconte le métier particulièrement dur des carriers majoritairement italiens, qui extraient la pierre meulière. Lui-même apprend l'italien dans son travail. Il raconte l'ambiance du travail, les techniques de taille, les engins utilisés, les salaires, le rythme de travail, l'absence quasi totale de sécurité, les profondes crevasses aux mains l'hiver et les problèmes de santé.

Jacques NORMAND (1933)

Jacques Normand a passé toute son enfance et sa jeunesse au Pressoir-Prompt. "j'habitais Essonnes, je ne connaissais pas Corbeil "… Enfant, on jouait sur la Nationale 7, les garçons au ballon, les filles à la marelle " on entendait de loin les voitures et on avait très largement le temps de rejoindre le trottoir ". Dès l'âge de 13 ans il accompagne son père à la pêche. " plus tard j'ai eu une barque à moi près du barrage du Coudray ". Il se souvient des vergers qui couvraient le côteau de la Seine, du tacot et son épaisse fumée noire « car il fallait mettre toute la vapeur pour monter la côte du CGB ». Il a beaucoup fréquenté les bals « sauf le Palace, car la cravate était obligatoire ». Pendant l'exode de juin 1940, sur la route, il perd ses parents. Il est recueilli dans une ferme et ne reviendra à Essonnes que plus d'un mois après le retour de sa famille qui ne savait pas où il était.

Christophe-Philippe OBERKAMPF

Les toiles imprimées, dites indiennes, du nom de leur pays d'origine, ont été très en vogue en Europe à la fin du XVII' siècle. En France, la Compagnie des Indes avait largement contribué à la diffusion de ces nouveaux tissus de cotonnade décorés de motifs floraux ou animaliers aux couleurs vives. Mais cet engouement fut l'origine d'une concurrence entre les manufactures traditionnelles de soie et de coton qui conduisit Louis XIV en 1686 à en interdire l'importation et la fabrication dans tout le royaume.
La fin de cette prohibition qui dura 73 années, intervint le 21 janvier 1759: un arrêt du Conseil autorisa l'entrée, le port et la libre fabrication des toiles peintes et imprimées. Elle eut pour effet immédiat d'attirer de nombreux étrangers, possesseurs du nécessaire savoir-faire en la matière. C'est dans ce contexte que le jeune et entreprenant Christophe Philippe Oberkampf, graveur et coloriste, né en Allemagne dans une famille de teinturier, vint s'installer et diriger la première manufacture d'indiennes à Jouy-en-Josas. Plus tard, il installera à Essonnes la première filature française de coton, pour produire la matière première nécessaire à la fabrication de ses indiennes.
C'est l'histoire de cette industrie que nos conférenciers Jacques Bassot, Claude Breteau et Christophe Baillat ressuscitent en retraçant la vie du grand industriel que fut Christophe Philippe Oberkampf.

Jacques OUDET (1920)

Il est né en 1920. Son père est nommé secrétaire général de la mairie d'Essonnes en 1920. En 1944, il remplace son père, puis deviendra secrétaire général de la nouvelle municipalité après la fusion des deux villes en 1951. Monsieur Oudet a vécu de l'intérieur les problèmes qui se posaient au moment de cette fusion, puis ceux résultant de l'expansion de la ville qui a doublé en 40 ans.

Simone PANTEL (1926)



Lucien PATUREL (1935)


Roland PAYEN (1912 - 2004)

Notre premier "interviewé", à la création de notre Association. Il fait voler le 17 avril 1935, à Saclas près d'Etampes, le premier avion équipé d'une aile Delta , adoptée aujourd'hui sur tous les avions de chasse et notamment sur Concorde. C'est en observant les oiseaux qu'il en a eu l'idée. Grosses difficultés à faire admettre son projet, car les spécialistes de l'aviation n'y croyaient pas. En 1953, pour la 1ère fois au monde, il fait voler le premier avion prototype équipé d'un moteur à réaction et d'une aile Delta. Cet avion (le Cathy) est exposé au musée de l'air au Bourget. Il a connu beaucoup d'anciens de "Latécoère" et avait rendez-vous avec Mermoz le jour où celui-ci est mort. Encore aujourd'hui il dessine les plans pour reconstituer les avions anciens.

Jacques PERSONNAT (1927)

Il est né en 1927. Ses grands parents arrivent à Corbeil en 1898 et fondent une entreprise de plomberie. Son grand père de sensibilité radicale, est anti-clérical; pendant la guerre, il refuse de travailler avec les Allemands. Jacques Personnat suit une formation technique de dessinateur industriel. A l'initiative d'une association de parents, il devient Directeur d'un C.A.T. (Centre d'Aide par le Travail) pour handicapés mentaux dans les années 1970. Il le restera jusqu'à sa retraite. Habitant les Allées St Jean, (devenues Aristide Briand) depuis son enfance, il raconte l'évolution de ce quartier.

Maurice PICARD (1919)

Né à Montlhéry en 1919, il raconte son enfance et l'ambiance de cette petite ville où les enfants jouaient sur la RN20. Il se rappelle des grandes manifestations sportives qui se déroulaient à l'autodrome. Il fut maire de Montlhéry et fit 6 mandats. Plus tard, il joua un grand rôle au tout nouveau département de l'Essonne, avant d'être suppléant à la députation. Ayant repris et développé la petite entreprise de plomberie de son père, il reste fidèle aux vertus du travail manuel.

Pierre PICARD

Pendant plusieurs années Pierre Picard fut le président dynamique du club de l'ASCE Rugby. C'est avec émotion qu'il évoque cette période riche en aventures partagées avec les joueurs et les animateurs du club.
Né en 1903, ce club fêta avec éclat son 80ème anniversaire le 29 mai 1983. Ce fut une journée inoubliable, où au stade Louis Mercier, on vit évoluer les plus grands joueurs français internationaux de l'époque dont Graham Mouri, capitaine des All Black, Paparemborde, Joinel, Berbizier contre l'équipe de Bagnère qui elle aussi comptait plusieurs internationaux comme Aguirre, Gourdon, Mournet, Duhard et Roland Bertranne, le plus capé des joueurs internationaux français (69 élections) qui ce jour là fit ses adieux officiels au rugby.

Virginie PIETU

Conférence "Les Mutations du XIXème siècle à Corbeil-Essonnes".

Jean (Père) PIOLLET (1919)

Le père Jean Piollet est né en 1919. Ordonné prêtre en 1948, il a fait ses études de philosophie et de théologie au couvent Dominicain du Saulchoir à Etiolles, qui était un centre spirituel et intellectuel de haut niveau. Peu à peu, à partir de 1960 et surtout après Mai 1968, les vocations se raréfient. Il a cotoyé certains animateurs du Concile Vatican II et parle de la différence importante entre la population urbaine et rurale de l'Essonne.

Rose-Marie PORLIER

Rose-Marie Porlier n'était pas présente lors du bombardement de Corbeil-Essonnes le 13 Août 1944. Pour son mari cet évènement a beaucoup compté dans sa vie et elle se fait l'écho de tout ce qu'il lui a raconté. Habitant très près de la gare de triage où se trouvait ce train de munitions que les alliés cherchaient afin d'empêcher que celles-ci ne parviennent sur le front de Normandie. Toute sa famille en a particulièrement souffert.

Julien RENVERSADE (1922)

Il est né en 1922. Sa famille est d'origine Bordelaise, mais lui-même est né au Maroc en plein bled. Il parle arabe et espagnol. A la mort de son père en 1935, il rentre en France, où il est très déçu par l'accueil qui lui est réservé. A la déclaration de guerre, il s'engage et réussit à rejoindre le Maroc. Il assiste au débarquement des Américains et évoque les deux tendances de l'armée française, partagée entre Pétain et De Gaulle. Il participe à la libération de la Corse, puis fait toute la campagne d'Italie (Garigliano, Cassino, Rome, Sienne, San Gimignano, etc...), puis la campagne d'Alsace et d'Allemagne. Il a la Médaille militaire, la Croix de guerre et la Légion d'honneur. Il raconte les stratégies militaires différentes des Américains et des Français, notamment à Cassino.

Marie-Thérèse RIFAULT (1918)
Françoise et Daniel BELGRAND

Marie-Thérèse Rifault, née dans l'Oise en 1918, elle est arrivée à Corbeil en 1920 où ses arrière grands parents étaient bouchers rue Notre-Dame. Elle commence à travailler dans la quincaillerie familiale en 1937, prend la suite de ses parents jusqu'en 1983 (4 employés dont un apprenti). Les clients étaient principalement des fermiers, des maréchaux-ferrants, des usines et des administrations. L'entrepôt de stockage était situé rue Oberkampf..
Françoise Belgrand, née Rifault en 1938, habitait rue Jeanne d'Arc et venait rarement à la quincaillerie mais sa famille est venue y loger en 1953. Les commerçants de la rue Notre-Dame y avaient créé une ambiance pittoresque et conviviale. L'ambiance a changé dans les années 80 avec l'implantation des grandes surfaces. Elle a fait beaucoup de camping quand elle était jeune fille à Milly la forêt et en forêt de Fontainebleau.
Daniel Belgrand est né en 1937. Son grand-père paternel monte la Fonderie Belgrand vers 1920. Ses deux fils (dont le père de Daniel) prennent la suite jusqu'en 1936. L'entreprise comptera une vingtaine de personnes jusqu'à la guerre. Formation professionnelle à l'Ecole Diderot de Paris (1952-1956). A partir de 1966, il prend la suite de son père. A la retraite de son beau-père, il reprend la suite de la quincaillerie Rifault , rue Notre Dame, à Corbeil. Il y avait quatre fonderies à Corbeil-Essonnes : Darblay, Belgrand, FACE, Kimmel.

Rose RIOU (1930)

Rose Riou est née à Plogoff en 1930 à l'extrême ouest de la Bretagne très près de la Pointe du Raz. Ses parents exploitaient une petite ferme où elle a travaillé jusqu'à 26 ans. A son mariage en 1956, elle fait quelques kilomètres pour venir s'installer avec son mari à Kermeur. Elle raconte son travail à la ferme; celle de ses parents puis celle que le couple exploite avec son mari également marin pêcheur côtier depuis l'âge de 16 ans. La mer est partout présente, la religion aussi qui structurait toute la vie. Aujourd'hui, elle regrette de ne plus pouvoir parler breton dans le village mais dit-elle " ma vie a été heureuse " en ajoutant "on aime mieux où on est né".

Yves RIOU (1957)

Yves Riou est né à Kermeur en 1957 en Bretagne très près de la Pointe du Raz où sa famille est installée depuis 1700. Ses parents exploitaient une petite ferme de 6 hectares bien insuffisante pour faire vivre la famille. Son père est donc à la fois agriculteur et marin-pêcheur. Au printemps et en été la journée commence à 3 heures du matin. Dès son plus jeune âge Yves récupère le poisson avec sa mère. Puis il faut le peser, le débiter, faire les paquets, préparer les commandes, livrer les clients et préparer la vente. Yves raconte la vie de ces marins-côtiers, l'activité du petit port, les techniques de pêche mais aussi les fêtes, les coutumes, le rythme des saisons, la vie de la ferme etc...

Etienne ROBIN (1923)

Originaire de Villabé où il est né en 1923, son grand-père était maire de Courcouronnes et son père (décédé en 1936), puis son frère aîné, exploitaient une ferme de 110 has (betterave, blé, lin), comprenant 12 vaches et employant 2 charretiers, un vacher et une bonne. Il a fait ses études à St Nicolas à Issy les Moulineaux. La vie, très dure (lever à 4h du matin) était rythmée par les récoltes, les moissons et les vendanges ainsi que les livraisons. Pendant la dernière guerre, les chevaux, le blé et le foin ont été réquisitionnés par les Allemands. En 1945, la ferme acquiert les premières machines agricoles, puis il reprend la ferme au départ de son frère. Peu à peu, le métier change : il devient agriculteur. Il achète des terres à la famille Darblay mais l'urbanisation conduit à l'expropriation de ses terres. Il voyage alors, notamment en Chine et prend sa retraite en 1990.

Christian ROBLOU
Thierry CITRON

L'accent du Gatinais

Christian ROBLOU (1933)


Christian ROBLOU (1933)

Dans cet enregistrement Christian Roblou, né en 1933, revient sur ces souvenirs d'enfance de la seconde guerre mondiale en les accompagnant de ceux transmis par ses parents. A la déclaration de guerre ses parents et lui habitent Avon. Son père travaille aux chemins de fer et avec sa mère ils assurent le gardiennage et l'entretien d'une grosse propriété sis à Fontainebleau. En mai 1942, ces parents arrivent à Essonnes après un court séjour à Laroche-Migennes. Son père est aiguilleur au Poste 1 de la gare de Corbeil.
Christian Roblou évoque successivement l'occupation de la propriété par les soldats allemands, le centre de propagande Paris-Sud, la création de la LVF, les visites de Rudolf Hess, René Dumoncel éditeur et maire d'Avon mort en déportation, le bombardement du « train de paille » le 13 août 1944 en gare de Corbeil, les effets dévastateurs de l'explosion de la cheddite, le témoignage des aviateurs canadiens après la fin des hostilités, son départ et séjour en août 1945 sous la protection de l'armé dans une colonie de la ville en Forêt-Noire, les restrictions et le pain de maïs aux effets dévastateurs, la saveur des gâteaux et bonbons vitaminés, le « train du Brésil » utilisé par les enfants de cheminots pour aller au ravitaillement en Belgique, les moyens de fortune pour remplacer les pneus des bicyclettes, le centre de stérilisation de conserves réservé aux femmes de prisonnier, la fabrication artisanal du savon par son père, l'activité des moulins d'Essonnes à la libération…

André RODRIGUEZ (1942)

Il est né en 1942. Rentré chez IBM en 1965, après l'installation de sa famille, retour d'Algérie, dans la région de Corbeil. Avec d'autres membres du personnel d'IBM, il crée en 1973, le CARA, association des anciens d'IBM. Il s'agissait de tisser un lien social entre les anciens employés, respect de l'autre et partage. Cette initiative illustre les liens très étroits entre les salariés d'IBM, aussi bien au travail dans l'entreprise que pendants les temps de loisir. En 2006 le site de Corbeil ne s'appelle plus IBM, mais Essonne Nanopole et les conditions d'adhésion de nouveaux membres ne sont plus les mêmes. M. Rodriguez estime que l'esprit IBM est transposable dans d'autres entreprises.

Guy ROUGERIE (1945)

Guy Rougerie est né en 1945. Entré en 1970 à la Papeterie Darblay chargé à la fois de la sécurité et de la formation du personnel. Il a été le dernier occupant du site de la papeterie où il avait installé une imprimerie. Nous avons filmé avec lui tous les ateliers. Dans chacun, il nous explique ce qu'il s'y faisait. Avec Guy Rougerie, nous évoquons l'entreprise qu'il a connue encore vers 1970 ; qui n'était déjà plus ce qu'elle était avant 1914 mais qui avait encore un potentiel qui malheureusement n'a pas été exploité. Il propose ses explications.

Guy ROUGERIE (1945)

Guy Rougerie est né en 1945. Entré en 1970 à la Papeterie Darblay chargé à la fois de la sécurité et de la formation du personnel. Il a été le dernier occupant du site de la papeterie où il avait installé une imprimerie. Nous avons filmé avec lui tous les ateliers. Dans chacun, il nous explique ce qu'il s'y faisait. Avec Guy Rougerie, nous évoquons l'entreprise qu'il a connue encore vers 1970 ; qui n'était déjà plus ce qu'elle était avant 1914 mais qui avait encore un potentiel qui malheureusement n'a pas été exploité. Il propose ses explications.

Guy ROUGERIE (1945)

Le recyclage du papier chez Darblay dans les années 1970 - Conférence de Guy ROUGERIE à la Médiathéque Chantemerle de Corbeil-Essonnes le 8 décembre 2012.

Guy ROUGERIE (1945)

Guy Rougerie es né en 1945. Entré en 1970 à la Papeterie Darblay chargé à la fois de la sécurité et de la formation du personnel. Il a été le dernier occupant du site de la papeterie où il avait installé une imprimerie. Nous avons filmé avec lui tous les ateliers. Dans chacun, il nous explique ce qu'il s'y faisait. Avec Guy Rougerie, nous évoquons l'entreprise qu'il a connue encore vers 1970 ; qui n'était déjà plus ce qu'elle était avant 1914 mais qui avait encore un potentiel qui malheureusement n'a pas été exploité. Il propose ses explications.

Guy ROUGERIE (1945)

Guy Rougerie est né en 1945. Entré en 1970 à la Papeterie Darblay chargé à la fois de la sécurité et de la formation du personnel. Il a été le dernier occupant du site de la papeterie où il avait installé une imprimerie. Nous avons filmé avec lui tous les ateliers. Dans chacun, il nous explique ce qu'il s'y faisait. Avec Guy Rougerie, nous évoquons l'entreprise qu'il a connue encore vers 1970 ; qui n'était déjà plus ce qu'elle était avant 1914 mais qui avait encore un potentiel qui malheureusement n'a pas été exploité. Il propose ses explications.

Jean ROUILLON (1935 - 2006)

Président de l'ASCE Aviron 91, il nous raconte l'histoire de ce club né vers 1920 créé par un industriel, M. Riquiez, qui fut maire de Corbeil avant la guerre.Il nous raconte le fonctionnement de ce club et, complété avec les témoignages de Maurice et Marcel Sallet (voir plus loin), nous avons réalisé un film évoquant le passé et le présent de l'aviron à Corbeil-Essonnes.

Marie-Thérèse et Raymond ROULET (1931)


Mr ROUSSEAU (1924)


Jeanine et Bernard ROUYER (1932)

Jeanine Rouyer est né en 1932. Sa mère, madame Vallat, fit toute sa carrière à l'Ecole Léon Cassé de 1928 à 1963 à Essonnes. Madame Rouyer est donc née et habitait dans cette école maternelle. Elle-même en deviendra la directrice jusqu'en 1987. Elle nous parle de ses souvenirs d'enfance et plus tard de son expérience professionnelle, permettant de mesurer un cheminement très intéressant sur 25 ans. En 1957, elle ouvre l'école maternelle à Montconseil, alors que les sanitaires ne sont pas encore construits, au milieu du chantier de construction du quartier de Montconseil. Comme tous les anciens enseignants, elle évoque les effectifs très importants des classes. A Moulin Galant, lors d'une rentrée scolaire, pendant 15 jours elle est seule responsable de 105 élèves.

A. RUBENS DUVAL (1910 - 1999)

Professeur de médecine parisien, sa famille est arrivée à Morsang sur Seine en 1840. Il a fait des études sur ce village, et en comparant la population du village vers 850/900 étudiée dans le polyptyque d'Irminon et un annuaire de 1935, il note le même nombre de maisons et le même nombre d'habitants. M. Rubens-Duval parle beaucoup de la Seine, de la navigation, de la nécessité de la traverser pour prendre le train, des loisirs de l'eau avant guerre et aussi de l'ancienne auberge du "Vieux garçon" près d'un ancien gué.

Majid SAFOUANE (1959)

Psychologue et psychanalyste, il est né au Maroc en 1959 d'une famille de 11 enfants. Il a fait ses études à l'université de Rabat et à celle de Bordeaux, puis à Paris. Il s'est spécialisé dans l'accueil des immigrés et les pathologies de l'exil en accompagnant ses patients, en leur proposant une présence et en reconstituant des communautés pour pallier les déracinements successifs. Les moments de vie collective et de liens avec d'autres associations sont importants. Il a collaboré avec la SONACOTRA. Avec lui nous avons réalisé le documentaire sur le déménagement du foyer de la Sonacotra du quai Bourgoin à Corbeil-Essonnes : " Les racines prennent même dans le béton ".

Alcine SALANGROS
Nicolas SORNAT

En Juin 2012 la Maison des Jeunes de Corbeil-Essonnes a fêté ses 50 ans. A cette occasion Mémoire et Patrimoine Vivant a considéré qu'il serait intéressant de faire dialoguer Alcine Salangros et Nicolas Sornat. Alcine Salangros aujourd'hui en retraite a fait l'essentiel de son parcours professionnel en tant que directeur de différentes M.J.C, dont celle de Corbeil-Essonnes, et beaucoup se souviennent de son rôle dans la ville.
Nicolas Sornat est en pleine activité et depuis quelques mois, il est directeur de la M.J.C Fernand Léger.
Il nous est apparu intéressant de confronter leur expérience et leur réflexion sur le rôle d'une M.J.C dans une ville. Depuis les années d'après guerre, depuis 1968 la société a changé et la jeunesse d'aujourd'hui n'est plus ce qu'elle était dans les années 1950-1960. Cependant l'objectif est resté le même d'être une structure culturelle accueillante pour tous les habitants de Corbeil-Essonnes.

Gisèle SALLES (1930)

Elle est née en 1930. Ses parents habitaient Paris, mais elle a passé toute une partie de sa petite enfance à Corbeil. Elle rejoint ses parents à Paris, où elle vit son enfance et son adolescence et notamment pendant la guerre 1939-1945. Elle raconte l'exode puis sa peur des bombardements, où tout l'immeuble se retrouvait à la cave, l'absence de son père, la vie quotidienne avec les queues de plusieurs heures aux magasins, la présence partout de l'occupant, ses amies juives qui devaient porter l'étoile jaune.

Georges SALLES (1923)

Il est né en 1923. Originaire du Languedoc, grâce à son instituteur il poursuit ses études que sa famille n'aurait pas pu lui payer. Il envisage de faire l'école Coloniale, mais la guerre éclate. Il nous parle longuement de son expérience dans les chantiers de jeunesse pendant la guerre. Il rentre dans l'administration et est muté à Paris. dès l'après guerre. Marié, il décrit les conditions de logement précaire de la Capitale. En tant que fonctionnaire, il est mêlé de très près à l'expansion de toute la région Parisienne, notamment à Cergy-Pontoise, où il est muté à la création de cette ville nouvelle.

Maurice, Marcel et Jeannette SALLET (1914 - 2006)

Mme Jeanette Sallet (1920 - 2002) nous raconte l'exode à Essonnes et l'arrivée des Allemands. Elle nous fait part de son expérience à l'hôpital pendant cette période où presque tout le personnel médical est parti, alors que les malades sont alités. Elle évoque aussi la libération de Paris et notamment la fusillade sur le pont de la Concorde où elle se trouvait.
Maurice SALLET (1914-2006) & Marcel SALLET (1921-2014).Tous deux ont été des pionniers de l'aviron et des sportifs de haut niveau avant de devenir entraineurs puis animateurs de ""l'A.S.C.E. Aviron.91"". La famille Sallet est originaire de la Rive Droite à Corbeil, où dès le début du 19ème siècle on trouve un ancêtre vigneron. Ils nous racontent leur enfance dans ce quartier. Sur le plan professionnel entre 1871 et 1978, on compte au minimum un membre de la famille Sallet travaillant chez Crété. Tous deux nous parlent de leur expérience dans cette entreprise.

Robert SAMSON

Robert Samson a fait son apprentissage de menuisier, puis il est devenu modeleur chez Darblay, où il rentre le 2 mai 1941. Aujourd'hui nous sommes plusieurs autour de Robert Samson : Guy Rougerie que MPV connaît déjà bien puisque nous l'avons enregistré très souvent, il a travaillé pendant 20 ans chez Darblay, de 1967 à 1987 et Daniel Belgrand qui fait partie de l'équipe MPV et qui, lui a travaillé pendant 2 ans chez Darblay comme dessinateur industriel. Alors tous les trois ont des points communs et bien entendu nous allons abondamment parler de l'ancienne papeterie Darblay.

Maxime SAUTEREAU (1921)

Né à Essonnes en 1921. Comme sa mère, il n'a pas connu son père qui meurt de tuberculose l'année de sa naissance, des suites de blessures de la guerre 1914-1918. Sa mère, également malade, il est élevé par sa grand-mère. Habitant rue d'Angoulême, il y connait une ambiance de grande pauvreté mais d'une convivialité incontestable. Grand sportif, il réussit dans plusieurs disciplines et fréquente beaucoup la société de gymnastique "Le Réveil Essonois". Titulaire du Brevet, il rentre à l'Ecole Normale d'Instituteurs de Versailles. Il fait tout son parcours professionnel à l'école Jacques Bourgoin à Corbeil de 1939 à 1977. Monsieur Sautereau évoque les classes surchargées dues au baby-boom. (52 élèves par classe, voire 70). La discipline est très sévère, on y enseigne la morale, l'instruction civique. Pour la plupart des élèves, les études s'arrêtent à 12 puis 13 ans avec le Certificat d'études où la dictée avec 5 fautes est éliminatoire, même si on a la moyenne.

Marcel SAUTY (1921)

Marcel Sauty, né en 1921, rentre à l'Imprimerie Crété à Corbeil en 1949. Dans les années d'après guerre, le niveau technologique du personnel doit s'élever pour s'adapter aux nouvelles techniques. Cette entreprise avait déjà en son sein une école dès le début du 20ème siècle, qui ne cessera d'évoluer. A partir des années 1950 elle devient une véritable école avec 6 enseignants et une soixantaine d'élèves. Marcel Sauty en sera le directeur jusqu'à la fermeture en 1974. Marcel Sauty explique la relation intime entre la formation des élèves apprentis et l'entreprise. L'école, par sa réputation, accueillera les apprentis des autres imprimeries de la ville et des environs, y compris Etampes.

Pierre SCHOLLA

A Corbeil-Essonnes qui ne connait pas Pierre Scholla? Si l'on ne connait pas l'homme tout le monde connait son œuvre. Mais bien au-delà de notre région, les tableaux de Pierre sont aujourd'hui dans le monde entier. En revanche, ce que l'on connait moins, c'est son parcours personnel et notamment pendant la 2ème guerre mondiale. Remarqué par son habileté de dessinateur par ses professeurs, il est amené à faire des faux papiers pour la Résistance, et à 16 ans la Gestapo le recherche comme " terroriste ", l'obligeant à déménager 14 fois pendant les 4 années de la guerre. Arrivé à Corbeil-Essonnes en 1957, il achète un magasin de chaussures rue Saint-Spire. Le commerce de centre ville est encore très prospère et l'ambiance très différente de ce que nous connaissons aujourd'hui. En 1980, il franchit le pas et devient peintre professionnel. Au cours de son parcours pictural il a rencontré de nombreux artistes devenus célèbres mais lors de cet entretien c'est surtout de la peinture dont il parle avec passion.

SCOUTS de Chamarande

SCOUTISME à CHAMARANDE.
Témoignages de Geneviève ACOLAS, Françoise VARAIGNE, Jean Paul CONRAT et Bernard NAUDIN.
Chamarande fut pendant des années, à partir de 1923, un haut lieu du scoutisme. Tous les cadres bénévoles venaient s'y former et le parc accueillit un grand nombre de manifestations. Geneviève ACOLAS a connu Chamarande avant et après guerre. Elle conservet le souvenir de ce domaine où on campait sur un sol humide, spongieux, avec beaucoup de moustiques.

Lucien René SIGOT (1906 - 1997)

Parmi plusieurs souvenirs de la guerre 14-18, il a vu un aviateur atterrir sur les champs occupés aujourd'hui par les immeubles de Montconseil à Corbeil-Essonnes. Il se rappelle l'urbanisation de la "Prairie" qui séparait Corbeil et Essonnes, les inondations de 1910 et toute la période avant 1914, sans eau courante, sans confort. Il se rappelle des quelques voitures automobiles, de l'allumeur de réverbère et de nombreux métiers disparus. Il se souvient aussi de la déclaration de guerre en 1914 et de l'après guerre où avec son père il se rend sur les champs de bataille. Il décrit les deux villes de Corbeil et d'Essonnes marquées par l'agriculture et l'industrie. Il évoque ses souvenirs de la guerre 1940-1945 au cours de laquelle il s'est occupé de problèmes d'intendance, a fait de la résistance et a joué un rôle important pendant et après la Libération à son poste d'Intendant Général Civil pour assurer le ravitaillement de la population.

Louis SIMON (1920)

Louis Simon est né en 1920. Syndicaliste C.G.T. à l'imprimerie Crété de Corbeil. En 1959, il est élu conseiller municipal communiste à Corbeil, mais " il est mis sur la touche parce qu'il fréquente les Trotskistes ". Issu d'une famille de vignerons. Jusqu'en 1950 il y avait des vignes dans la vallée de l'Essonne et à Villabé. Il a le souvenir de fêtes des vendanges organisées au stade de Corbeil. Il se souvient que l'église de Moulin Galant a été construite par la famille Darblay. Louis Simon a été un des derniers lithographes de l'imprimerie Crété. Pendant la guerre, il est obligé d'aller travailler en Allemagne. A l'issue d'une permission, il ne retournera pas à son poste. Il prend contact avec la Résistance pour laquelle il assurera différentes missions. M. Simon est, par ailleurs, un adepte du canoë-kayak.

Didier STRYPSTEEN

Mr Strypsteen a été chargé par la SEM-ESSONNE de suivre la construction du nouveau dépôt d'archives à Chamarande. Il nous explique les nombreux et délicats problèmes techniques qu'il fallut résoudre pour créer un silo souterrain de 30m sur 30m à une profondeur de 25 m au milieu de bâtiments anciens. Il souligne l'originalité du projet, le processus suivi, le choix fait parmi les différents projets présentés, le respect des devis et des délais qui a permis l'installation des Archives Départementales en septembre 1999. Il est à noter que "Mémoire et Patrimoine Vivant" a assuré le suivi vidéo pendant tout le chantier.

Fréderic TACHOT

Frédéric Tachot a tout à la fois la tête dans les étoiles et les pieds dans l'argile. Et pourtant c'est essentiellement de plomb dont il parle; celui des caractères typo qui ont révolutionné le savoir et la pensée et fit de l'imprimerie dès la fin du 15ème siècle un des piliers de l'Humanisme. S'appuyant sur une érudition certaine, Frédéric Tachot nous livre ses réflexions sur ce beau métier de typographe, son cheminement difficile semé d'embûches, de craintes, de la suspicion des élites qui craignaient que le peuple en accédant à la connaissance ne profite de cette acquisition du savoir pour contester leur pouvoir. Ce témoignage est d'autant plus intéressant que le métier de typographe a disparu. On peut le regretter, tout en constatant que devant notre ordinateur chacun d'entre nous en tapant son propre texte est devenu ''TYPO''. C'est peut-être le plus bel hommage que l'on puisse rendre à ces hommes qui, depuis plus de cinq siècles ont permit à chacun, de pouvoir acquérir les outils de réflexion qui fonde l'Humanisme.

Frédéric TACHOT

Frédéric Tachot a tout à la fois la tête dans les étoiles et les pieds dans l'argile. Et pourtant c'est essentiellement de plomb dont il parle; celui des caractères typo qui ont révolutionné le savoir et la pensée et fit de l'imprimerie dès la fin du 15ème siècle un des piliers de l'Humanisme. S'appuyant sur une érudition certaine, Frédéric Tachot nous livre ses réflexions sur ce beau métier de typographe, son cheminement difficile semé d'embûches, de craintes, de la suspicion des élites qui craignaient que le peuple en accédant à la connaissance ne profite de cette acquisition du savoir pour contester leur pouvoir. Ce témoignage est d'autant plus intéressant que le métier de typographe a disparu. On peut le regretter, tout en constatant que devant notre ordinateur chacun d'entre nous en tapant son propre texte est devenu ''TYPO''. C'est peut-être le plus bel hommage que l'on puisse rendre à ces hommes qui, depuis plus de cinq siècles ont permit à chacun, de pouvoir acquérir les outils de réflexion qui fonde l'Humanisme.

TEMOIGNAGES de 1998


Marc TERRA (1921)

Né en 1921, il a passé toute son enfance et une grande partie de sa vie place St léonard sur la Rive Droite. Ses parents étaient "marchands de couleurs" et ayant épousé la fille de la librairie sur la même place, il nous parle de l'activité et du rôle de la librairie ouverte de 5h30 à 21h30 et de son métier d'instituteur.

Jean THENEVAULT (1926)

Né en 1926 à Corbeil où sa famille est établie depuis 1860. Son grand-père avait créé son entreprise au « champ de foire » (actuel stade) à l'extérieur de la ville. En 1943, en pleine guerre, il rentre à la SNCF à Villeneuve-Triage comme ajusteur et travaille sur toutes les machines à vapeur. Très vite il va réaliser son rêve en devenant « Chauffeur-rouleur ». C'est un métier passionnant mais très dur dont il détaille les tâches ainsi que celles du " Mécanicien ". Pendant la guerre il raconte les actes de résistance des cheminots dont il a été témoin, ainsi que des nombreux bombardements. Le 8 Juin 1944 alors qu'à bord de sa locomotive il arrivait en gare de Corbeil il a suivi l'avion en feu qui finalement s'est abattu rue de Gournay à Corbeil-Essonnes. En 1963, il démissionne de la SNCF qui électrifie l'ensemble de ses réseaux. C'est la fin des mythiques locomotives à vapeur. « Cette loco, elle nous parlait, alors j'ai préféré le Cirque aux machines électriques et ainsi j'ai parcouru toute l'Europe ». Sa femme en effet présentait un numéro de chimpanzés, « moi, j'étais copain avec eux ».

Jean THENEVAULT (1926)

Pendant 20 ans, de 1944 à 1964, Jean Thénevaut a été chauffeur sur une locomotive à vapeur. C'était un rêve de jeunesse qu'il a réalisé, et en 2014, il en rêve encore. A ce poste, il faut alimenter sa ''loco'' en eau, en charbon, entretenir un feu permanent, gérer les circuits complexes de la vapeur, affronter le froid, la chaleur mais surtout écouter sa machine pour l'entendre chanter quand tout va bien et déceler le moindre bruit suspect prémisse d'une défaillance possible qu'il faut identifier. Jean Thénevaut raconte son quotidien, ses déplacements avec son panier ou son sac qui contient la nourriture pour 2 ou 3 jours, la boîte à draps, les 3 carnets techniques écrits à la main que lui avait donné un mécanicien ami et qui ne le quittaient jamais en service. Il nous parle de sa loco, une Pacific 231 à 6 roues motrices de 2,01 m de diamètre, de la vie dans les dépôts inconfortables où le sommeil est sans arrêt perturbé par les allers et venues des cheminots qui arrivent ou partent à toutes les heures de la nuit. Il nous parle de celui de Corbeil avec sa demi-rotonde qui pouvait abriter 8 locomotives à vapeur. En 1964, les électrifications gagnent de plus en plus de lignes restreignant d'autant l'usage des locomotives à vapeur. Jean Thénevaut ne le supporte pas et démissionne de la S.N.C.F. « Le conducteur de la loco électrique, il est toujours tout seul et change sans arrêt de machine. Nous du temps de la vapeur nous formions une équipe soudée constituée du Mécanicien, du Chauffeur, et de la Locomotive qui était toujours la même et que nous connaissions intimement. Elle était pensé par le Mécanicien et nous nous sentions responsables d'elle, elle faisait partie de notre vie. Et puis, il faut bien le dire malgré nos gueules noires nous étions un peu les aristocrates de la S.N.C.F.

Jean THENEVAULT (1926)

Ancien chauffeur de locomotive à vapeur à la S.N.C.F Jean Thénevaut n'a pas supporté d'abandonner sa ''loco'' en 1964 à l'arrivée de la traction électrique. Il a démissionné pour devenir chauffeur routier de poids lourds. " Quand je suis rentré aux Grands Moulins de Corbeil j'ai retrouvé le plaisir du voyage. Certes j'étais seul, mais j'étais mon patron. Comme avec ma Loco je retrouvai un alter ego avec mon camion dont j'étais le seul responsable. Dans ma couchette, j'étais chez moi".

Jean THENEVAULT (1926)

La famille de Jean Thénevaut est à Corbeil depuis le milieu du 19ème siècle. C'est un témoin privilégié de la mémoire de notre ville.En un précédent entretien (réf. 130412) il a non seulement évoqué ses propres souvenirs mais aussi ceux de ses arrières-grands-parents dont il a gardé une mémoire stupéfiante. Au cours de ce 2ème entretien il revient sur sa passion du cirque inculquée par son arrière-grand-mère née en 1841 établie comme repasseuse rue Saint-Honoré à Paris avant de se marier et de venir à Corbeil où elle décéda à 102 ans en 1943. Jean Thenevaut évoque ses nombreux amis du monde du cirque ; propriétaires, artistes, dompteurs, clowns, acrobates des plus grands cirques français et européens comme Pinder, Amar, Rancy, Togni, etc... Lui-même pendant plusieurs années a animé avec sa femme un numéro de chimpanzés dont il nous parle avec émotion.

Jean THENEVAULT (1926)

Jean Thenevaut a fait son service militaire dans la Marine Nationale. Il en garde des images merveilleuses de voyages au bout du monde, lui dont les racines sont si fortement ancrées à Corbeil-Essonnes.

Janine THERY (1924 - 2008)

A repris la Fonderie Belgrand, créée par son grand-père. Cette fonderie travaillait pour les agriculteurs et exécutaient de petites pièces de fonte. Elle a connu un réel essor à la fermeture des grandes fonderies (CHANTEMERLE et F.A.C.E.) à Corbeil-Essonnes. Elle comptait alors une trentaine d'ouvriers et travaillait pour les industriels de la région (PRAT - DARBLAY - FORGES DE MONTGERON – CASSE - LES SABLIERES DE LA SEINE, fabricant d'hélices à Dammarie-les-Lys) Après avoir connu un beau succès avec les plaques de cheminée et créé un atelier de serrurerie à partir de 1958, l'entreprise ferme en 1980.

Jacques THIBAULT (1918 - 2007)

Son père était en France un des deux constructeurs de bateaux de compétition pour l'aviron. Par la suite, il a construit beaucoup de bateaux de plaisance, dont le fameux canot canadien qui faisait l'admiration de ceux qui fréquentaient la Seine. Il nous explique son métier, ses outils, ses tours de main, ses difficultés aussi. L'atelier a compté jusqu'à 32 ouvriers.

Louis TOFFOLI (1926)

Né en 1926, Louis Toffoli est un fils de l'immigration italienne des années 1920. Comme toute sa famille issue de la région de Venise, il a été victime d'humiliations constantes « j'étais traité de rital qui vient manger le pain des français ». La misère règne à la maison « l'hiver nous n'allions pas à l'école faute de vêtements et de chaussures ». En 1940 , à 14 ans il rentre comme « arpette » aux établissements Bergerand à Draveil qui fabriquent fourneaux et cuisinières industrielles. A 19 ans, il devient responsable d'un atelier où il propose et met en place des innovations techniques qui vont beaucoup contribuer à l'essor des établissements Bergerand. En 1966 après avoir exercé ses activités au moulin d'Angoulême à Corbeil-Essonnes il rachète l'entreprise, la développe et la hisse au tout premier rang des entreprises françaises souvent choisie en raison de la qualité de ses productions. C'est dans les plus grands palaces parisiens et internationaux, dans les endroits les plus prestigieux comme le château de Versailles ou le Palais de l'Elysée que l'on trouve ses cuisinières.

Roger TREPANT (1920)

Roger Trépant est né en 1920. Il a fait son apprentissage de tapissier dans le quartier populaire de la Bastille avant la dernière guerre. Sa mère tenait une boutique de parapluies dans le 11 ème arrondissement. Il a 20 ans en 1940 et ne supporte pas la présence des Allemands en France. Très vite il adhère à la résistance et est déporté au camp de Gross-Rosen où il a vécu l'enfer. C'est finalement à Prague qu'il a été libéré et hospitalisé avant de revenir à Paris. De retour dans sa famille, il parle peu car même ses propres parents le croient difficilement. En 2011, à 91 ans, il continue régulièrement de témoigner dans les écoles pour éviter l'oubli de cette terrible période.

François VERDIER (1925)

Né en 1925, d'origine Pyrénéenne, ses ascendants sont forgeron, aubergiste, menuisier mais aussi "Américain", terme qui désignait celui qui partait en Amérique du Sud. Il parle de son village, du patois, de la proximité de l'Espagne et en 1938 il a connu l'exode des Républicains espagnols qui se réfugiaient en France. Mr Verdier arrive à Corbeil en 1946 où il rentre à l'imprimerie Crété comme correcteur. Il a connu toute l'évolution de cette entreprise, son plein épanouissement économique du temps où toute "la Presse du cœur" était imprimée chez Crété, jusqu'aux licenciements massifs de 1978. Il raconte le rôle important qu'il a joué pendant les évènements de Mai 1968 et essaie d'analyser les raisons du déclin de cette entreprise.

Jules VILLAR (1929)

Il est né à Maisse en 1929 de parents agriculteurs depuis 1931 (28 puis 48 ha, 3 chevaux, 12 vaches).Ses grands parents sont eux-mêmes agriculteurs dans le Loiret. La ferme comprend une basse-cour et produit fromage et beurre, blé, orge et avoine avec assolement.. Il a 4 sœurs et un frère. Son enfance est partagée entre l'école où le maître exerce une discipline sévère et les occupations de la ferme, notamment les travaux des champs durant les vacances (moisson à la faux). Durant la dernière guerre, des réfugiés logeront à la ferme. La mécanisation interviendra au début des années 1950, modifiant profondément les pratiques. En 1963, l'exploitation s'interrompt et il travaille dans une carrière de sable jusqu'à sa retraite.

Raymond WELKER (1933)

Né en 1933, après être rentré à 15 ans et demi à l'Ecole professionnelle de l'imprimerie Crété, il fera carrière dans cette entreprise de 1952 à 1993. il choisit la typographie, métier noble entre tous. Sur 41 ans de vie professionnelle il a pu observer les évolutions techniques et sociologiques dans l'imprimerie. M. Welker a d'abord appartenu à la J.O.C. (Jeunesse Ouvrière Chrétienne), puis il adhère à la C.F.T.C. L'action d'un syndicaliste n'était pas facile chez Crété, car chaque investissement en matériel nouveau entraînait une réduction de personnel. L'ambiance à Corbeil était provinciale comparée à celle des établissements parisiens, notamment chez Desfossés. Le 31 octobre 1974 marquera la liquidation des biens de l'entreprise, notamment du fait du refus de financement des banques. A la fermeture, il restait moins de 2 000 personnes à Corbeil.